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Quelles questions se posent les sociologues et les politistes ?

Ferme les yeux et imagine quelques secondes que tu es une souris. Alors que tu vis paisiblement avec...

Sommaire

La fable du chat et des souris - La petite histoire
Découvrir : pourquoi la solitude est-elle notre pire ennemi ?La maison brûle !Le lien social au temps du coronavirus - Questions
Découvrir : comment fait-on le lois ?Qui fait la loi en France ? - VidéoQui fait la loi en France ? - Questions
Comprendre : les questions de base de la science politique et de la sociologieLes politistes se demandent « comment s'exerce et se conquiert l'exercice du pouvoir politique ? »Des mutations profondes de la société font émerger de nouvelles questionsLes sociologues se demandent : « comment fait-on société ? »
Les sociologues se demandent : « comment expliquer les comportements sociaux ? »
Aller plus loin : regards croisés sur les Gilets jaunesComment expliquer le mouvement des Giles Jaunes ?Qui soutient les Gilets jaunes ? - QuestionsLes origines économiques du mouvement des Gilets jaunesLes origines sociologiques du mouvement des Gilets jaunesLes origines et préférences politiques des Gilets Jaunes
Aller plus loin : crise écologique, intérêt personnel et collectifPeut-on faire passer l'intérêt collectif avant son intérêt personnel ?L'intérêt personnel est-il compatible avec l'intérêt collectif ?Croiser les regards de l’économiste, du sociologue et du politiste
Synthétiser et retenirSociologie et sciences politiques - Exercice de synthèse
S'entraînerQu’est-ce que la consommation ostentatoire ? - PodcastQu'est-ce que la consommation ostentatoire ? - ExerciceLe président de la République a-t-il vraiment tous les pouvoirs ? - VidéoLe président de la République a-t-il vraiment tous les pouvoirs ? - Questions

La fable du chat et des souris - La petite histoire

Ferme les yeux et imagine quelques secondes que tu es une souris. Alors que tu vis paisiblement avec ta famille, un énorme matou rôde dangereusement autour de chez toi. Comment faire pour éviter le carnage ?
Ni une ni deux, tu prends ton courage à deux pattes, convoque un conseil de famille et propose une solution : accrocher un grelot autour du cou du chat pour l’entendre arriver et éviter une attaque surprise.
Après concertation, victoire ! Toute la famille est d’accord ! Mais il y a un hic : personne ne veut aller poser le grelot. Le danger est beaucoup trop grand ! Mais alors, si personne ne se dévoue, comment éviter la catastrophe ?
Cette fable du grec Ésope a traversé les millénaires et a même été reprise par La Fontaine. Quel rapport avec la politique et la sociologie ? Eh bien, cette histoire nous montre comment une société se comporte. Il arrive souvent que tout le monde s’accorde à dire qu’il y a un problème, chacun pense qu’il faut agir, mais personne n’est prêt à s’en charger.

Découvrir : pourquoi la solitude est-elle notre pire ennemi ?

La maison brûle !

Remplace les souris d’Ésope par les Hommes et le gros chat par le réchauffement climatique qui menace notre planète. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut agir très vite pour éviter la montée de la température et du niveau des mers, mais personne ne fait vraiment le nécessaire…
Individuellement, les hommes ont hélas tendance à surexploiter les ressources. L’utilisation intensive des énergies fossiles (charbon, pétrole) a fait décoller les émissions de gaz à effet de serre, avec pour conséquence malheureuse le réchauffement climatique.
Mais comme vous l'avez compris avec la fable du chat et des souris, peu de personnes se lancent pour régler le problème. Dans ce cas, l'intérêt personnel nuit à l’intérêt collectif.
Mais si l'homme est motivé en partie par son intérêt personnel (gagner de l’argent, par exemple), il a aussi bien d'autres motivations, et notamment l’intérêt collectif. C'est ce qui pousse les individus à s'engager en politique !

Le lien social au temps du coronavirus - Questions

Répondez aux questions suivantes après avoir lu l'extrait de l'article « Le lien social au temps du coronavirus ».
1. Selon les auteurs, pourquoi le lien social est-il si important ? Que nous apporte-t-il ?
2. Selon eux, le confinement a-t-il fragilisé les liens sociaux ? Pourquoi ? Qu’en pensez-vous ?

Découvrir : comment fait-on le lois ?

