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Qui sont les acteurs de la vie politique ?

La naissance d'Internet et des réseaux sociaux ont porté l'espoir d'une nouvelle démocratie participative...

Sommaire

Réseaux sociaux et démocratie - La petite histoire
Découvrir : qui fait de la politique et comment ?Voici les 12 candidats à l'élection présidentielle 2022Les candidats à l'élection présidentielle de 2022 - QuestionsLes candidats à la présidentielle de 2022 - RéponsesLes Français ont-ils confiance dans les acteurs politiques ? - Questions
Comprendre : les trois acteurs de la vie politiqueLes différents acteurs de la vie politique - VidéoLes partis politiquesLa différence entre la droite et la gauche - VidéoLa société civile organisée
Les médias et les réseaux sociaux
Qu'est-ce qu'un répertoire d'actions politiques ?
Environnement : c'est quoi « l'affaire du siècle » ? - Vidéo
Environnement : c'est quoi « l'affaire du siècle » ? - Questions
Comprendre : l'arrivée d'Internet déstabilise les acteurs traditionnels de la vie politiqueFox News accepte de payer 787,5 millions de dollars pour éviter un procès en diffamation à propos de sa couverture de l’élection de Joe Biden - ArticleRupert Murdoch ne passera pas à la barreLiberté d’expressionFacebook influence-t-il les élections ? - VidéoFacebook influence-t-il les élections ? - QuestionsQui sont les lobbys ? - VidéoQui sont les lobbys ? - Questions
Aller plus loinPolitest, le test pour se positionner politiquement - SiteLa crise de confiance dans les partis politiques, une spécificité française ? - ArticleUne défiance généralisée ?Une crise de l’adhésion ?La faiblesse structurelle des partis politiquesLes partis ont plus de mal aujourd’huiLa législation fragilise les partisLa culture républicaine française valorise peu les mouvements collectifsUn modèle civique entre acceptation et contestationUn avenir ouvert ?Liens utiles
Synthétiser et retenirConcepts étudiésLe rôle de chaque acteur de la vie politique - Exercice de synthèse
S'entraînerIdentifiez les acteurs de la vie politique - ExerciceReliez actions et acteurs politiques - ExerciceLa confiance dans les partis politiques en Europe - Questions

Réseaux sociaux et démocratie - La petite histoire

La naissance d'Internet et des réseaux sociaux ont porté l'espoir d'une nouvelle démocratie participative à l'échelle planétaire. Des mouvements commeMe Too,Black Lives Matterou encore le Printemps arabe en 2010 et la révolution en Ukraine en 2014 donnaient raison à cet espoir. Et pourtant ce sont ces mêmes réseaux sociaux qui sont accusés de créer une montée de la haine et de déstabiliser les démocraties. Pire, ils créeraient une forte dépendance, comme une drogue, où chacun serait enfermé dans une bulle !   
Sommes-nous tous drogués aux réseaux sociaux ? Quelles conséquences cela a-t-il sur nos choix politiques ? Une étude a cherché des réponses à ces questions en mesurant les effets d'une désactivation des comptes Facebook de 3000 personnes pendant un mois.
Au terme de cette diète forcée , les penchants politiques extrémistes avaient drastiquement baissé.  Et lorsque les participants de cette étude ont été autorisés à revenir sur le réseau, leur consommation de Facebook est devenu beaucoup plus faible, comme s'ils avaient été guéris d'une drogue dure. D'ailleurs, 80% des personnes étudiées ont reconnu que cette désactivation leur avait fait le plus grand bien !  
Quel est le rôle des réseaux sociaux en politique ? Remplacent-ils les partis politiques, les syndicats, les associations ? Pourquoi avons-nous besoin de corps institués comme les partis ou les syndicats pour réguler les conflits et faire émerger des propositions ? 

Découvrir : qui fait de la politique et comment ?

Voici les 12 candidats à l'élection présidentielle 2022

Les candidats à l'élection présidentielle de 2022 - Questions

1. En vous basant sur l'image précédente, êtes-vous capable de nommer les candidats à l'élection présidentielle de 2022 ?
2. Êtes-vous capable de les classer en fonction de leur couleur politique (gauche/droite) ?

