Revenir
Revenir

En quoi les ménages dégagent-ils des besoins ou des capacités de financement ?

Les ménages dégagent des besoins et des capacités de financement pour deux raisons essentielles.

Sommaire

Pourquoi les ménages épargnent-ils ?Les deux raisons de l'épargneGraphique 4.5 - Lissage de la consommation tout au long de notre vieCapacité de financement des ménagesGraphique 4.1 - Capacité ou besoin de financement des ménages en France (1949–2017)
Comment calculer la capacité de financement d’un ménage ?Étude de cas : la famille BertrandQuestions de l'étude de casCorrigé de l'étude de cas
Répartition de l’épargne des ménages : épargne financière et non financièreL'épargne des FrançaisGraphique 4.6 - Taux d’épargne des ménages (1950–2016)
Questions sur l'épargne des Français
Corrigé - L'épargne des Français
Répartition entre actions et obligations : le rôle du risqueLe risque est central dans le choix de l'épargnePodcast - Qu'est-ce que c'est que les actions, obligations et les actifs immobiliers ?Questions sur le podcastCorrigé aux questions sur le podcast
QuestionsQuestion 4.11 - La capacité de financement des ménagesQuestion 4.12 - Le revenu disponible des ménagesQuestion 4.13 - Les influences des choix d'épargne
SynthèseSynthèse - Revenus primaires, disponibles et épargneIllustration 4.3 - Comment les ménages se financent-ils ?

Pourquoi les ménages épargnent-ils ?

Les deux raisons de l'épargne

Les ménages dégagent des besoins et des capacités de financement pour deux raisons essentielles.
  • Lisser la consommation contre les aléas du revenu : le revenu peut varier fortement en fonction de l’activité du ménage (par exemple, lors d’une perte d’emploi quand le ménage est salarié). Si le ménage se retrouve sans salaire, comment peut-il continuer à payer les dépenses de consommation ou honorer le remboursement des emprunts immobiliers ? L’épargne offre une capacité d’auto-assurance : le ménage pourra puiser dans son épargne pour maintenir sa consommation lorsque son revenu baissera. Les décisions d’épargne sont très liées à l’activité économique. Lorsque les risques de chômage sont importants, les ménages ont tendance à épargner davantage afin de s’assurer contre des risques de pertes de revenu.
  • Lisser la consommation au cours du cycle de vie : la capacité à épargner évolue au cours de la vie d’un agent économique. Une jeune personne peut imaginer obtenir un premier emploi puis connaître une carrière professionnelle au cours de laquelle son revenu augmentera progressivement, suivie par une période de retraite où son revenu sera inférieur à celui obtenu au cours de sa vie active. Les ménages anticipent donc l’évolution future de leur revenu et ils épargnent et empruntent afin de lisser les écarts de revenu.
Le Graphique 4.5 illustre les besoins et les capacités de financement au cours de la vie d’un ménage en fonction de l’évolution de son revenu et de ses dépenses de consommation.

Graphique 4.5 - Lissage de la consommation tout au long de notre vie

Capacité de financement des ménages

Les ménages ont une capacité de financement si leur épargne est supérieure à leurs dépenses d’investissement. Ils ont besoin d’un financement si leur épargne est inférieure à leurs dépenses d’investissement.
Comme nous l’avons vu précédemment, les ménages sont incités à épargner pour lisser leur consommation au cours de leur cycle de vie ou pour des motifs de précaution face aux aléas de leurs revenus. Pour cette raison, les ménages sont structurellement un secteur institutionnel en capacité de financement de l’économie (la structure de leur budget fait apparaître globalement une capacité de financement). Cela n’exclut pas qu’un ménage pris isolément puisse être en besoin de financement, c’est d’ailleurs le cas de plusieurs millions de ménages.
Étudions les capacités de financement des ménages présentées dans le Graphique 4.1 vu précédemment.

Graphique 4.1 - Capacité ou besoin de financement des ménages en France (1949–2017)

Insee, comptes nationaux annuels (base 2014). Note : y compris entreprises individuelles.

Comment calculer la capacité de financement d’un ménage ?

Étude de cas : la famille Bertrand

Prenons l’exemple de la famille Bertrand qui constitue un ménage formé d’un couple et de leurs deux enfants. Nesrine Bertrand obtient un salaire net mensuel de 2 300 euros en tant que gestionnaire des ressources humaines d’une entreprise de télécommunications dont nous ne ferons pas ici la publicité. Son mari, Lionel, est entrepreneur et son excédent brut d’exploitation (EBE, notion étudiée dans la section suivante consacrée au financement des entreprises) s’élève à 25 500 euros par an. Retenons pour simplifier que l’EBE correspond à la capacité financière de l’entreprise (donc à ses profits). Son mode de calcul vous sera présenté ultérieurement.
D’autres informations nous sont connues au sujet de la famille Bertrand. Ils perçoivent 132 euros d’allocations familiales tous les mois. De plus, si l’on déduit certains avantages fiscaux, leur taux d’imposition est d’environ 7 %. Enfin, leurs dépenses de consommation annuelle sont de 30 000 euros et ils remboursent annuellement un prêt à hauteur de 14 300 euros pour payer le bien immobilier acquis. Comment calculer leur capacité de financement ?

