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Quel est l’effet de la qualification sur le salaire perçu et le risque de chômage ?

1. Faites une phrase avec les données concernant les individus sortis depuis 1 à 4 ans de formation...

Sommaire

Pour commencerLe taux de chômage selon le niveau de diplôme - QuestionsLe taux de chômage selon le niveau de qualification - QuestionsLe salaire selon le niveau de diplôme - DonnéesLe salaire selon le niveau de diplôme - QuestionsNiveau de salaire des bac+2 et plus - Questions
Comprendre : chômage, salaire, formation et qualification sont liésLe manque de qualification est une cause de chômageLe chômage peut aussi être dû à une inadéquation entre l'offre et la demande de qualificationsLe salaire est déterminé par le niveau de formation
Aller plus loin : mutations du monde du travail
Absurdes et vides de sens : ces jobs d’enfer - Article
« Ce métier impossible à définir en une phrase »
Bureaucratisation accélérée
« L’équivalent de la chaîne de montage au bureau »
Une profession reconnue socialement
Liens utiles
« Donner un sens à son travail » : ces cadres racontent leur reconversion dans un métier vert - Article
Les personnes les plus diplômées ne veulent plus de CDI - Article
Liens utiles
Synthétiser, s'entraîner et retenirLes effets du niveau de qualification sur le chômage et le salaire - Exercice de synthèse
S'entraînerLe type de contrat selon l'âge - ExerciceLes salaires dans le BTP - Exercice

Pour commencer

Le taux de chômage selon le niveau de diplôme - Questions

1. Faites une phrase avec les données concernant les individus sortis depuis 1 à 4 ans de formation initiale.
2. Comparez le taux de chômage des personnes sans diplôme et des personnes ayant au moins un Bac +2 dans l'ensemble de la population. Pour ce faire, calculez la différence ou le coefficient multiplicateur et faites une phrase avec le résultat obtenu en soignant votre formulation.
3. Que peut-on dire du lien entre taux de chômage et niveau de diplôme ?
4. Comment expliquer cela d'après vous ?

Le taux de chômage selon le niveau de qualification - Questions

1. Quelles sont les deux catégories socio-professionnelles où le chômage est le plus élevé ? Citez des données avec soin.
2. Quelle est la catégorie socio-professionnelle où le chômage est le moins élevé ?
3. Comment expliquer ce constat, d'après vous ?

Le salaire selon le niveau de diplôme - Données

Le salaire selon le niveau de diplôme - Questions

1. Faites une phrase avec les données relatives aux personnes sans diplôme et aux personnes ayant au moins un bac +3.
2. Comparez ces deux données à l'aide d'un calcul simple.
3. Que dire du lien entre niveau de diplôme et salaire ?
4. D'après vous, comment expliquer cet écart ?

Niveau de salaire des bac+2 et plus - Questions

1. Quel est le nombre d'années d'étude d'un étudiant diplômé d'une grande école ? Et d'un master universitaire ?
2. Comparez leurs niveaux de salaire.
3. Comment expliquer cette différence ?

Comprendre : chômage, salaire, formation et qualification sont liés

Le manque de qualification est une cause de chômage

La meilleure protection contre le chômage, c'est de poursuivre vos études !
Le manque de qualification est une cause de chômage. On entend ici par qualification la qualification individuelle, c'est-à-dire l'ensemble des connaissances académiques et professionnelles d'un individu, qui reposent sur sa formation, mais aussi sur son expérience, ses qualités personnelles comme la capacité d'animer des équipes par exemple.
Concernant le niveau de formation, on voit en effet que les personnes peu ou pas diplômées sont davantage touchées par le chômage. Les entreprises seraient en effet plus réticentes à embaucher un individu non diplômé, car le manque de diplôme attesterait le manque de qualification et donc de productivité.

Le chômage peut aussi être dû à une inadéquation entre l'offre et la demande de qualifications

Si les moins diplômés sont plus au chômage, c'est aussi dû aux évolutions des emplois ces dernières décennies. En effet, des emplois peu qualifiés sont détruits, car délocalisés ou remplacés par des robots grâce aux progrès techniques. Ainsi, les moins diplômés trouvent plus difficilement un emploi car il n'y a plus assez d'emplois peu qualifiés à pourvoir.
Le chômage peut donc être dû à une inadéquation entre les qualifications offertes par les candidats et celles demandées par les entreprises.