Les candidats à la présidentielle de 2022 - Réponses

GAUCHE :
  • Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) ;
  • Anne Hidalgo (Parti Socialiste) ;
  • Yannick Jadot (Europe Écologie Les Verts) ;
  • Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) ;
  • Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste) ;
  • Fabien Roussel (Parti communiste français).
DROITE :
  • Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) ;
  • Jean Lassalle (Résistons !) ;
  • Marine Le Pen (Rassemblement national) ;
  • Emmanuel Macron (Renaissance) ;
  • Valérie Pécresse (Les Républicains) ;
  • Éric Zemmour (Reconquête).

Les Français ont-ils confiance dans les acteurs politiques ? - Questions

Sur la base du baromètre de la confiance politique de 2023, répondez aux questions suivantes.
1. Quelles sont les institutions dans lesquelles les Français ont le plus confiance ? Peut-on dire que les Français ont confiance dans leurs institutions politiques ?
2. Que peut-on en dire des personnalités politiques qui inspirent le plus confiance ? Pourquoi une telle différence entre la figure du maire et celle du président de la République ? 

Comprendre : les trois acteurs de la vie politique

Les différents acteurs de la vie politique - Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=bCG0u6AmGeE

https://www.youtube.com/watch?v=bCG0u6AmGeE

Les partis politiques

Les partis politiques sont des associations de citoyens engagés. Ils cherchent à conquérir une fonction essentielle du pouvoirpour agir dans l'intérêt collectifen fonction d'une idéologie précise.
Lors des élections, ils proposent des programmes d'action, promettent des mesuresviades candidats têtes de file en fonction de la situation économique et sociale du pays. Ils sont force de proposition pour des lois et des réformes. Les citoyens s'y regroupent sous une étiquette partisane afin que leurs idées soient portées dans les suffrages.
Ce sont des acteurs essentiels de la socialisation politique car ils ont pour fonction de rassembler et de porter des revendications de groupes souvent hétérogènes. Ils permettent ainsi d'organiser la vie politique. Par exemple le parti socialiste, qui a conquis le pouvoir en 1981 avec François Mitterand, rassemblait schématiquement les voix de la classe ouvrière et des enseignants, alors que les partis de droite, tel que le RPR du président Jacques Chirac en 1995 rassemblait les revendications des artisans et de la bourgeoisie. 
« C'est par l'intermédiaire des partis que s'exerce l'influence essentielle des systèmes électoraux sur la vie politique d'un pays. On pourrait presque distinguer à cet égard une influence directe (tel système électoral pousse à telle organisation des partis) et une influence indirecte (l'organisation des partis, engendrée notamment par le système électoral entraine telle forme de vie politique). »
Maurice Duverger,L'influence des systèmes électoraux sur la vie politique, 1950.
Depuis la Révolution française, la politique s'organise autour d'un clivage gauche / droite. Les résultats aux élections montrent globalement que les citoyens français restent attachés à certaines valeurs qui déterminent leur vote. Cependant une minorité pratique l'alternance et certains partis politiques tendent à faire disparaître cette opposition binaire.
Au cours des années 2000, de nouveaux partis politiques sont apparus pour répondre à l'évolution de la société et de la démocratie, à l'instar du parti « Renaissance » du président Emmanuel Macron, ou le parti d'opposition « La France insoumise » de Jean Luc Mélenchon. 

La différence entre la droite et la gauche - Vidéo

La société civile organisée

La société civile organisée désigne l'ensemble des individus et groupes (à l'exception des partis et mouvements politiques) qui promeuvent des valeurs et défendent des intérêts dans l'espace public. Cette société civile organisée se mobilise de manière volontaire afin d'infléchir les décisions des gouvernants.
La société civile organisée est composée d'associations, de syndicats, de groupes de pression et de mouvements sociaux.
L'Église, les think tanks comme Terra Nova, l'institut Montaigne ou la fondation Jean Jaurès, les associations militantes comme le World Wildlife Fund (WWF) ou encore la National Riffle Association (NRA) aux États-Unis, sont des composantes de la société civile organisée.
La société civile organisée n'a pas pour vocation de conquérir le pouvoir. Elle joue le rôle d'intermédiaire entre les citoyens et les politiques. Elle ne mobilise également pas les mêmes moyens d'actions (participation à la vie publique). Elle peut cependant, tout comme un parti politique mettre un ordre du jour, un débat à l'agenda politique. Elle souhaite coopérer mais aussi contester le pouvoir en place.