Questions de l'étude de cas

1. Quel est le revenu disponible annuel de ce ménage ?
2. Quel est le montant de l’épargne brute de ce ménage ?
3. Qu’en déduire à propos de la capacité de financement de ce ménage ?

Corrigé de l'étude de cas

1.(2 300 × 12 + 25 500 + 132 x 12) × 0,93 = 50 856 euros
2.Épargne = revenu disponible – dépenses de consommation = 50 856 – 30 000 = 20 856 euros
3.Épargne brute – remboursement du prêt immobilier = 20 856 – 14 300 = 6 556 euros
La famille Bertrand possède une capacité de financement, car son épargne est supérieure à ses investissements. Ce n’est pas le cas de tous les ménages en France, mais, globalement, les ménages sont des agents économiques qui dégagent le plus souvent une capacité de financement, par opposition aux entreprises et à l’État.

Répartition de l’épargne des ménages : épargne financière et non financière

L'épargne des Français

L’épargne des Français est répartie principalement entre des placements financiers et des investissements immobiliers. Le Graphique 4.6 illustre la façon dont se répartit l’épargne des ménages français entre épargne financière et épargne non financière.
En 2018, 92,9 % des ménages vivant en France possèdent au moins un actif financier (autre qu’un compte chèque), immobilier ou professionnel dans le cas des actifs à leur compte. Ainsi, 88,3 % détiennent des produits financiers, 61,7 % disposent d’un bien immobilier et 14,8 % ont des actifs professionnels (éléments du patrimoine de l’entreprise représenté par des biens immobilisés) ; 12 % des ménages possèdent les trois à la fois.

Graphique 4.6 - Taux d’épargne des ménages (1950–2016)

Insee, comptes nationaux (base 2010).
Notes : Le taux d’investissement en logement est le rapport entre la formation brute de capital fixe des ménages et le revenu disponible brut. Le taux d’épargne financière est le rapport entre la capacité de financement des ménages et le revenu disponible brut.

Questions sur l'épargne des Français

1. À l’aide duGraphique 4.6 de l’Insee, indiquez quel est le taux d’épargne des ménages (soit la part de l’épargne dans le revenu disponible en pourcentage) en France en 1950 ? en 2016 ? Comment expliquer cette évolution ?
2. Comment cette épargne est-elle approximativement répartie entre investissement en logement et épargne financière en 2016 ?

Corrigé - L'épargne des Français

1.L’épargne des ménages représentait 16 % de leur revenu disponible environ en 1950 contre 13,5 % en 2016.
2.L’épargne se répartit en investissement de logement (65 %) et en épargne financière (35 % environ).

Répartition entre actions et obligations : le rôle du risque

Le risque est central dans le choix de l'épargne

La répartition de l’épargne financière entre actions et obligations dépend essentiellement de la nature du risque de ces deux titres.
Souvenez-vous, une action est un titre de propriété que vous achetez à une entreprise, qui vous donne droit à une part de son profit versé sous forme de dividende. Ces derniers peuvent varier en fonction des résultats de l’entreprise (ses profits) : vous n’avez donc pas la certitude de percevoir un revenu des actions que vous détenez.
Une obligation est un titre de créance, un prêt que vous octroyez le plus souvent à l’État (exemple des bons du Trésor à cinq ans). La source de revenu issue d’une obligation est donc par nature moins risquée que celle d’une action. En effet, le détenteur d’une obligation perçoit des intérêts et est remboursé à terme de la somme prêtée.
Mais la rentabilité des obligations est le plus souvent inférieure à celle des actions. En effet, la rentabilité d’une action dépend à la fois des plus-values (cours de vente – cours d’achat) réalisées et du rendement perçu (dividende). Par contre, un bon du Trésor à cinq ans rapporte une rémunération de 1 % en 2018. À l’inverse, si vous êtes détenteur d’actions de Facebook, leur valeur a été multipliée par dix en six ans (passant de 20 dollars en juillet 2012 à 200 dollars en juillet 2018), mais elle a aussi fait les montagnes russes ! L’action Facebook ne valait, par exemple, plus que 60 % de sa valeur dès décembre 2018 (passant de 200 euros à 120 euros en à peine cinq mois).
Prenez deux minutes pour rechercher la valeur actuelle de l’action Facebook.
Le podcast « Qu’est-ce que les actions, les obligations et les actifs immobiliers ? » vous donne des explications supplémentaires sur les différents placements des Français : actions, obligations, mais aussi actifs immobiliers.