Le salaire est déterminé par le niveau de formation

Le niveau de diplôme détermine le salaire perçu. En effet, les employeurs seront prêts à verser des salaires plus élevés à ceux qui détiennent les meilleurs qualifications, d'autant plus si ces qualifications sont rares et/ou très recherchées. Le salaire aura alors logiquement tendance à augmenter avec le niveau de formation et donc de qualification.

Aller plus loin : mutations du monde du travail

Absurdes et vides de sens : ces jobs d’enfer - Article

Qui sait à quoi consacre ses journées un consultant en concertation ? Et unchief of happiness officer (« responsable du bonheur » dans une entreprise) ? Ou encore le manageur du management ? Il est facile et tentant de moquer la profusion de ces métiers aux contours mal définis, connus pour distiller une bonne dose d’ennui et parfois une sorte de mal-être. Encore plus tentant de s’en gargariser dans une ère de chômage de masse.
Impossible, pourtant, d’ignorer la progression de ce nouveau « mal » de l’époque, qui gagne de plus en plus de jeunes salariés et que les musiciens de Fauve avaient décrit dès 2013.Sainte-Anne, l’un de leurs premiers succès, se penchait sur la vie de bureau avec acuité, comme en terrain de connaissance.« A l’époque, on avait tous des boulots de gens qui ont fait de longues études, la journée derrière l’écran, partis sur des rails pour quarante ans, sans trop de sens », rappelle aujourd’hui l’un des membres du collectif français (dont on n’aura ni le nom ni le prénom, puisqu’ils ont pour principe de rester anonymes).« Des centaines de gens nous ont écrit en nous disant qu’ils se retrouvaient beaucoup dans ce titre »,ajoute-t-il.

« Ce métier impossible à définir en une phrase »

Ces « gens », ce sont ces aimables inconnus qui deviennent soudain inintelligibles quand survient, au détour d’une conversation, la question :« Tu fais quoi dans la vie ? »Leur réponse, des tentatives d’explications mâtinées d’anglicismes, eux-mêmes imbriqués dans un langage commercio-managérial, est généralement suivie d’un grand silence. Cet autre, au travail apparemment absurde, n’est pas juste amputé de sa capacité de vulgarisation, il souffre d’un syndrome de plus en plus répandu dans le secteur de l’économie tertiaire : il occupe un emploi dénué de sens. Un job à la con, oubullshit job,en version originale.
A 27 ans, barbe de trois jours et chemise à carreaux, Paul Douard a déjà eu le temps de changer de vie. Bonne école de commerce, embauche dans une agence de communication, tout allait bien. Et là, lebullshit job, « ce métier impossible à définir en une phrase, ou même en moins de cinq minutes ». « Quand j’étais étudiant, l’été, j’étais déménageur et j’adorais ça. Le matin, il y avait une pièce pleine de meubles, le soir elle était vide, j’étais crevé, mais on voyait le camion et la famille partir, et tout ça avait du sens. »
  « Je ne travaillais que sur des choses dont je ne voyais jamais la fin, j’étais perdu au milieu de la chaîne de production. » Paul Douard, ex-employé d’une agence de communication
Peut-être garde-t-il un souvenir un peu enjolivé de ses journées à porter des cartons, peut-être, aussi, ne l’a-t-il pas fait assez longtemps pour en éprouver la fatigue et la lassitude. Le « sens », en tout cas, était singulièrement absent de ses journées en entreprise, où s’enchaînaient tâches absurdes et réunions ­toutes les quatre heures, sans parler des centaines d’e-mails auxquels il devait répondre. Des journées dont l’événement le plus important était le déjeuner.« Je ne travaillais que sur des choses dont je ne voyais jamais la fin, j’étais perdu au milieu de la chaîne de production, et j’avais un vrai sentiment de rejet de la part de mes proches quand on me demandait ce que je faisais, je finissais par capituler et dire “tu as raison, je ne comprends même pas ce que je fais”. »
Paul Douard a tenu un an et demi. Il s’est depuis lancé dans le journalisme et ne regrette en rien« ces réunions où j’avais l’impression que mes collègues faisaient juste du bruit avec leur bouche ou ce goût pour les sigles incompréhensibles, comme pour installer une espèce de novlangue d’initiés… » Un vocabulaire qui peut même devenir l’objet d’un jeu comme celui développé par un ancien commercial atteint de « réunionite aiguë » dans sa société et qu’il a appelé le « bingo réunion ».