Les médias et les réseaux sociaux

Les médias sont le vecteur principal de l'information dans un pays. Ils relayent l'ensemble des éléments nécessaires à la bonne compréhension et au bon fonctionnement des institutions politiques. En cela, ils sont un bien public. 
Mais ils ont un rôle parfois jugé partial car ils sélectionnent et traitent les informations avec une analyse qui peut être orientée, à l'instar de Fox News aux Etats-Unis très orienté à droite et qui a beaucoup ouvré pour l'élection de Donald Trump en 2017. Il y a des jugements de valeur dans le traitement de l'information, du fait du choix des priorités, des thèmes ou des actualités abordées.
Les politiques, tout comme la société civile organisée, utilisent les médias pour entretenir leur image, une certaine notoriété et séduire. C'est un intermédiairedans la stratégie de la conquête du pouvoir qui donne de la visibilitéet façonne la perceptiondes évènements.
Les nouveaux médias, comme les réseaux sociaux, modifient le rapport à la politique et la façon de transmettre l'information. En effet, les réseaux sociaux permettent de diffuser « gratuitement »des programmes, de créer des évènements, des buzz médiatiques qui s'attachent parfois plus à la forme qu'au fond des propos.
D'ailleurs, les partis politiques développent leurs propres médias sur les réseaux sociaux, où ils peuvent mener leurs propres débats et choisir les intervenants qui y participent. La chaîne YoutubeLe Média développée par La France insoumise est un bon exemple de cette démarche. 
Les médias sont donc considérés comme le quatrième pouvoir.
Ils sont un avantage démocratique en étant moyen d'expression essentiel tout comme de contestation. Le développement de la presse a d'ailleurs été parallèle à celui du suffrage universel. Mais ils peuvent également apparaitre comme partisans s'ils manipulent les données, manquent de transparence et s'ils ne sont pas indépendants du pouvoir politique et économique.

Qu'est-ce qu'un répertoire d'actions politiques ?

Afin d'agir, l'ensemble des acteurs politiques disposent d'un « répertoire d'actions ».
Il s'agit de toutes les formes de participation à la vie politique qui lui sont accessibles. Ces modes d'action n'ont pas tous le même impact et ne sont pas utilisés par les mêmes acteurs. 
Dans le répertoire d'actions actuel, on trouve par exemple les manifestations, les pétitions, les grèves, le vote, le militantisme, la consommation engagée, le boycott...

Environnement : c'est quoi « l'affaire du siècle » ? - Vidéo

Environnement : c'est quoi « l'affaire du siècle » ? - Questions

1. Expliquez ce qu'est l'inaction climatique de la part de l'État ? En quoi cela relève-t-il d'une défaillance politique ?
2. Que cherche à obtenir cette campagne associative ? 
3. Quel est le poids politique d'une pétition citoyenne ?

Comprendre : l'arrivée d'Internet déstabilise les acteurs traditionnels de la vie politique

Fox News accepte de payer 787,5 millions de dollars pour éviter un procès en diffamation à propos de sa couverture de l’élection de Joe Biden - Article

« Le procès en diffamation du siècle »,comme l’a qualifié leNew York Times, n’aura pas lieu. Et pour cela, la chaîne américaine Fox News paiera 787,5 millions de dollars (718 millions d’euros environ) à l’entreprise de machines de vote électronique Dominion, afin de ne pas passer devant les tribunaux à propos de sa couverture controversée de l'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis.
« Nous sommes heureux d’être parvenus à un règlement de notre différend avec Dominion Voting Systems », a déclaré, dans un communiqué, la chaîne préférée des conservateurs américains, peu après l’annonce, mardi 18 avril, d’un accord de dernière minute entre les parties par le juge qui devait présider le procès devant une cour supérieure de l’Etat du Delaware.
Avant même les débats, la procédure avait donné lieu à un déballage embarrassant pour Fox News, avec la publication d’échanges de courriels ou de SMS montrant que des vedettes de la chaîne, et même le grand patron, Rupert Murdoch, ne croyaient guère, en novembre 2020, au scénario d’une élection truquée, pendant que les accusations faisaient florès à l’antenne.
« Les mensonges ont des conséquences », a assuré l’avocat de la société Dominion, Justin Nelson, en annonçant publiquement le fameux montant que Fox News a accepté de verser. L’entreprise qu’il défend réclamait au départ 1,6 milliard de dollars, soit plus du double de ce qu’elle touchera.
John Poulos, le patron de Dominion, a déclaré que Fox News avait« admis avoir raconté des mensonges » qui ont« causé de dégâts énormes à mon entreprise, nos employés et nos clients ».« Rien ne peut réparer cela », a-t-il ajouté.

