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Les perturbateurs endocriniens - Exercice corrigé

On parle souvent dans le débat public de perturbateurs endocriniens (composés capables d’interagir avec...

Sommaire

Contexte et consigneDoc. 2 Les effets du bisphénol ADoc. 3 Interdiction du bisphénol A dans certaines conditionsCorrection

Contexte et consigne

On parle souvent dans le débat public de perturbateurs endocriniens (composés capables d’interagir avec le système hormonal). Des perturbateurs endocriniens ont déjà été interdits, comme le BPA.
Consigne
Vous êtes député(e) français(e) et vous montez à la tribune pour défendre la proposition de loi de l’interdiction des BPA (doc. 3). À l’aide de vos connaissances et des documents, rédigez votre discours pour montrer l’importance de cette interdiction.

Doc. 2 Les effets du bisphénol A

Le bisphénol A (BPA) peut traverser le placenta et atteindre le fœtus pendant la grossesse. Des études ont montré qu’il est présent dans le placenta, le liquide amniotique et le fœtus, ce qui pourrait perturber le développement embryonnaire et avoir des effets à long terme sur la reproduction.
Entre 2000 et 2005, des recherches effectués sur des modèles animaux ont révélé que l’exposition au BPA avant et après la naissance provoquait diverses anomalies chez les femelles, comme une puberté avancée, des cycles reproducteurs irréguliers, des modifications hormonales et des altérations de l’utérus, du vagin et des ovaires. Des effets irréversibles sur la fertilité ont été observés chez plusieurs espèces de mammifères, comme les souris, les rats et les moutons.
Chez le mouton, l’exposition au bisphénol A (BPA) pendant la gestation et avant la puberté perturbe la production de l’hormone LH. Des brebis exposées au BPA pendant la gestation ont montré une augmentation de LH dans les premiers mois de vie, mais une diminution de l’amplitude du pic de LH à l’âge adulte.

Doc. 3 Interdiction du bisphénol A dans certaines conditions

Le BPA dans les contenants alimentaires : interdit en France, mais discuté au niveau européen
« La loi n° 2012-1442 du 24 décembre 2012 a interdit le bisphénol A dans les contenants destinés à des enfants de moins de 3 ans. Le texte a également étendu l’interdiction du bisphénol A dans les biberons, aux maternités et services de néonatologie et interdit les collerettes de tétines et de sucettes et les anneaux de dentition pour bébés contenant ce produit. Ces interdictions ont ensuite été étendues au niveau européen.
À partir du 1er janvier 2015, l’interdiction nationale devait être généralisée aux conditionnements entrant directement en contact avec les denrées alimentaires.
La décision QPC n° 2015-480 du Conseil constitutionnel du 17 septembre 2015 a conduit à exclure de la loi n° 2010-729 du 30 juin 2010 modifiée la suspension de la fabrication et de l’exportation de tout conditionnement, contenant ou ustensile comportant du bisphénol A et destiné à entrer en contact direct avec toutes les denrées alimentaires. »
Source: ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, « Bisphénol A », 16 février 2018.

Correction

J’étudie les documents et j’apporte mes connaissances
Doc 1 : les BPA sont des molécules exogènes présentes dans de nombreux ustensiles en contact avec la nourriture. Du fait que ces molécules imitent les œstrogènes, elles peuvent perturber les fonctions reproductrices des humains.
Doc 2 : des études sur des animaux de laboratoire ont montré qu’une exposition avant et après la naissance des BPA provoque chez les femelles des avancées de la puberté, des cycles irréguliers. En effet, les œstrogènes sont des molécules endogènes qui régulent le cycle féminin et jouent un rôle dans l’apparition de la puberté (développement des caractères sexuels secondaires).
De plus, des études chez le mouton ont montré une plus faible amplitude des pics de LH chez les femelles si celles-ci ont été exposées aux BPA pendant la gestation et avant la puberté. Or, ce pic de LH permet de déclencher l’ovulation. Une amplitude plus faible empêcherait donc l’ovulation et expliquerait les cas d’infertilités observés dans les études.
Doc 3 : la loi interdit les BPA dans les contenants de nourriture à destination des enfants de moins de 3 ans, dans les biberons, dans les services de maternité et de néonatologie ainsi que dans les ustensiles qui rentreraient en contact direct avec les nourrissons.
D’après les études, c’est lors de la gestation et après la naissance que l’exposition aux BPA entraîne des effets importants sur la fonction de reproduction féminine. Les BPA sont donc interdits dans les ustensiles en contact avec les mères et les nourrissons.
Je mets en forme
Mesdames et messieurs les député.e.s,
Aujourd’hui, il est impératif d’agir pour protéger la santé des enfants, des femmes, et plus largement la santé publique en général. Le projet de loi que nous débattons aujourd’hui propose d’interdire l’utilisation du bisphénol A (BPA) dans certains produits, afin de limiter l’exposition à ces molécules qui posent un véritable danger pour la reproduction humaine.
Le BPA est une molécule exogène présente dans de nombreux ustensiles en contact avec la nourriture, tels que les contenants en plastique. Or, ces molécules ont la particularité d’imiter les œstrogènes, des hormones endogènes essentielles au bon fonctionnement du système reproducteur. En perturbant l’action des œstrogènes, le BPA peut donc perturber les fonctions reproductrices humaines.
Des études scientifiques ont mis en évidence l’impact négatif du BPA, notamment lors de l’exposition avant et après la naissance. Ces recherches sur des animaux de laboratoire, en particulier sur les femelles, ont montré que l’exposition au BPA provoque une avancée de la puberté et des irrégularités dans les cycles menstruels. L’œstrogène régule en effet le cycle féminin et joue un rôle fondamental dans le développement des caractères sexuels secondaires.
Plus inquiétant encore, des études menées chez le mouton ont révélé que l’exposition au BPA pendant la gestation et avant la puberté perturbe l’amplitude des pics de LH (hormone lutéinisante), essentielle pour l’ovulation. Une amplitude plus faible de cette décharge hormonale empêcherait l’ovulation, expliquant ainsi les cas d’infertilité observés dans les études. Ces résultats sont alarmants, et il est crucial de prendre des mesures pour éviter ces effets irréversibles sur la fertilité.
C’est pourquoi, dans un souci de protection de la santé des enfants et des femmes, nous devons interdire les BPA dans les contenants de nourriture destinés aux enfants de moins de 3 ans, dans les biberons, ainsi que dans les services de maternité et de néonatologie. De plus, cette interdiction doit s’étendre à tous les ustensiles en contact direct avec les nourrissons et les mères.
L’exposition aux BPA durant la gestation et la période postnatale entraîne des effets importants et irréversibles sur la fonction reproductrice féminine. Nous avons une responsabilité envers les générations futures, et il est de notre devoir de protéger la santé des enfants et de tous les citoyennes et citoyens en interdisant l’utilisation de ces substances dangereuses dans les produits de consommation courante.
Ainsi, avec ce projet de loi, nous faisons un pas décisif vers une meilleure protection de la santé publique et de la fertilité humaine. Nous devons dire non à l’exposition inutile et évitable aux perturbateurs endocriniens, comme le BPA.
Je vous invite donc à soutenir ce projet de loi, afin de garantir un avenir plus sûr et plus sain pour toutes et tous.
Je vous remercie.