Bureaucratisation accélérée

Jean a lui aussi fait une prestigieuse grande école en trois lettres, pour aller contrôler la gestion d’une société de transports en quatre lettres.« Le matin, quand j’arrive, il y a un ordinateur éteint. Le soir, quand je finis ma journée, c’est à nouveau un ordinateur éteint, ce n’est pas comme un boulanger, ou un charpentier, je n’ai rien fabriqué », explique ce cadre de 38 ans.« Je mets des chiffres dans des cases, et je compte. Parfois, je compte même les cases pour m’amuser. C’est quand même fou le nombre de cases qu’il peut y avoir dans un tableur Excel », feint-il de s’extasier. Il se moque de sa propre ­condition mais, pour l’heure, il continue de regarder passer les trains. Peur du chômage ? De gagner en sens de la vie mais de perdre en niveau de vie ?
« Regardez, maintenant, on parle bien de la “gestion” de ses amis ou de son conjoint avec des phrases comme “j’ai mal géré untel”. » Béatrice Hibou, chercheuse au CNRS
Jobs à la con car tâches à la con, assure Béatrice Hibou, directrice de recherche, spécialisée en économie politique au CNRS, qui constate une bureaucratisation accélérée du monde du travail :« Même nous, les chercheurs, on passe plus de temps à remplir des formulaires, à se conformer à des procédures, à s’envoyer des e-mails dans tous les sens pour prendre des décisions, qu’à vraiment faire de la recherche », regrette-t-elle.
Entre la logique de compétitivité, qui nécessite une évaluation permanente, et celle de sécurité, qui entraîne une explosion des normes, on assiste à une extension du domaine du management, et de son vocabulaire qui s’infiltre partout.« Regardez, maintenant, on parle bien de la “gestion” de ses amis ou de son conjoint, avec des phrases comme “j’ai mal géré untel”,poursuit Béatrice Hibou. On utilise des outils de planification d’entreprise pour notre vie personnelle, comme le Doodle pour organiser une soirée ou un week-end… »
En 2013, la même année que le succès des Fauve, c’est un article signé de David Graeber, « Sur le phénomène des jobs à la con », qui avait conceptualisé lesbullshit jobs. Anthropologue à la London School of Economics, amateur de pantalons en flanelle et de barricades altermondialistes – il est venu à la rencontre des militants de Nuit Debout, à Paris, à la mi-avril, et était l’un des piliers du mouvement Occupy Wall Street –, ce chercheur américain affirmait que les progrès technologiques, loin de réaliser la prophétie de Keynes, qui imaginait l’avènement d’une semaine limitée à quinze heures travaillées, auraient à l’inverse permis l’explosion et la prédominance du secteur administratif.« Dans la théorie économique du capitalisme(…), la dernière chose que le marché et l’entreprise sont censés faire, c’est de donner de l’argent à des travailleurs qui ne servent à rien, écrit David Graeber.C’est pourtant bien ce qu’il se passe ! La plupart des gens travaillent efficacement probablement pendant quinze heures par semaine, comme l’avait prédit Keynes, et le reste du temps, ils le passent à critiquer l’organisation, organiser des séminaires de motivation, mettre à jour leurs profils Facebook et télécharger des séries TV. »

« L’équivalent de la chaîne de montage au bureau »