Qui fait la loi en France ? - Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=nDCKhiWOPlY

https://www.youtube.com/watch?v=nDCKhiWOPlY

Qui fait la loi en France ? - Questions

Après avoir visionné la vidéo Qui fait la loi en France ?, répondez aux questions suivantes. 
1. Quelles sont les grandes institutions qui participent à l'élaboration des lois ?
2. Quelles sont les étapes de l'élaboration des lois ?
3. Que pensez-vous de ce processus ? En quoi est-il conforme à la démocratie ?

Comprendre : les questions de base de la science politique et de la sociologie

Les politistes se demandent « comment s'exerce et se conquiert l'exercice du pouvoir politique ? »

L’étude de la façon dont le pouvoir se conquiert et dont il s’exerce se situe au fondement de la science politique.
Comment le pouvoir politique se conquiert-il ?
Dans nos sociétés démocratiques, essentiellement par le vote. Les politistes cherchent donc à comprendre les déterminants du vote (l'âge, le genre, le niveau de vie, la religion, etc.) et les évolutions récentes du rapport au vote (déclin du clivage gauche/droite, montée de l'abstentionnisme, etc.). Les politistes s'interrogent aussi sur le développement d'autres formes d'engagement politique, comme les manifestations, le boycott, le sabotage, etc.
Comment le pouvoir politique s'exerce-t-il ? 
Il s’agit ici de comprendre comment s’organise la vie politique, et notamment quelles sont les grandes institutions de nos régimes politiques démocratiques, comment y est réparti le pouvoir politique et pourquoi.

Des mutations profondes de la société font émerger de nouvelles questions

La sociologie est une discipline jeune, elle émerge en tant que science à partir du XIXesiècle.
En effet, c'est à cette époque que nos sociétés connaissent de nombreux bouleversements : politique avec l'avènement de la démocratie, technologique avec la Révolution industrielle, et économique et sociale avec l'accélération de la croissance et les modifications de l'organisation du travail.
Ces révolutions ont radicalement transformé la société traditionnelle de l’Ancien Régime et ont contribué à faire émerger un nouveau questionnement sur la société moderne.
Emile Durkheim, considéré comme l’un des pères fondateurs de la sociologie moderne, par exemple s’interroge sur les caractéristiques de la nouvelle société qu'il voit naître sous ses yeux.

Les sociologues se demandent : « comment fait-on société ? »

Les sociologues cherchent à décrire et comprendre les humains en société.  Leur raisonnement s’appuie d’abord sur la problématisation d’une question sociale. Ils cherchent à poser des questions de manière pertinente sur la façon dont les individus font société et se prêtent à une investigation théorique et empirique.
Par exemple, dans son ouvrageDe la division du travail social(1893), le père fondateur de la sociologie, le français Emile Durkheim, relève le paradoxe des sociétés modernes en étudiant les relations entre les individus et la société.
Comment se fait-il que tout en devenant plus autonome, l’individu dépende plus étroitement de la société ? Qu’est-ce qui lie les individus et fonde les formes de solidarité entre eux de manière à « faire société » ? Comment les liens sociaux s’établissent-ils ? Comment évoluent-ils ?
Il montre par exemple que le lien social évolue lorsque la société se modernise : dans les sociétés traditionnelles, la conscience collective est forte, et les individus se ressemblent ; dans les sociétés modernes, les consciences individuelles s'affirment, les individus se différencient les uns des autres, mais, par le travail, ils deviennent aussi plus interdépendants.

Les sociologues se demandent : « comment expliquer les comportements sociaux ? »

Pour les sociologues, les individus sont en tout point des êtres sociaux et n’existent que dans leurs relations aux autres.
Les sociologues cherchent à expliquer comment nos comportements sont « construits » par la société. Dire merci, offrir des fleurs, s'asseoir à table pour manger, etc. sont le fruit de « la socialisation ». Ils cherchent ainsi à étudier ce processus de socialisation : comment s'effectue-t-il, par qui, est-il identique pour tous ?
Ce questionnement sur le fonctionnement des humains en société permet de répondre à de très nombreuses problématiques que nous verrons tout au long du cours : les inégalités entre les femmes et les hommes, les différences d'aspiration en fonction du genre ou des origines sociales, et même la façon dont sont façonnées les pratiques culturelles. Et oui ! La musique que nous écoutons, que ce soit du rap ou de l'opéra,  dépend encore beaucoup de notre milieu social ! 
Pour répondre à ces questions, les sociologues utilisent aussi beaucoup de données. Elles peuvent être qualitatives, par exemple de entretiens avec le groupe étudié, ou quantitatives comme des données chiffrées sur les réseaux sociaux. 

Aller plus loin : regards croisés sur les Gilets jaunes

Comment expliquer le mouvement des Giles Jaunes ?