Rupert Murdoch ne passera pas à la barre

La chaîne a dit, de son côté,« prendre acte d’une décision de la cour jugeant fausses certaines affirmations concernant Dominion », alors que le juge avait déclaré dans une ordonnance du 31 mars qu’il était« clair comme de l’eau de roche qu’aucune affirmation sur Dominion lors de l’élection de 2020[n’était]vraie ».
Cet accord évite à Rupert Murdoch, 92 ans, dont Fox News est la chaîne-phare de l’empire médiatique, la perspective de devoir peut-être témoigner à la barre. La sélection du jury avait pris fin mardi et les débats devaient commencer dans la foulée.
L’entreprise Dominion, dont les machines fonctionnaient dans vingt-huit Etats pendant la présidentielle remportée par Joe Biden, était la bête noire de la garde rapprochée de Donald Trump, accusée à longueur d’antenne et sans preuve d’avoir servi à truquer le scrutin. Nombre d’électeurs de Donald Trump croient encore aujourd’hui que l’élection leur a été volée, et le paroxysme de cette contestation a été atteint le 6 janvier 2021, quand des milliers de ses partisans ont attaqué le Capitole, cœur de la démocratie américaine, pour bloquer la certification des résultats du scrutin de novembre 2020.
Si le dossier judiciaire était jugé solide, l’entreprise devait encore établir une volonté délibérée de mentir chez Fox News et le jury devait se prononcer à l’unanimité pour une condamnation.

Liberté d’expression

Le procès était très attendu aux Etats-Unis, où il était vu comme un test pour les limites de la liberté d’expression, garantie par le premier amendement de la Constitution, tout autant que pour la lutte contre la désinformation. Incontournable dans le camp conservateur mais régulièrement accusée de se faire l’écho de théories conspirationnistes, Fox News jouait gros et voulait faire du procès un cas emblématique de la liberté de la presse. Pour la chaîne, il était légitime de donner la parole au camp Trump quand il contestait le vote et« essentiel pour la recherche de la vérité » de laisser s’exprimer toutes les parties.
Mais Dominion s’appuyait sur les discussions internes pour soutenir que Fox News mentait à dessein, pour ne pas perdre ses téléspectateurs acquis à Donald Trump. Un« truc vraiment fou. Et dommageable », écrivait ainsi, en novembre 2020, Rupert Murdoch à la patronne de Fox News, Suzanne Scott, à propos des accusations trumpistes de fraudes.
« Il faut la virer », disait aussi l’une des vedettes de la chaîne, Tucker Carlson, en parlant d’un tweet d’une journaliste de Fox News qui balayait les accusations de fraude.« Cela nuit considérablement à l’entreprise. Le cours de l’action est en baisse. Ce n’est pas une blague », ajoutait-il. Fox News accusait Dominion d’avoir procédé à une sélection tronquée et biaisée des messages.
Source :Le Mondeavec AFP, 19 avril 2023.

Facebook influence-t-il les élections ? - Vidéo

Facebook influence-t-il les élections ? - Questions

1. Peut-on faire changer d’opinion politique un citoyen ?
2. Quelle est la stratégie utilisée par les réseaux sociaux ?
3. Qui est Paul Lazarsfeld ?

Qui sont les lobbys ? - Vidéo

Qui sont les lobbys ? - Questions

Après avoir regardé la vidéo sur les lobbys, répondez aux questions suivantes.
1. Dans quels domaines les lobbys sont-ils très puissants ? Pouvez-vous citer des exemples ?
2. Quel est leur pouvoir dans le domaine politique ? Quelles sont les aberrations qui peuvent en découler ? 
3. Combien de lobbys existent-ils en Europe? Sont-ils une chance ou une menace pour la démocratie?