Podcast - Qu'est-ce que c'est que les actions, obligations et les actifs immobiliers ?

Questions sur le podcast

1. Quels sont les trois différents types d’actifs présentés dans ce podcast ?
2. Quels sont les actifs équivalents à un titre de propriété ?
3. En quoi les actifs immobiliers diffèrent-ils des actifs financiers ?
4. Comment peut-on acheter ces trois types d’actifs ?

Corrigé aux questions sur le podcast

1. Les actions, les obligations et les biens immobiliers.
2. Les actions et les biens immobiliers.
3.Les actifs immobiliers permettent en général de générer des revenus de location. Ces revenus dépendent du loyer, de l’état du bien et de son emplacement. Les revenus générés par les actifs financiers dépendent quant à eux soit du taux d’intérêt fixé (dans le cas des obligations) soit des dividendes variables en fonction des profits de l’entreprise (dans le cas des actions).
4.Ces trois types d’actifs peuvent être achetés directement auprès d’une banque, d’un courtier, d’un gestionnaire ou d’un agent immobilier. Ils peuvent aussi être achetés indirectement via l’intermédiaire d’un fonds d’investissement.

Questions

Question 4.11 - La capacité de financement des ménages

Les ménages sont depuis 1950 le plus souvent :
1. Des agents à capacité de financement.
Correct. Les ménages sont des agents économiques en capacité de financement, car ils sont davantage incités à épargner pour lisser leur consommation au cours de leur cycle de vie ou pour des motifs de précaution.
2. Des agents à besoin de financement.
Incorrect. Les ménages sont des agents économiques qui sont structurellement en capacité de financement.
3. Des agents dont l’épargne est supérieure à l’investissement.
Correct. C’est pour cette raison qu’ils sont en capacité de financement.
4. Des agents ni à capacité de financement ni à besoin de financement.
Incorrect. Les ménages sont structurellement en capacité de financement.

Question 4.12 - Le revenu disponible des ménages

Le revenu disponible des ménages correspond :
1. Aux revenus primaires et d’impôts et de cotisations sociales.
Incorrect. Le revenu disponible des ménages correspond aux revenus primaires plus les revenus de transfert nets d’impôts et de cotisations.
2. Aux revenus du travail.
Incorrect. Il faut ajouter aux revenus du travail les revenus mixtes et les revenus du patrimoine, déduire les impôts et cotisations sociales et ajouter les prestations sociales.
3. Aux seuls revenus primaires.
Incorrect. Le revenu disponible des ménages correspond aux revenus primaires plus les revenus de transfert nets d’impôts et de cotisations.
4. Aux revenus primaires plus les revenus de transfert nets d’impôts et de cotisations.
Correct. Le revenu disponible des ménages correspond aux revenus primaires plus les revenus de transfert nets d’impôts et de cotisations.

Question 4.13 - Les influences des choix d'épargne

Les décisions d’épargne d’un ménage :
1. Ne dépendent pas de son âge.
Incorrect. La capacité à épargner évolue au cours de la vie d’un agent économique, car les ménages anticipent l’évolution future de leurs revenus et ils épargnent afin de lisser les écarts de revenus.
2. Dépendent du niveau du taux d’intérêt.
Correct. Les décisions d’épargne d’un ménage dépendent du niveau du taux d’intérêt, soit le rendement des produits d’épargne.
3. Ne dépendent pas des risques de chômage.
Incorrect. Les ménages sont incités à épargner pour des motifs de précaution face aux aléas de leurs revenus et face aux risques comme le chômage.
4. Dépendent d’un arbitrage entre investissement en logement et épargne financière.
Correct. Les ménages ont le choix d’investir en logement ou d’épargner sous forme financière.

Synthèse

Synthèse - Revenus primaires, disponibles et épargne

Les ménages reçoivent des revenus primaires en échange de leur participation à la production : revenus du travail, revenus du patrimoine et/ou revenus mixtes. On appelle aussi ces revenus primaires le revenu brut.
Si on ajoute à ces différents revenus primaires les revenus de transfert perçus et que l’on retire les impôts et les cotisations sociales, on obtient le revenu disponible des ménages.
Le revenu disponible peut être consacré aux dépenses de consommation ou à l’épargne. Globalement, les ménages sont des agents à capacité de financement. Leur revenu disponible est donc généralement supérieur à leurs dépenses de consommation, ce qui leur permet d’épargner pour faire face à l’incertitude du futur. Ils peuvent ainsi placer cette épargne sous une forme financière et la mettre ainsi à la disposition des agents à besoin de financement ou l’investir en logement.

Illustration 4.3 - Comment les ménages se financent-ils ?