Les Gilets jaunes sont apparus dans l’espace politique français en réaction à une hausse des taxes sur les carburants au cours de l’automne 2018.
Une pétition de Priscillia Ludosky dénonçant cette hausse des taxes recueille alors plus d’un million de signataires, tandis qu’une vidéo de Jacline Mouraud comptabilise plus de six millions de vues en novembre.  Le mouvement se mobilise autour des ronds-points, symboles du seul lieu qu'il reste aux gens pour se retrouver dans les petites villes, et des réseaux sociaux, nouvel acteur crucial de la vie politique.
Tous les samedis, des appels à se rassembler dans les grandes villes ont été lancés, suivis par près de 300 000 personnes selon le Ministère de l’intérieur. Même si, au fil du temps, le mouvement a progressivement perdu de l’importance, il reste un moment décisif de la vie politique française, en ce qu’il a fait apparaître un très fort rejet des institutions politiques, phénomène très profond en France et dans de nombreuses démocraties.
Comment l'expliquer ? 

Qui soutient les Gilets jaunes ? - Questions

1. Que dire, d’après ce graphique, des personnes qui soutiennent « tout à fait » les Gilets Jaunes ?
2. Que dire des personnes qui ne soutiennent « pas du tout » les Gilets Jaunes ?
3. A votre avis, comment expliquer cela ?

Les origines économiques du mouvement des Gilets jaunes

Pour expliquer le faible niveau de satisfaction dans la vie des personnes qui soutiennent le mouvement des Gilets jaunes, les économistes ont étudié de nombreux facteurs :
  • niveau de revenu ;
  • peur de tomber au chômage et de ne plus avoir d’emploi ;
  • ubérisation de l’économie ;
  • inégalités…
Il y a clairement une révolte économique dans le mouvement. Ce sont des notions que vous verrez dans les chapitres de la science économique !
Mais comment expliquer que le mouvement des Gilets jaunes se soit surtout concentré dans des petites villes, désertifiées par les commerces de proximité et les services publics, et dont le seul lieu de socialisation symbolique est devenu le rond-point ?  
Comment expliquer qu’il s’agissait plutôt de personnes isolées au travail que des travailleurs dans des grandes entreprises avec plein de salariés ? En effet, à niveau de salaire égal, on a noté une surreprésentation des chauffeur routiers seuls dans leur camion, des aides-soignantes qui font des kilomètres pour voir seules différents patients par rapport aux ouvriers.

Les origines sociologiques du mouvement des Gilets jaunes

Comment expliquer que le mouvement des Gilets jaunes se soit surtout concentré dans des petites villes, désertifiées par les commerces de proximité et les services publics, et dont le seul lieu de socialisation symbolique est devenu le rond-point ?  
Comment expliquer qu’il s’agissait plutôt de personnes isolées au travail (routiers, aide-soignantes, etc.) que des travailleurs dans des grandes entreprises avec plein de salariés comme des ouvriers ? 
Ce sont des questions auxquelles la sociologie peut répondre !
La faible confiance dans les autres exprimée par les soutiens au mouvement des Gilets jaunes est lié au sentiment de solitude au travail et dans les territoires.
Durkheim le premier expliquait en quoi le suicide n’était pas qu’un acte psychologique, mais dépendait de notre lien avec les autres, notre lien social. Il met ainsi en évidence que les célibataires se suicident plus que les personnes mariées, les protestants plus que les catholiques, que le suicide est plus répandu à la campagne qu’à la ville. Il en conclut que le suicide est bien un fait social indépendant de chaque décision individuelle.
Or, depuis les écrits de Durkheim pour décrire la société industrielle, nous sommes passés dans des sociétés post-industrielles où les relations entre les individus sont très différentes.
Nous sommes passés d’une société de classes où les ouvriers partageaient un monde commun au sein des entreprises, des syndicats, des mouvements communistes et socialistes, à une société d’individus isolés.
Les Gilets jaunes sont la manifestation de cette désocialisation au travail avec une surreprésentation des catégories populaires dans le tertiaire, comme les chauffeurs routiers et les aide-soignantes, très peu encadrées par les normes sociales traditionnelles de l'entreprise ou par les syndicats.