Aller plus loin

Politest, le test pour se positionner politiquement - Site

Bienvenue sur le site du Politest !
Vous trouvez qu'on paye trop d'impôts ? Ou pas assez ? Vous estimez qu'on devrait taxer massivement les profits des banques ?  Vous estimez que la mondialisation permet à des millions de personnes dans le monde de sortir de la pauvreté ? Qu'il faut dire non à l'Europe ?  Vous pensez qu'il faut légaliser le cannabis pour mettre fin aux réseaux mafieux ? Ou multiplier les interdits ?  Vous trouvez que la présence de la police génère plus de tension que d'apaisement ?  Que l'intégration pose problème pour certains immigrés ?  Vous jugez que ce qui fait l'identité nationale, c'est une langue, un patrimoine culturel, un art de vivre et des racines chrétiennes ?
Alors, de droite ou de gauche ? Plutôt extrême ou plutôt centre ? Au fond, êtes-vous si sûr de votre appartenance politique ? Méfiez-vous des évidences et des habitudes de pensée !
Êtes-vous de droite ou de gauche ? est le livre inspiré du Politest. Vingt thèmes traités, 500 positions, des impôts à la mondialisation en passant par l'Europe ou l'éducation, les profils des partis politiques, les origines de la gauche et de la droite... Indispensable pour s'y retrouver dans le paysage politique !
Le Politest est un aperçu de ce qui figure dans ce livre : un test en 12 questions qui vous permettra de vous faire une première idée de votre positionnement politique.
(Egalement disponible en format poche aux éditions J'ai Lu.)

La crise de confiance dans les partis politiques, une spécificité française ? - Article

En février 2021, d’après le baromètre annuel du CEVIPOF, seulement 16 % des Français déclaraient avoir confiance dans les partis politiques, ce qui place les partis loin derrière toutes les autres organisations, y compris celles qui sont les plus mal notées comme les réseaux sociaux (17 %), les médias (28 %) ou les syndicats (32 %).
Comment expliquer un tel manque de confiance ? Le cas français est-il unique ou au contraire généralisable à l’ensemble de l’Europe ?
Nous allons voir que les comparaisons européennes, notamment les enquêtes European Values Study (EVS) dont la dernière vague a été réalisée en 2017, permettent d’apporter des éléments de réponse en révélant à la fois des éléments de convergence entre les pays européens et des dynamiques propres à la France.

Une défiance généralisée ?

Comme le montrent les données de l’eurobaromètre (graphique 1), la France fait partie des pays où le niveau de confiance dans les partis politiques est nettement plus faible qu’ailleurs (nous n’avons gardé que sept pays pour des raisons de lisibilité). De plus, la confiance a tendance à rester stable, voire à augmenter dans certains pays (comme en Allemagne), ce qui n’est pas le cas en France, où la confiance s’érode malgré des phases de hausse comme en 2007 ou en 2012.
L’eurobaromètre a cependant pour inconvénient d’utiliser une question qui ne comporte que deux modalités de réponse (plutôt confiance et plutôt pas confiance). Avec quatre modalités (grande confiance, certaine confiance, peu de confiance ou pas confiance du tout), l’enquête européenne sur les Valeurs (EVS) permet d’isoler les individus qui expriment une défiance absolue (« pas confiance du tout »), ce qui n’est pas la même chose que d’avoir une méfiance relative, cette dernière pouvant être considérée comme normale dans une démocratie où l’esprit critique doit prévaloir.
Dans la dernière vague de l’EVS (2017), la proportion de ces « défiants absolus » s’élève à 45 % en France. Avec un tel chiffre, la France se situe très au-dessus de la plupart des pays d’Europe de l’Ouest où la méfiance absolue est généralement très faible (et même quasiment négligeable dans certains pays nordiques).
Ajoutons que, entre 2008 et 2017, la part des personnes qui répondent « pas du tout confiance » est plutôt stable. On relève même une baisse dans quelques pays (Finlande, Autriche, Allemagne), ce qui montre que la défiance n’est pas en hausse partout en Europe. Là encore, la France fait figure d’exception puisque la défiance absolue a connu une forte hausse, passant de 31 % à 45 %.

Une crise de l’adhésion ?

