Lesnormessont l’ensemble des règles qui organisent la vie en société en définissant les comportements jugés acceptables ou non. Ces normes sont, pour certaines, inscrites dans le droit (comme l’interdiction de tuer ou les limitations de vitesse sur la route), mais la grande majorité d’entre elles sont dites « tacites » car elles ne sont pas inscrites dans la loi. Les premières sont appeléesnormes juridiquesalors que les secondes sont appeléesnormes sociales. Toute transgression d’une norme est considérée comme unedéviance. La transgression des normes juridiques est appeléedélinquance.
Les normes ne sont pas immuables : elles varient dans le temps, dans l’espace et même entre les groupes sociaux. Ainsi, la possibilité de recourir à une interruption volontaire de grossesse a longtemps été interdite en France et ce n’est que depuis le 17 janvier 1975 que cette pratique a été autorisée. Pour autant, l’avortement reste interdit dans certains pays. Certains groupes sociaux, notamment religieux, y sont d’ailleurs encore opposés en France. De la même manière, l’homosexualité fait l’objet d’une tolérance très variable dans le temps, l’espace et selon les groupes sociaux.
Les différentes formes de contrôle social
Une société s’assure du respect des normes par le biais ducontrôle social. Celui-ci désigne l’ensemble des moyens (sanctions ou gratifications) mis en œuvre pour que les individus se conforment aux normes en vigueur. Il peut être informel ou formel.
- Lecontrôle social informelest diffus ; ce sont la famille ou les pairs qui l’exercent par exemple en félicitant un comportement conforme par un sourire.
- Lecontrôle social formelest institutionnalisé et les sanctions sont codifiées. La police peut ainsi infliger une amende pour excès de vitesse.
Il faut noter que les individus ont intériorisé les normes de la société dans laquelle ils vivent. Ainsi, ils exercent eux-mêmes une forme de contrôle social sur leurs actions en se censurant ou en s’astreignant à respecter des normes. C’est l’autocontrôle.
Les formes du contrôle social - Schéma
Comment expliquer les processus qui conduisent à la déviance ?
Depuis les années 1960, la sociologie de la déviance s’intéresse moins aux explications du passage à l’acte (Pourquoi les individus transgressent-ils des normes ?) qu’à la réaction sociale (Comment les individus en viennent-ils à être considérés comme déviants ?). On peut alors montrer que ladévianceest avant tout le fruit d’interactions sociales qui conduisent certains individus à être étiquetés comme déviants.
Howard Becker montre notamment que « devenir » déviant est un processus jalonné d’étapes. C’est le phénomène de « carrière déviante » : un individu transgresse une norme, il est perçu par les autres comme ne respectant pas cette norme et est étiqueté comme déviant. Cetétiquetagemodifie la manière dont il se perçoit lui-même et dont il agit au point que l’individu peut entrer dans un groupe déviant organisé.
La progression dans une carrière déviante est, selon Howard Becker, liée au processus d’étiquetage. Selon l’auteur, le fait d’être étiqueté comme déviant (à tort ou à raison) est un élément central du développement d’unecarrière déviante. Dans le même temps, plus un individu avance dans une carrière déviante, plus il risque d’être étiqueté.
Une forme particulière d’étiquetage est lastigmatisation : il s’agit du processus par lequel un groupe attribue une étiquette péjorative à un autre. La stigmatisation repose le plus souvent sur des stéréotypes. Les membres du groupe stigmatisé peuvent intérioriser cette image d’eux-mêmes, ce qui permet d’expliquer certains comportements déviants.