La route serpente le long d’une rivière, l’Agly, et la surplombe par endroit de 70 m !
Figures de dissolution par l’eau de la roche calcaire altérée
Avec le temps, l’Agly a creusé un canyon profond parfois de 500 m par rapport aux crêtes montagneuses. L’importance de cette érosion s’explique par la nature calcaire de la roche qui la rend particulièrement sensible à l’action d’altération chimique de l’eau par dissolution. À cette érosion naturelle s’est ajoutée en 1890 une érosion artificielle. En effet, l’activité humaine de creusement de la route à la barre à mine peut être considérée comme une altération mécanique et la chute des blocs produits vers le fond de la gorge comme une érosion avec ablation puis transport gravitaire.
Doc. 2 L’utilisation de la barre à mine
La barre à mine est un outil en fer qui servait autrefois à creuser des trous dans la roche, d’environ 40 mm de diamètre, dans lesquels on plaçait des charges explosives. Elle a été progressivement remplacée par le marteau perforateur à partir des années 1920.
La barre était tout d’abord frappée à la masse pour la faire rentrer dans la roche, en la tournant progressivement pour une meilleure efficacité. Une fois le forage terminé, le carrier utilisait une curette en fer munie à son extrémité d’un crochet creux et plat pour dégager le fond du trou.
L’explosif utilisé n’était pas de la dynamite, mais de la poudre noire, un mélange de charbon pilé, de souffre et de salpêtre. La poudre noire évitait la fragmentation de la roche et permettait de la fracturer dans l’alignement des trous réalisés.
Doc. 3 Des mesures d’adaptation pour limiter l’aléa éboulement
Les techniques d’adaptation permettant de limiter les effets de l’érosion sont au point et se rangent en deux familles :
- les parades actives de stabilisation de la paroi telles que le soutènement (forage et ancrage d’une barre métallique coiffée d’une scellée), le drainage (réalisé par des techniciens cordistes qui provoquent la chute de blocs sur le point de s’ébouler), le terrassement (creusement de terrasses) ;
- les parades passives comme les pièges à blocs réalisés en grillage, en filet de câbles ou en filet d’anneaux qui permettent de retenir les blocs éboulés.
Dans les gorges de Galamus, on trouve des ouvrages de soutènement ainsi que des pièges à blocs en grillage et filet d’anneaux.