Si la crise de confiance n’est pas généralisée, qu’en est-il de l’adhésion ? Peut-on dire que les citoyens européens désertent les partis politiques ?
D’après les EVS, les taux d’adhésion sont en général assez faibles et dépassent rarement 5 %, sauf dans quelques pays (tableau 1). Les partis mobilisent donc peu et la tendance de l’adhésion est plutôt à la baisse. En Allemagne et en Norvège, par exemple, un net décrochage s’est produit au cours du temps, ce qui tient sans doute aux difficultés que connaissent les partis sociaux-démocrates européens.
En France, le taux d’adhésion est particulièrement bas (2 % en 2017) et il a peu évolué depuis 1981. La France fait donc partie des pays où l’engagement dans les partis politiques est plus faible qu’ailleurs.
À la lumière du cas français, il est tentant de rapprocher les taux d’adhésion du degré de confiance dans les partis politiques : se pourrait-il que le niveau d’adhésion soit lié au manque de confiance ?
En réalité, ce rapprochement n’est guère pertinent. Certes, les taux d’adhésion sont souvent plus élevés dans les pays qui affichent une faible défiance envers les partis mais la corrélation n’est pas évidente (graphique 3). Pour des niveaux de défiance comparables, on peut trouver des taux d’adhésion très différents, et vice-versa. Les adhésions dépendent donc assez peu de la perception par les opinions publiques, même si cela peut jouer dans certains cas comme en France.

La faiblesse structurelle des partis politiques

Pourquoi les niveaux d’adhésion sont-ils généralement peu élevés ? Dans son ouvrage majeurLa logique de l'action collective(1965), l’économiste américain Mancur Olson explique que les mouvements collectifs ne peuvent prospérer et durer que s’ils parviennent à offrir des rétributions sélectives à leurs membres.
Par rétribution sélective, Olson entend les avantages individuels accordés aux adhérents. Ces rétributions servent à compenser les coûts de l’adhésion (monétaires, temps passé, difficulté de se justifier, dénigrement, voire risques physiques dans certains cas).
Les rétributions sélectives créent une puissante motivation personnelle pour adhérer. Par exemple, un étudiant a tout intérêt à adhérer à l’association des anciens élèves pour bénéficier de son carnet d’adresses.
Cette thèse d’Olson est précieuse pour comprendre la faiblesse structurelle des partis politiques, ainsi que leur relatif déclin.
Alors que les associations peuvent aisément proposer des rétributions sélectives (par exemple des voyages, ou des réductions pour assister à des spectacles), il n’en va pas de même pour les partis politiques. Par définition, ceux-ci visent des biens collectifs : ils proposent des programmes d’action publique qui ne sont pas individualisables.
Lorsqu’un parti arrive au pouvoir, il met en œuvre un programme qui va bénéficier à tous les citoyens, qu’ils soient ou non membres du parti. C’est pourquoi personne n’a intérêt à adhérer. C’est ce qu’Olson appelle le phénomène du passager clandestin : chacun a intérêt à rester chez soi et à miser sur l’engagement d’autrui.

Les partis ont plus de mal aujourd’hui

Naturellement, les partis politiques ne sont pas comparables à des associations. Leur création résulte des grands clivages qui traversent les sociétés. Ils correspondent donc à des luttes d’intérêts ou d’idées qui constituent de puissantes sources de mobilisation.
Il n’en reste pas moins que, pour entretenir et développer les adhésions, les partis ne peuvent faire autrement que de proposer diverses rétributions, à la fois symboliques et matérielles.
Au temps de sa gloire, le Parti communiste français avait ainsi su créer de véritables écosystèmes (les « banlieues rouges ») qui lui permettaient d’accorder d’importants avantages à ses adhérents.
Outre les avantages matériels (formation, emplois, logements sociaux, subventions), il fournissait des rétributions symboliques telles que la fierté (légitimée par le soutien des intellectuels et des artistes) et la sociabilité. Il avait aussi, à l’inverse, la capacité d’exclure de la vie sociale tous ceux qui auraient la mauvaise idée de le critiquer, y compris parmi lesdirigeants.