L’hebdomadaire libéral britanniqueThe Economista répondu par une charge étayée, rappelant que chaque période a connu ses bullshit jobs, en particulier la révolution industrielle. Avant l’automatisation des tâches, écrit le journal, le quotidien des ouvriers à la chaîne était« terriblement ennuyeux et déplaisant ». Les emplois administratifs ont désormais supplanté les trois-huit, dès lors, rien de surprenant à ce qu’émerge« l’équivalent de la chaîne de montage au bureau. Les premiers passaient leur temps à assembler les pièces, les seconds trient des papiers, gèrent des détails logistiques, etc. Certes, la dématérialisation peut donner une impression de vacuité(…), puisque l’époque où le minerai de fer se transformait en voitures est révolue. Mais l’idée reste la même ». L’automatisation des emplois administratifs soulagerait peut-être les détenteurs debullshit jobs, conclutThe Economist. Mais il y a peu de chance qu’émerge une nouvelle génération de métiers« passionnants et pleins de sens.(…) Il est assez probable que les jobs à la con dans l’administration ne soient qu’une transition entre les jobs à la con dans l’industrie et pas de job du tout. »
Le débat reste ouvert. David Graeber le reconnaît lui-même dans son article, son concept de bullshit jobs n’est pas très précis. Rien de plus subjectif que le sens et sa quête. Mais malgré la polémique, sa thèse gagne du terrain et les esprits. Après lebullshit job, un autre néologisme est apparu pour décrire ces supposées crises d’ennui liées à l’absence de sens au travail : lebore-out, par opposition au « burn-out » propre aux excès de travail.
« On fait de bonnes études avec l’impression qu’on a plein de choses à dire au monde, et on arrive sur le marché du travail dans de grandes sociétés où on est juste un tout petit maillon de la chaîne. » Anne
Cette génération de consultants hyperspécialisés et autres chefs de projet a quand même des traits communs : ils ont souvent fait de longues études supérieures et leur crise survient en général au moment de devenir senior à leur poste. Anne, une trentenaire au carré fraîchement coupé, décrit bien ce mécanisme.« On fait de bonnes études avec l’impression qu’on a plein de choses à dire au monde, et on arrive sur le marché du travail dans de grandes sociétés où on est juste un tout petit maillon de la chaîne, avec notre badge, notre petit bureau “open space” dans la tour immense, et la machine à café comme seul horizon. On se sent un peu arnaqués. »Plutôt que d’accepter que« ça sera vraiment ça toute notre vie », ils déploient alors des trésors d’inventivité pour aller chercher ailleurs un sens qu’ils ne trouvent plus. Il y a trois ans, Anne s’est lancée dans des études de sociologie. Pour nombre de ses ­congénères, cela se traduit par une avalanche de reconversions artistiques, de tours du monde, ou d’entrepreneuriats en tout genre, du miel bio à la chaussure péruvienne.

Une profession reconnue socialement

Ou encore de départs chez Emmaüs. Valérie Fayard, secrétaire générale adjointe de l’association, a lâché un de ces emplois il y a quinze ans, pour devenir bénévole et grimper un à un les échelons. Depuis quelques années, atterrissent sur son bureau les excellents CV de ces jeunes diplômés en quête de sens. Ils n’ont jamais été aussi nombreux, dit-elle.« Ma contrôleuse de gestion a exactement ce profil, elle vient du cabinet d’audit KPMG et voulait autre chose que “marge, profit, actionnaire”. Elle a divisé son salaire par deux, mais le sens et le bonheur d’avoir une profession reconnue socialement, qu’elle peut facilement expliquer dans une soirée, ça n’a pas de prix. »
Quant aux musiciens de Fauve, ils ont refusé de devenir les porte-parole de la « génération bullshit ». Ils ne jouent plusSainte-Anne dans leurs concerts et bientôt, ils ne vont plus jouer du tout. Après trois années de succès, le collectif est en voie de dissolution. « On ne veut pas que ça devienne une routine : à notre premier concert à Paris, on était malades de stress. Maintenant, un concert devant des milliers de personnes, c’est comme aller au supermarché. » Si même le métier de rock star devient unbullshit job…
Source :Le Monde, Lorraine de Foucher, 21 avril 2016.

Liens utiles

https://www.youtube.com/watch?v=WDGMXjUMSKg

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https://www.bingoreunion.fr/

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https://strikemag.org/bullshit-jobs/

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« Donner un sens à son travail » : ces cadres racontent leur reconversion dans un métier vert - Article