Les origines et préférences politiques des Gilets Jaunes

Quelles sont les préférences politiques du mouvement des Gilets Jaunes ? Comment leurs revendications ont-elles pu se traduire ensuite par des propositions de réformes et de nouvelles lois ? Voilà des questions de base de la science politique. 
Dans le graphique ci-dessus qui interroge les soutiens des Gilets jaunes en décembre 2020 sur leur vote au premier tour des élections présidentielles de 2017, on découvre que 29% disent avoir voté pour Marine Le Pen, 21% pour Jean-Luc Mélenchon, et seulement 5% pour Emmanuel Macron. 
En analysant ces préférences partisanes, on comprend que les Gilets jaunes sont un agrégat de la protestation qui s’est manifestée dans le vote en faveur des deux partis anti-système : le Rassemblement national et la France insoumise.
Les soutiens aux Gilets jaunes ont également en commun une méfiance très marquée à l’égard des institutions : 79% d'entre eux déclarent n’avoir pas du tout confiance dans le Gouvernement, quand la moyenne française est à 46%. 
En revanche, les Gilets jaunes qui ont voté pour Jean Luc Mélenchon sont très en faveur des taxes et de la redistribution, alors que celles et ceux qui ont voté pour Marine Le Pen font du contrôle de l’immigration une priorité. En fait, ils n'ont pas grand-chose de commun ! 
En mettant à jour de telles différences dans les valeurs et les préférences électorales, la science politique nous permet de comprendre pourquoi ce mouvement n’a pas réussi à déboucher sur la création d’un parti unique pour les représenter ! 

Aller plus loin : crise écologique, intérêt personnel et collectif

Peut-on faire passer l'intérêt collectif avant son intérêt personnel ?

Étudier, travailler, produire… qu’est-ce qui nous motive à faire tout cela ? Cette question, les économistes se la posent sans cesse. Pourquoi ? Parce que comprendre les motivations des gens permet de prévoir en partie leur manière d’agir et comment allouer au mieux les ressources rares.
L’Homme est en partie motivé par son intérêt personnel. Gagner de l’argent pour subvenir à ses besoins et ceux de ses enfants et proches, par exemple. Mais il a d’autres motivations, et notamment l’intérêt collectif.
Imaginons qu'une ville manque de crèches. Lors des élections municipales, des citoyens sans enfants votent pour le candidat qui promet d’en construire. Pourquoi ? Parce que le bien-être des familles leur tient à cœur. Un économiste célèbre, Adam Smith, l’expliquait déjà au XVIIIe siècle :
« Aussi égoïste que l’homme puisse être supposé, il y a évidemment certains principes dans sa nature qui le conduisent à s’intéresser à la fortune des autres et qui lui rendent nécessaire leur bonheur, quoiqu’il n’en retire rien d’autre que le plaisir de les voir heureux. »
Adam Smith, La Théorie des Sentiments Moraux, 1759.
L’homme est à la fois motivé par son intérêt personnel et l’intérêt collectif.
Selon Adam Smith, dans de très nombreuses situations, l'homme en poursuivant son intérêt individuel peut contribuer à l'intérêt collectif. Par exemple s'il travaille pour obtenir un revenu, cela peut bénéficier à tous, à l'intérêt collectif, car ce travail produit des biens ou des services qui peuvent être achetés et utilisés  par d'autres . 

L'intérêt personnel est-il compatible avec l'intérêt collectif ?

Hélas, intérêt individuel et intérêt collectif ne s’accordent pas toujours…
Imaginons que tu partages ta chambre avec ton petit frère. Régulièrement, c’est le bazar : vêtements, livres et objets non identifiés traînent partout. Tu proposes de ranger ensemble, mais il a toujours mieux à faire. Résultat, tu ranges sans lui.
Pour les économistes ton petit frère est un passager clandestin ! Si tout le monde agit comme lui, en ne pensant qu’à son intérêt personnel, c’est l’intérêt collectif qui en souffre. 
Traduit dans le langage de l’économie, on peut dire que les comportements motivés par l’intérêt individuel peuvent parfois empêcher d’allouer efficacement les ressources rares.
Dans certaines situations, l’intérêt personnel nuit à l’intérêt collectif. C'est en particulier le cas dans le contexte du réchauffement climatique et la fable de la souris. En exploitant trop de ressources naturelles pour produire et augmenter nos revenus, en prenant trop l'avion pour nos loisirs ....nous pouvons avoir aussi une influence négative sur l'intérêt collectif qui est la préservation de la planète. D'où le dicton: fin du mois (toucher un revenu en produisant) contre fin du monde !  

