Vous êtes entrés dans une Florence sombre et corrompue, aux pavés souillés par le sang, où des murmures de conspiration bruissent à chaque coin de rue.
Véritable personnage, la ville joue un rôle essentiel tant dans le drame romantique que dans l'esthétique du film noir et policier, que vous avez commencé à étudier. C'est une ville en noir en blanc, qui se dessine par contrastes reposant sur de savants jeux d'ombres et de lumières. Mais cette noirceur est aussi celle du cœur humain, que l'on songe aux propos de Philippe lorsqu'il découvre le jeu du personnage éponyme : « Quel abîme ! Quel abîme tu m'ouvres ». Le noir est donc une couleur bien singulière, dont les symboles sont nombreux : couleur de la nuit, certes, mais aussi du mystère ou de la mélancolie. Le noir de la « désespérance » pour reprendre les mots de Michel Belletante, qui cite là Musset, n'est peut-être pas sans rappeler le « mal du siècle » dont parle le dramaturge dansLa Confession d'un enfant du siècle.Dans sa Note d'intention, le metteur en scène parle d'une « version en noir et blanc » de la pièce.
À votre tour d'en proposer une lecture chromatique : à partir de votre lecture de la pièce, associez toutes ou quelques œuvres parmi celles proposées dans les perles de la collection, en grande partie issue de l'exposition « Soleils noirs » du Louvre-Lens, à un acte ou une scène de la pièce.
Expliquez votre choix par deux ou trois arguments que vous justifiez en citant le texte. Vous essayez de faire apparaitre les ressemblances ou différences (littérales ou symboliques) avec la pièce de Musset. Vous veillerez à employer des phrases complexes, notamment des propositions subordonnées circonstancielles de cause, de conséquence et d'opposition. Votre commentaire sera également structuré par des connecteurs logiques. Aidez-vous, si besoin, des perles « Coup de pouce » déjà rencontrées lors des activités proposées aux actes I et II.
Si votre professeur le juge bon, vous pourrez déposer vos contributions sur un mur collaboratif type Framapad.
À l'issue de la mise en commun, ce travail pourra prendre la forme :
- d'un livret d'art collaboratif réalisé à partir de l'outil bookcreator.com ;
- d'un support interactif type Genially ou Canva ;
- d'une galerie d'art virtuelle réalisée à partir de l'outil emaze.com ;
- d'une vidéo dans laquelle vous commentez les œuvres et lisez des passages de la pièce ;
- d'une capsule audio avec les outils mon-oral.net ou Digirecord ;
- d'une salle de musée virtuel avec Mirage Make (projet de classe).
Imaginez que vous êtes guide ou conservateur dans un célèbre musée. Vous créez une exposition « Lorenzaccio ». Imaginez chaque salle : une salle peut correspondre à un acte par exemple. Quelle œuvre exposeriez-vous et pourquoi ? Après avoir fait ces choix pour chaque acte, enregistrez un commentaire audio via un logiciel ou via votre ENT en expliquant l’œuvre et le lien avec la pièce de Musset.
Afin d'obtenir toutes les potentialités de Mirage Make, vous devrez passer par le compte enseignant ou établissement. C'est donc un projet de classe et non individuel.
Votre professeur pourra choisir l'une ou plusieurs des propositions et il est possible que certaines séances se déroulent au CDI.
Citations - Coup de pouce
Voici des citations qui peuvent vous aider à vous repérer dans la pièce et à tisser des liens avec les œuvres. N'oubliez pas de vous intéresser à la place de ces extraits au sein de l'intrigue, le ou les questionnements qu'ils soulèvent, ainsi que leur dimension symbolique.
Acte I
« Adieu, Florence ! maudites soient les mamelles de tes femmes ! maudits soient tes sanglots ! maudits les prières de tes églises, le pain de tes blés, l’air de tes rues ! Malédiction sur la dernière goutte de ton sang corrompu ! » (scène 6)
Acte II
« Voilà la nuit ; la ville se couvre de profondes ténèbres ; ces rues sombres me font horreur ; — le sang coule quelque part ; j’en suis sûr. » (scène 5)
Acte III
« Ô jour de sang, jour de mes noces ! Ô soleil, soleil ! il y a assez longtemps que tu es sec comme le plomb ; tu te meurs de soif, soleil ! son sang t’enivrera. Ô ma vengeance ! qu’il y a longtemps que tes ongles poussent ! Ô dents d’Ugolin ! il vous faut le crâne, le crâne ! » (scène 1)
« Il y a plusieurs démons, Philippe ; celui qui te tente en ce moment n’est pas le moins à craindre de tous. » (scène 3)
« Ma jeunesse a été pure comme l’or. Pendant vingt ans de silence, la foudre s’est amoncelée dans ma poitrine ; et il faut que je sois réellement une étincelle du tonnerre, car tout à coup, une certaine nuit que j’étais assis dans les ruines du Colisée antique, je ne sais pourquoi, je me levai ; je tendis vers le ciel mes brastrempés de rosée, et je jurai qu’un des tyrans de ma patrie mourrait de ma main. » (scène 3)
« Suis-je un Satan ? Lumière du Ciel ! » (scène 3)
« Tu as l'air sombre comme l'enfer » (scène 6)
« Il fait un orage épouvantable ; reste ici cette nuit » (scène 6)