Est-il possible de concilier emploi stable et actions en faveur de l’environnement ? C’est une question que se posent de plus en plus de cadres, qui ne mettent plus nécessairement le confort financier au centre de leurs priorités. Certains passent à l’action, en entamant un parcours de reconversion professionnelle afin d’exercer une activité liée à la transition écologique. Selon une étude de France compétences publiée en ce début d’année 2022, la perte de sens dans son travail constitue la raison la plus partagée des actifs en reconversion, 27% d’entre eux l’évoquant. Ainsi, les cadres souhaitant changer de métier ou d’entreprise pour agir en faveur de l’environnement sont chaque année plus nombreux. D’autant que le secteur offre de bonnes perspectives d’emploi. “Il y a énormément de domaines d’activité qui sont en train de bouger, avance Laura Genevois, fondatrice et présidente de Mon job de sens. Par exemple, le secteur du bâtiment durable se développe grandement et de plus en plus de formations se créent.” L’habitat, la rénovation, la question de l’économie d’énergie ou encore les métiers autour de l’assainissement de l’eau sont autant de domaines considérés comme des secteurs d’avenir.
A travers Mon job de sens, une organisation d’utilité sociale qui propose un bilan de compétences dédié à l'emploi dans la transition écologique et solidaire, Laura Genevois s’adresse à tous les actifs souhaitant s’engager en faveur de la planète mais n’ayant pas encore identifié le poste qu’ils pourraient exercer. “Beaucoup viennent à nous par rapport à l’urgence climatique et écologique, et souhaitent exercer une profession ayant un vrai impact sur l’environnement”, détaille la formatrice. Le parcours dure trois mois à raison d’un rendez-vous par semaine, pouvant prendre la forme d’un entretien individuel, d’un coaching collectif ou d’une formation sur un sujet précis, notamment pour découvrir les différents acteurs du domaine environnemental. “On ouvre ainsi des pistes vers des structures publiques, privées ou associatives qui pourraient convenir aux participants”, explique Laura Genevois. Capital a échangé avec Bertrand, Marc, Clémentine et Nelsina, quatre anciens cadres passés par Mon job de sens avant de changer de vie. Voici leur parcours, les grandes étapes qu’ils ont traversées et les conséquences de leur virage professionnel sur leur quotidien.
Un “déclic” pour changer de vie
Le désir de s’engager pour l’environnement peut survenir au terme d’une longue réflexion autour de la question environnementale, ou faire l’objet d’un déclic suite à une prise de conscience des enjeux climatiques. Bertrand, un ancien ingénieur dans l’industrie manufacturière, pétrole et nucléaire de 37 ans, en a fait l’expérience à son retour en France après cinq ans passés au Québec : “j’ai eu une grosse claque écologique après avoir suivi les conférences de Jean-Marc Jancovici, qui propose un cours aux mines de Paris pour les ingénieurs. Il explique toute la problématique de l’énergie et du climat, vers où le monde va et ce qu’il faut faire pour changer les choses.” Chez Marc, ingénieur dans le marketing pour une multinationale durant vingt ans, l’envie de se reconvertir dans un métier durable s’est étalée sur un temps long. Pendant sept ans, l’ancien ingénieur s’est mis en temps partiel pour pouvoir s’engager dans une association en faveur de l’agriculture biologique et de l’énergie. “Le grand écart entre la partie professionnelle dans le marketing, qui revient à consommer plus et pas forcément mieux, et le fait de vouloir verdir l’économie était de plus en plus difficile à tenir”, relate Marc. La perspective de la reconversion s'est également effectuée progressivement pour Clémentine, 30 ans, qui faisait de l’audit interne dans un grand groupe depuis sa sortie d’école de commerce. “J’aimais mon métier, mais très rapidement s'est posée la question du sens. J’avais toute cette dimension personnelle environnementale qui prenait de plus en plus de place dans ma vie quotidienne, j'étais notamment bénévole chez Zéro Waste France.” Un engagement qui est finalement devenu une priorité, et qui l’a poussé à entamer sa reconversion professionnelle.
Faire le point pour savoir vers où aller
Une fois le déclic survenu se pose la question de l’orientation. Comme après le passage du baccalauréat, il faut trouver une voie vers laquelle se diriger. Mais contrairement à l'époque du lycée, les cadres en reconversion ont acquis une plus ou moins longue expérience professionnelle, ont développé des compétences et confirmé certains talents. Il peut alors s’avérer utile d’effectuer un bilan de compétences afin de faire le point et de prendre du recul sur ses capacités et aspirations. “La première étape est de se poser les bonnes questions, car il y a une infinie possibilité dans les métiers verts”, conseille Laura Genevois. La personne doit clarifier d’un côté ce qui lui convient dans la situation actuelle, et de l’autre se demander ce qui doit vraiment changer.”