Croiser les regards de l’économiste, du sociologue et du politiste

La question de l’allocation des ressources est centrale en économie, mais elle intéresse également d’autres disciplines. Et c’est bien pour cela que votre cours de sciences économiques et sociales aborde à la fois l’économie, la sociologie et la science politique.
Comme dans la fable du chat et des souris, et son parallèle avec le réchauffement climatique, les choix d'allocation de ressources dépendent aussi :
  • des normes sociales qui définissent les comportements acceptables dans les sociétés et intéressent particulièrement les sociologues. Par exemple nos comportement en matière environnement:  manger de la viande, prendre l'avion ou la voiture, le gaspillage vestimentaire sont très influencés par ce que font nos amis, nos enfants, nos parents et le regard positif ou négatif sur nos actions. 
  • des institutions comme l’État qui imposent des règles, réconcilient intérêt personnel et collectif et que les chercheurs en science politique étudient. Dans le cas du réchauffement climatique, comment transcrire dans le vote de lois, nos choix collectifs pour préserver la planète. Sommes nous prêts à voter pour des lois qui interdisent les voitures thermiques ou plutôt qui incitent à prendre moins la voiture en augmentant les taxes sur les prix de l'essence ? Quels sont les partis politiques pour lesquels voter en fonction de nos valeurs, préférences, revenus ... ? 
Croiser les regards de l’économiste, du sociologue et du politiste permet de mieux comprendre comment les individus interagissent pour allouer des ressources rares, et la question environnementale montre le caractère indispensable de ce regard croisé.

Synthétiser et retenir

Sociologie et sciences politiques - Exercice de synthèse


S'entraîner

Qu’est-ce que la consommation ostentatoire ? - Podcast

La consommation et le gaspillage ont une fonction sociale, selon le sociologue, historien et économiste, Thorstein Veblen qui a même donné son nom à l’effet paradoxal observé quand la consommation augmente parfois avec le prix des produits.
Veblen a étudié la très haute bourgeoisie nord-américaine de la fin du XIXeet du début du XXesiècle. Dans un ouvrage publié en 1899 et intitulé,Théorie de la classe de loisir, le sociologue rend compte des gaspillages en temps et en biens de cette élite économique. Il en déduit que les individus font un "usage ostentatoire" de la consommation, destiné à afficher un statut social aux yeux d’autrui.
Cette consommation ostentatoire, c’est-à-dire qui vise un objectif de distinction ou de différenciation sociale, revêt plusieurs dimensions importantes : elle tend à afficher une capacité à dépenser sans compter. Mais aussi une capacité à gérer son temps. Le fait de passer du temps à table, de profiter d’œuvres culturelles ou de soigner son apparence suggère ainsi le fait de pouvoir jouir de temps libre. Veblen désignait d’ailleurs la bourgeoisie nord-américaine comme une classe oisive, non pas au sens de paresseuse, mais qui peut se consacrer au loisir. Cette "consommation improductive du temps" selon ses propres termes représente alors un vrai luxe auquel n’a pas accès la majorité de la population occupée à travailler pour satisfaire ses besoins fondamentaux.
Parmi les occupations et centres d’intérêts, il recense ainsi par exemple "la connaissance des langues mortes et des sciences occultes, de l'orthographe, de la syntaxe et de la prosodie, des divers genres de musique d'intérieur et autres arts domestiques, des dernières particularités de l'habillement, de l'ameublement, de l'équipement, des jeux, des sports, des animaux d'agrément, tels que chiens et chevaux de course". Dans ce contexte, même les épouses se voient attribuer un rôle en quelque sorte "décoratif" avec des vêtements, des parures et des bijoux visant à afficher la fortune de leurs maris.
Cette consommation ostentatoire est d’ailleurs à l’origine d’un paradoxe économique appelé parfois l’effet Veblen ou encore effet de snobisme. Pour une catégorie des biens dont la consommation est le reflet d’une certaine distinction sociale, la demande augmente avec la hausse des prix. Et par ailleurs, la consommation augmente plus vite que le revenu disponible des consommateurs. Cela peut être le cas pour des objets comme des montres ou des stylos de luxe, certaines voitures ou encore des œuvres d’art.

Qu'est-ce que la consommation ostentatoire ? - Exercice

Ecoutez le podcast sur la consommation ostentatoire et répondez aux questions.
1. Quelle définition pourrait-on donner de la consommation ostentatoire ?
2. Quels exemples sont donnés dans le podcast ? Ajoutez d'autres exemples
3. D'après le sociologue Thorstein Veblen, à quoi sert la consommation ostentatoire ?

Le président de la République a-t-il vraiment tous les pouvoirs ? - Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=lUkSqEvjnP0

https://www.youtube.com/watch?v=lUkSqEvjnP0

Le président de la République a-t-il vraiment tous les pouvoirs ? - Questions

1. Quel est le rôle du président de la République ?
2. À quoi servent les ministres ? Et le parlement ?
3. Que se passe-t-il en cas de cohabitation ?