La législation fragilise les partis

Mais les temps ont changé. Les possibilités de distribuer des avantages se sont fortement réduites avec la lutte contre la corruption et le clientélisme.
Tel est le paradoxe de notre époque : la législation qui entend moraliser la vie publique fragilise aussi les partis. Davantage contrôlés, les partis doivent faire preuve de transparence et ne peuvent plus utiliser leurs ressources à leur guise, comme on a pu le constater avec l’affaire Fillon ou avec les affaires d’emplois fictifs au Parlement européen. 
Même pour l’accès aux informations politiques, qui pouvait autrefois rendre l’adhésion attractive, les partis sont dépassés. Cette fonction de socialisation politique, qui a été poussée le plus loin par les communistes à travers les écoles de cadre, a été rendue obsolète par les médias et les réseaux sociaux.
Si l’on ajoute à cela que, dans nos sociétés contemporaines de prospérité et d’abondance, les individus trouvent plus de satisfaction à investir dans les loisirs ou la culture, ou dans des activités plus valorisées comme les associations, on comprend que la situation des partis politiques soit devenue délicate.

La culture républicaine française valorise peu les mouvements collectifs

Si les dynamiques contemporaines ne facilitent pas l’engagement partisan, on peut penser que les difficultés sont encore plus fortes en France pour cinq raisons.
La première est le poids de la culture politique façonnée par l’histoire. Les partis souffrent en effet d’un manque de considération qui découle de deux éléments. Le premier est la condamnation du fait collectif au nom de l’intérêt général par la loi Le Chapelier de 1971, loi qui a interdit les corporations perçues comme un attribut de l’Ancien régime.
Le second est la crainte récurrente de voir les organisations devenir séditieuses. C’est ainsi que la loi sur les syndicats (1884) et celle sur les associations (1901) visaient surtout à contrôler les milieux révolutionnaires et les congrégations religieuses, contrôle qui a été complété en janvier 1936 par la loi sur la dissolution des milices et les groupes de combat, régulièrement activée par les gouvernements pour dissoudre les mouvements jugés dangereux.
De ce fait, la culture républicaine se singularise par une faible valorisation des mouvements collectifs, ce qui rend l’adhésion plus coûteuse pour les individus.
La deuxième raison, en partie liée à la précédente, est la faiblesse du mouvement associatif. Si on reprend les données de l’EVS, on constate que les Français s’engagent peu par rapport à leurs voisins européens : 25 % sont membres d’une association ou d’un syndicat (hors associations sportives), contre 43 % en Grande-Bretagne, 60 % en Allemagne, 70 % en Suisse, 85 % au Danemark ou 88 % en Islande.
Or, d’après l’EVS, c’est dans les pays où l’engagement associatif est le plus élevé que les partis ont souvent le plus d’adhérents (graphique non présenté). Cette corrélation se comprend : l’appartenance à une association renforce les réseaux de sociabilité et constitue un marchepied pour les carrières militantes.
Certains partis européens ont même institué des passerelles étroites avec les syndicats, ce qui n’est pas le cas de la France où les syndicats, animés historiquement par des objectifs politiques, ont refusé les liens organiques avec les partis politiques.

Un modèle civique entre acceptation et contestation

La troisième raison concerne la place de l’État. Construite autour d’un État fort, la société française a valorisé un modèle civique fondée sur une double attitude d’acceptation et de contestation. Les citoyens acceptent de s’en remettre à l’État mais revendiquent la possibilité d’intervenir ponctuellement pour influencer ses décisions (en se revendiquant symptomatiquement d’une démarche « apolitique », ce qui signifie dans la culture française : en dehors des partis politiques).
Cette situation confère à la France une position relativement originale, comme le montre le graphique 4, où l’on observe à la fois une forte défiance envers les partis politiques et un fort niveau d’engagement protestataire (évalué ici par le fait d’avoir participé à des pétitions, des boycotts ou des manifestations légales).
La quatrième raison concerne les recompositions institutionnelles liées à la Ve République. La Constitution de 1958 a abaissé le rôle du Parlement au profit de l’exécutif. Or, les données de l’EVS montrent qu’il existe une étroite corrélation entre la défiance dans les partis et la défiance dans les Parlements nationaux (graphique 5).
C’est assez logique puisque les partis sont historiquement liés au système parlementaire (leur naissance est concomitante). L’affaiblissement du Parlement rejaillit donc naturellement sur les partis, dont le rôle paraît moins évident aux yeux du public, surtout en France où le mode de scrutin majoritaire à deux tours limite le rôle des appareils partisans dans la sélection des candidats.
La cinquième et dernière raison tient à l’évolution de la vie politique au cours des dernières décennies.
Les enjeux liés à l’immigration et à l’insécurité ont bouleversé les clivages politiques en faisant émerger le Front national (devenu Rassemblement national).
Or, si ce parti se caractérise par un rejet des partis traditionnels (la« bande des quatre », selon la formule de Jean‑Marie Le Pen, à savoir le PCF, le PS, l’UDF et le RPR), il est lui-même rejeté par une grande partie de la population, si bien que ce rejet mutuel aggrave la crise de confiance dans les partis.
De surcroît, malgré ses succès électoraux, le RN a été incapable de remplacer le Parti communiste car, contrairement à ce dernier, il souffre d’un manque de relais dans la société civile (les associations lui sont hostiles) et d’une absence de légitimité auprès des intellectuels et des élites, même si des évolutions semblent se dessiner.
Ce manque de relais et de légitimité décuple le coût psychosocial de l’adhésion, coût que le RN peut difficilement compenser par des rétributions sélectives étant donné qu’il occupe une place marginale dans le système politico-administratif.