Les personnes qui n’arrivent pas à se poser ces questions seules peuvent avoir besoin d’être guidées. Bertrand, comme les autres cadres interrogés, s’est dirigé vers Mon job de sens pour être accompagné dans ce moment crucial. “J’avais déjà fait des bilans de compétence par le passé mais je voyais qu’il manquait quelque chose dans la démarche, ça n'allait pas assez en profondeur. Avec ma prise de conscience écologique, je cherchais un travail qui ait du sens.” Clémentine, de son côté, savait qu’elle souhaitait travailler dans le domaine du zéro déchet et de l’environnement au sens large, mais ne parvenait pas à cibler un métier en particulier. “Avec la pression familiale qui me faisait douter du fait de quitter mon emploi et le greenwashing très présent dans la société, j’étais parfois perdue. Je me suis dit qu’il fallait que je prenne mon temps et que je sois accompagnée.”
Clémentine a ainsi intégré Mon job de sens, coaching qui l’a aidé à cibler qui elle était, de quoi elle avait réellement envie et ce dont la société et les entreprises avaient besoin. “Cet accompagnement m’a beaucoup aiguillée dans une période où je doutais de moi et avais du mal à oser”, se souvient Clémentine. De son côté, Nelsina, 43 ans, a trouvé sa voie durant son coaching. Au fil des ateliers organisés chaque semaine par Mon job de sens, elle s’est rendue compte qu’elle voulait devenir “facilitatrice de la transition écologique”, c’est-à-dire apporter un accompagnement sous un certain format pour que les particuliers ou entreprises engagent une transition écologique. “J’ai eu comme une révélation, cela coulait de source”, assure cette ancienne gestionnaire de projet au sein de la filière qualité de Carrefour.
Le moment du changement
Après avoir dressé un bilan de leurs envies et compétences et fixé un cap, vient le moment de passer à l’action. Au fur et à mesure de son coaching chez Mon job de sens, Bertrand s’est rendu compte de son besoin d’autonomie et a décidé de se lancer dans l'entrepreneuriat. Il a conservé son statut d’ingénieur, mais cette fois pour servir la planète au travers de la réalisation de bilan carbone pour les entreprises. Le réseau professionnel qu’il a construit au fil de sa carrière, notamment du côté des PME (petites et moyennes entreprises), lui a été d’une grande aide au lancement de son projet. Et le pari est réussi. “Sur ma première année d'activité, j’ai réussi à faire un salaire comme si j’étais en CDI dans une entreprise.” Non seulement le fait de se mettre à son compte n’a pas entraîné une baisse de ses revenus, mais Bertrand est aujourd’hui épanoui : “En tant qu’ingénieur, je voulais que mes actions aient de l’impact. Je me rends compte que j’en ai aujourd’hui, que je fais ouvrir les yeux à des gens qui ne connaissent pas le sujet et qui ont envie de changer leur business modèle pour se rendre plus résilient avec le monde de demain.” Pour Nelsina, le virage s’est amorcé grâce à une opportunité. “Un couple d’amis m'a dit qu’il quittait la région pour s’installer dans une ferme pédagogique, afin de créer une association”, raconte-t-elle. Cette association “agit en faveur de la reconnexion des humains à la terre, à la nature et à la ruralité”. Elle a commencé chez eux en tant que bénévole et n’est pas repartie. Aujourd’hui, elle travaille sur le volet communication et animation de l’association.
Pour Marc, il s’agissait d’oser réaliser un projet qui l’avait animé dix ans plus tôt. “Je voulais mettre en œuvre des actions concrètes pour permettre d’aider les particuliers à réduire leur consommation d’énergie et augmenter leur bien-être dans leur logement”, relate l’ancien ingénieur. Il prend alors la décision de quitter son emploi et de commencer une nouvelle aventure en tant que thermicien dans une CAE (coopérative d’activité et d’emploi). Il réalise des audits de logement, en maison individuelle ou en collectif et est également formateur au sein de la structure de Dorémi Rénovation, pour former les artisans à la rénovation complète et performante. Clémentine, de son côté, a misé sur l’audace, en postulant au SMICVAL (syndicat mixte intercommunal de collecte et de valorisation des déchets du Libournais Haute Gironde), alors qu’elle n’avait aucune expérience dans le secteur. La motivation de Clémentine a fini par payer : elle pilote désormais un certain nombre de communes engagées dans une démarche de réduction des déchets. Elle s’occupe également du sujet de la réduction du plastique à usage unique dans l’ensemble du territoire.
