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La vie en société place les êtres humains dans des relations d’interdépendance les uns avec les autres...

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Quels sont les différents types de liens sociaux ?Comment la nomenclature des PCS est-elle construite ?Quel est l'impact de l'individualisation de la société sur les liens sociaux ?Comment les sociabilités numériques contribuent-elles au lien social ?Les processus d'affaiblissement du lien social - Schéma de synthèse

Quels sont les différents types de liens sociaux ?

La vie en société place les êtres humains dans des relations d’interdépendance les uns avec les autres. Lasolidarité, qu’on appelle aussi lelien social, désigne ainsi l’ensemble des relations qui lient les individus aux groupes sociaux dont ils font partie.
Pour Serge Paugam, les individus sont liés aux autres non seulement pour assurer leur protection face aux aléas de la vie, mais aussi pour satisfaire leur besoin de reconnaissance, à la source de leur identité. Serge Paugam propose dès lors de distinguer quatre grands types de liens sociaux qui assurent aux individus protection et reconnaissance.
  • Lelien de filiationrecouvre les liens de parenté biologiques ou adoptifs qui assurent à l’individu une protection matérielle et une reconnaissance affective.
  • Lelien de participation électiverelève de la socialisation extra-familiale (voisinage, groupes d’amis, communautés religieuses, etc.). La relation conjugale fait partie de cette catégorie. Lesliens électifsgarantissent à l’individu une protection (soutien et entraide) et une reconnaissance affective ou par similitude.
  • Lelien de participation organiquese caractérise par l’apprentissage et l’exercice d’une fonction déterminée dans l’organisation du travail. Il assure aux individus une protection (grâce au revenu et à la protection sociale qu’il garantit) et une reconnaissance de l’utilité de l’individu dans la société.
  • Enfin, lelien de citoyennetérepose sur le principe de l’appartenance à une nation. Il assure aux individus une protection (les individus ont des droits fondamentaux) et une reconnaissance de sa souveraineté. Ce lien est appuyé sur les droits et les devoirs des citoyens.
Ces quatre types de liens sont complémentaires et entrecroisés.

Comment la nomenclature des PCS est-elle construite ?

Pour étudier la société française, l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) a construit une grille permettant de regrouper les individus dans des catégories présentant une certainehomogénéité sociale(c’est-à-dire que les individus regroupés dans les catégories ont des comportements proches). Il s’agit de la nomenclature des PCS (professions et catégories socioprofessionnelles).
Cette nomenclature est multidimensionnelle car elle repose sur la combinaison de plusieurs critères :
  • la profession (le métier) ;
  • le statut (salariés ou indépendants) ;
  • le niveau de qualification du poste ;
  • la taille de l’entreprise ;
  • le secteur d’activité (primaire, secondaire ou tertiaire).
Dans sa version en vigueur, la PCS 2020 comporte quatre niveaux d'agrégation emboîtés :
  • les groupes socioprofessionnels (6 postes) ;
  • les catégories socioprofessionnelles (29 postes) ;
  • les professions regroupées (121 postes) ;
  • les professions (311 postes).
La nomenclature des PCS vise à décrire, représenter et comprendre les différences existant dans la société. Son objectif est largement atteint car elle permet d’observer une forte similitude à l’intérieur des catégories (homogénéité) sous de nombreux aspects (revenus et patrimoines, consommation, pratiques culturelles, santé, comportement politiques, etc.) Elle permet également d’observer de fortes différences entre les groupes identifiés. La nomenclature des PCS est donc un outil pertinent pour analyser la société française.

Quel est l'impact de l'individualisation de la société sur les liens sociaux ?

Émile Durkheim explique le passage des sociétés traditionnelles à la société moderne par la division du travail. Aujourd’hui, on parle également d’un processus d’individualisation pour expliquer les évolutions des formes de la sociabilité. Le processus d’individualisation correspond à une évolution de la société grâce à laquelle la personne devient plus autonome par rapport au groupe. On parle alors du développement d’« individus » à part entière : le « je » est pensé comme plus important que le « nous » ; les membres d’un groupe se sentent libres de s’affranchir des contraintes que lui impose ce groupe si ces contraintes font obstacle à leur épanouissement personnel.
Ce changement de société correspond à une transformation du lien social manifeste dans le changement des formes de la solidarité. Dans les sociétés traditionnelles,lasolidarité est mécanique. Elle repose sur la similitude des individus et le partage de croyances et de valeurs communes aux membres de la société (conscience collective). C’est de cette similitude que naît la solidarité : les membres de la société sont solidaires parce qu’ils se ressemblent et partagent les mêmes normes et valeurs.
Dans les sociétés modernes, la forme de solidarité qui est la plus commune est lasolidarité organique. Cette solidarité repose sur la complémentarité des individus qui, bien que plus différents, sont interdépendants.
Même si elle est moins fréquente et si elle n’est plus le seul ciment du lien social, la solidarité mécanique n’a pas disparu dans sociétés modernes : on la retrouve dans tous les groupes qui partagent des valeurs communes (groupes de supporters, communautés religieuses, etc.).

Comment les sociabilités numériques contribuent-elles au lien social ?

Les sociabilités numériques correspondent à l’ensemble des relations entre personnes permises grâce aux technologies de l’information et de la communication. Les réseaux sociaux sont au cœur de ces nouvelles sociabilités.
Les sociologues soulignent les effets positifs des sociabilités numériques. Au niveau social, elles permettent de poursuivre des liens avec des amis (notamment grâce à des réseaux comme Facebook, WhatsApp, Instagram, etc.), mais aussi de générer de nouvelles sociabilités (notamment grâce à des sites de rencontre, mais aussi à des sites de covoiturage, des réseaux professionnels, etc.).
Ces sociabilités numériques peuvent d’ailleurs accroître les chances d’obtention d’un emploi en facilitant les recherches en temps réel et en multipliant la probabilité d’étendre son réseau social. Les sociabilités numériques permettent également une participation à la vie de la cité en véhiculant rapidement des informations, en permettant de participer à des rassemblements et de signer des pétitions en ligne…
Les sociabilités numériques ne remplacent pas les échanges réels, mais elles se superposent à ceux-ci.
Les sociabilités numériques peuvent aussi, sous certaines conditions, affaiblir le lien social, notamment parce que toutes les catégories sociales ne les utilisent pas également et parce que l’anonymat qu’elles permettent peut favoriser des comportements peu civiques.

Les processus d'affaiblissement du lien social - Schéma de synthèse