Un avenir ouvert ?

Les observations qui précédent, loin d’épuiser le sujet, soulignent la nécessité de poursuivre les investigations sur les partis politiques. Si les partis ont déjà subi deprofondes transformations, avec notamment le déclin des partis de masse au profit des partisattrape-tout, leur existence ne semble pas menacée, comme le montre la création de La République en Marche (LREM) pour accompagner la conquête du pouvoir par Emmanuel Macron.
La crise sanitaire actuelle, qui fait suite à la crise financière de 2007-2008 et à la crise migratoire de 2015-2016, laisse cependant augurer une intense période de turbulences et d’incertitude dont l’issue est difficile à anticiper.
Mais les difficultés que connaissent les partis n’enlèvent rien au rôle charnière qu’ils occupent dans la vie politique. La défiance dont ils font l’objet n’est ni mécanique, ni annonciatrice de leur disparition. Tout au plus peut-on relever que l’apparition possible de nouveaux leaders (Eric Zemmour ou le général de Villiers ?) laissent entrevoir de fortes reconfigurations dans le système partisan.

Liens utiles

https://www.liberation.fr/evenement/1998/12/30/les-grands-exclus-du-pcf_254623/

https://www.liberation.fr/evenement/1998/12/30/les-grands-exclus-du-pcf_254623/

https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/francois-fillon-et-laffaire-des-emplois-fictifs-1167582

https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/francois-fillon-et-laffaire-des-emplois-fictifs-1167582

https://www.ina.fr/video/I00005352

https://www.ina.fr/video/I00005352

https://theconversation.com/les-partis-politiques-peuvent-ils-se-relever-des-crises-150763

https://theconversation.com/les-partis-politiques-peuvent-ils-se-relever-des-crises-150763

https://www.lemonde.fr/blog/fredericjoignot/2017/04/24/la-crise-des-partis-traditionnels-des-partis-de-masse-aux-partis-dalternance/

https://www.lemonde.fr/blog/fredericjoignot/2017/04/24/la-crise-des-partis-traditionnels-des-partis-de-masse-aux-partis-dalternance/

Synthétiser et retenir

Concepts étudiés

Parti politique :Un parti politique est un groupement d’individus partageant des valeurs communes et dont l’objectif est la conquête et l’exercice du pouvoir.
Répertoire d’action politique :Un répertoire d'action politique est l'ensemble des moyens d'action politique auxquels les acteurs politiques ont accès à un moment donné de l'histoire.
Société civile organisée :La société civile organisée désigne l’ensemble des groupements d’individus qui contribuent à la vie politique, en dehors des partis politiques et des médias. Ce sont principalement les associations, les syndicats et les lobbys.

Le rôle de chaque acteur de la vie politique - Exercice de synthèse

Réalisez une carte mentale pour résumer le rôle de chaque acteur de la vie politique.

S'entraîner

Identifiez les acteurs de la vie politique - Exercice

Reliez actions et acteurs politiques - Exercice

La confiance dans les partis politiques en Europe - Questions

En vous basant sur le graphique de la confiance dans les partis politiques en Europe, répondez aux questions suivantes.
1. Quel constat peut-on dresser sur l'évolution de la confiance dans les partis politiques en Europe ? 
2. Comment peut on situer la France dans le contexte européen ?