La formation, un passage obligatoire ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est pas indispensable de passer par l’étape formation dans le cadre d’une reconversion professionnelle dans les métiers durables. Laura Genevois en atteste : “on accueille beaucoup de personnes ayant un syndrome de l’imposteur ; comme elles changent de secteur, elles se disent qu'elles ne peuvent pas y arriver et que la formation va les aider. Elles pensent que les formations les plus grandes, les plus longues et les plus chères vont leur donner de la légitimité.” Pourtant, selon la fondatrice de Mon job de sens, la formation représente parfois une perte de temps et d’argent. “Par exemple, quelqu’un qui a vendu des aspirateurs toute sa vie et qui se reconvertit dans la rénovation énergétique des bâtiments va pouvoir utiliser son talent commercial. La partie théorique sera apprise sur place.” Il est en revanche parfois nécessaire de suivre une formation lorsque la reconversion implique un changement de métier et requiert la maîtrise de certains outils. C’est le cas de Marc, qui a découvert les fondamentaux du bâtiment durable par le biais de Mooc (Massive open online course), des cours en ligne disponibles gratuitement sur Internet, avant de suivre diverses formations pour acquérir des connaissances sur la partie diagnostic et audit. Mais Marc en est conscient : il a encore beaucoup à apprendre, et continuera de se former tout au long de sa carrière : “La suite de la formation a été d’apprendre auprès de mes collègues et de m’auto-former. Il y a des choses dans tous les sens, les notions changent constamment. Par exemple, le diagnostic de performance énergétique a été modifié l’année dernière.”
Clémentine, en revanche, n’a pas eu besoin de suivre une formation avant d’intégrer le syndicat, bien qu’elle ne maîtrisait pas techniquement le domaine de la gestion des déchets. C’est au sein même de sa structure actuelle qu’elle se forme. “J’ai eu tout un temps d'acculturation, de formation en interne. Je réalise aussi beaucoup de formation continue. J’apprends encore tous les jours après trois ans d’exercice”, détaille la jeune femme. Même démarche pour Bertrand, qui s’est lancé sans formation préalable. “Certaines personnes commencent à se former, à faire un site internet, et réussissent à trouver une mission quatre ou cinq mois après. De mon côté, j'ai fait l’inverse : j’ai d’abord trouvé des clients. Ma première approche était de les aider à faire leur bilan carbone sans compétence supplémentaire, ils payaient simplement l’honoraire d'un ingénieur.” Au fur et à mesure de l’année et de ses missions, Bertrand a fait une formation courte sur le bilan carbone et s'apprête à effectuer une nouvelle formation plus poussée pour faire changer les modèles d'entreprises.
Les bénéfices de leur nouvelle vie
Tous sont unanimes : ils sont bien plus épanouis désormais. Bertrand apprécie son nouvel équilibre entre vie professionnelle et personnelle, et ne s’imagine pas retourner à un poste en CDI avec des horaires de cadre. Il peut désormais travailler seulement la moitié de la journée et dédier son après-midi à des missions de bénévolat, en accompagnant des entreprises qui n'ont pas les moyens de payer des consultants pour faire évoluer leur modèle. “Je sais ce qu’il me faut comme salaire et j’ai pas comme ambition de chercher à faire plus. Je prône la sobriété donc je ne peux pas chercher à faire un salaire à 200.000 euros.” Clémentine, elle aussi, ne retournerait pour rien au monde à son ancienne vie. “Je n’ai aucun regret, je sais pourquoi je me lève chaque matin. J'adore mon métier et je ne me vois pas faire autre chose tant l’urgence est telle au niveau climatique.” Et bien qu’elle ait légèrement perdu en termes de pouvoir d’achat, elle affirme avoir gagné en qualité de vie. Marc, de son côté, conseille aux cadres souhaitant se lancer de ne pas hésiter, et de ne pas appréhender le moment d’instabilité entre le départ de l’ancien poste et l’intégration au nouveau. “J’ai ouvert des portes au fur et à mesure, et c’est comme ça que je conseille de faire : suivre un objectif et y aller par étapes en se fixant des échéances à court terme.” Faire régulièrement le point sur son parcours, apprendre continuellement et ne pas avoir peur de se lancer, tels sont les adages de l’ancien ingénieur.
Source :Capital, Philippine Ramognino, 8 février 2022.

