Depuis une quarantaine d’années, les populations de pinsons des îles Galápagos (genreGeospiza) font l’objet d’un suivi poussé par l’équipe de Peter et Rosemary Grant, notamment sur la petite île de Daphne Mayor. Dans les années 1970, cette île était principalement occupée par une population de pinsons à becs moyens, de l’espèceGeospiza fortis.
Des fluctuations climatiques liées au phénomène El Niño ont conduit à des changements d’abondance des graines.
Consigne
Par une analyse des documents, montrer que la taille du bec des pinsons peut être mise en relation avec des pressions du milieu et que la sélection naturelle permet aux individus les mieux adaptés d’avoir une descendance plus importante.
Doc. 2 Description de l’étude menée et résultats
Rosemary et Peter Grant ainsi que leurs collaborateurs ont marqué chaque pinson des Galápagos et noté l’histoire de chaque individu en détail : date de naissance, de disparition, reproduction, partenaires, dimensions du bec, des ailes et des pattes, etc.
Les données ont permis de recueillir l’évolution de la taille des becs et de présenter l’importance de l’évolution sous la forme de flèches (vers le haut pour une augmentation significative de la taille et vers le bas pour un diminution significative de la taille du bec).
Doc. 3 Données génétiques
Les données phénotypiques obtenues par l’étude des pinsons ont été complétées par des données génétiques. Une analyse des gènes par séquençage a mis en évidence la forte influence d’un gène majeur sur la taille du bec chez les 13 espèces de pinsons des Galápagos. Dans la population deGeospiza fortisétudiée, ce gène est présent en deux variants ou allèles, l’allèle S (small) donnant un bec plus petit que l’allèle L (large). Les individus possédant les allèles L et S ont un bec de taille intermédiaire par rapport à ceux qui possèdent deux allèles L ou deux allèles S.
Correction
La taille du bec des pinsons dépend d’un gène pour lequel deux allèles existent : l’allèle S, responsable de la formation d’un petit bec, et l’allèle L, responsable de la formation d’un gros bec (doc. 3). Dans les années 1970, les pinsons avaient un bec de taille moyenne donc des allèles L et S (docs 1 et 3). À la suite de la sécheresse de 1977, la taille du bec des pinsons a augmenté (doc. 2). Ainsi, en 1977, les pinsons à gros becs ont mieux survécu, en se nourrissant des graines plus dures. La descendance des pinsons à gros bec a été plus importante, favorisant la transmission de ce caractère : c’est un exemple de sélection naturelle.