Les personnes les plus diplômées ne veulent plus de CDI - Article

La tendance est de plus en plus forte mondialement : de jeunes actifs quittent leurs emplois et se tournent massivement vers la réorientation, pour trouver des emplois plus porteurs de sens. Parallèlement, un autre phénomène gagne du terrain : des cadres préfèrent des postes flexibles, indépendants, avec un statut defreelance, et ne jurent plus par le “sacro-saint” CDI. La tendance est telle que des entreprises proposent directement d'accompagner les candidats à faire cette transition. C'est le cas de Somanyays, qui surfe sur la remise en question du monde du travail, et propose d'aider les salariés à trouver leur chemin.
Pourquoi des salariés cherchent-ils une autre voie ?
Pour la fondatrice de Somanyways, le premier pas consiste à s’interroger sur les blocages et problèmes dans les conditions de travail actuelles des salariés. Il faut ensuite identifier les critères de priorité dans leur vie (avoir du temps libre, pouvoir transmettre des compétences au travail, pouvoir voyager, etc.) Cela permet d’envisager une reconversion potentielle, ou simplement une manière différente de travailler. Une autre méthode, pour savoir si une transformation est nécessaire, est d'écouter ses émotions. Dans un article publié sur "Welcome to the Jungle", la psychologue, coach et consultante RH Cécile Pichon propose d'écouter sesémotions et de les utiliser pour trouver les ressources qui manquent parfois pour provoquer un changement, décider de sauter le pas… ou non. Selon la psychologue, c’est le cœur qui sait ce qu’il veut faire et vivre… et selon Somanyays, le cœur de nombreux actifs ne veut plus de CDI.
Ce ne sont pas seulement les jeunes qui ne veulent pas de CDI
D'après uneétude qui a analysé les réponses de 15 000 personnes, seulement 25 % des répondants jugent indispensable d’avoir un CDI. Plus que la génération, c’est le niveau de diplôme qui conditionne la réponse à cette question, car 38 % des répondants avec un bac +2 ​​jugent le CDI toujours indispensable, alors que seulement 22 % des bac +5 sont du même avis. Selon cette même étude, la flexibilité n’est pas exclusivement l’affaire des plus jeunes. 49 % des répondants estiment nécessaire de pouvoir s’organiser comme ils le souhaitent.
Les plus diplômés ne veulent plus gagner plus d’argent
Cette étude montre aussi que le rapport à l’argent a beaucoup changé dans la mentalité des salariés, surtout chez ceux qui ont plus de diplômes. Les moins de 27 ans (la génération Z) les plus diplômés (bac +5 et plus) sont seulement 25 % à accorder une importance cruciale à l’augmentation régulière de salaire. En revanche, 40 % des moins de 27 ans les moins diplômés trouvent l’augmentation progressive du salaire toujours indispensable.
La tendance est de plus en plus forte mondialement : de jeunes actifsquittent leurs emplois et se tournent massivement vers la réorientation, pour trouver des emplois plus porteurs de sens. Parallèlement, un autre phénomène gagne du terrain : des cadres préfèrent des postes flexibles, indépendants, avec un statut defreelance, et ne jurent plus par le “sacro-saint” CDI. La tendance est telle que des entreprises proposent directement d'accompagner les candidats à faire cette transition. C'est le cas de Somanyays, qui surfe sur la remise en question du monde du travail, et propose d'aider les salariés à trouver leur chemin.
Pourquoi des salariés cherchent-ils une autre voie ?
Pour la fondatrice de Somanyways, le premier pas consiste à s’interroger sur les blocages et problèmes dans les conditions de travail actuelles des salariés. Il faut ensuite identifier les critères de priorité dans leur vie (avoir du temps libre, pouvoir transmettre des compétences au travail, pouvoir voyager, etc.) Cela permet d’envisager une reconversion potentielle, ou simplement une manière différente de travailler. Une autre méthode, pour savoir si une transformation est nécessaire, est d'écouter ses émotions. Dans un article publié sur "Welcome to the Jungle", la psychologue, coach et consultante RH Cécile Pichon propose d'écouter sesémotions et de les utiliser pour trouver les ressources qui manquent parfois pour provoquer un changement, décider de sauter le pas… ou non. Selon la psychologue, c’est le cœur qui sait ce qu’il veut faire et vivre… et selon Somanyays, le cœur de nombreux actifs ne veut plus de CDI.
Ce ne sont pas seulement les jeunes qui ne veulent pas de CDI
D'après uneétude qui a analysé les réponses de 15 000 personnes, seulement 25 % des répondants jugent indispensable d’avoir un CDI. Plus que la génération, c’est le niveau de diplôme qui conditionne la réponse à cette question, car 38 % des répondants avec un bac +2 ​​jugent le CDI toujours indispensable, alors que seulement 22 % des bac +5 sont du même avis. Selon cette même étude, la flexibilité n’est pas exclusivement l’affaire des plus jeunes. 49 % des répondants estiment nécessaire de pouvoir s’organiser comme ils le souhaitent.
Les plus diplômés ne veulent plus gagner plus d’argent
Cette étude montre aussi que le rapport à l’argent a beaucoup changé dans la mentalité des salariés, surtout chez ceux qui ont plus de diplômes. Les moins de 27 ans (la génération Z) les plus diplômés (bac +5 et plus) sont seulement 25 % à accorder une importance cruciale à l’augmentation régulière de salaire. En revanche, 40 % des moins de 27 ans les moins diplômés trouvent l’augmentation progressive du salaire toujours indispensable.
Source : France Soir, 9 février 2022.

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