PropriétéInégalité de Bienaymé-Tchebychev
Soit
une variable aléatoire définie sur un univers fini
.
Alors, pour tout réel
strictement positif, on a
.
Remarque
Cette inégalité illustre le fait que la variance permet de mesurer l'écart d'une variable aléatoire par rapport à son espérance.
Exemple 1
Soit
une variable aléatoire d'espérance 10 et de variance 1.
D'après l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, on a
(en prenant \(\delta=4\)), ce qui peut également s'écrire
.
En passant au complémentaire, on a alors
.
Exemple 2
On lance 180 fois un dé équilibré à 6 faces, numérotées de 1 à 6.
On appelle
la variable aléatoire qui compte le nombre de 1 obtenus.
suit une loi binomiale de paramètres
et
.
Ainsi,
et
.
L'espérance s'interprète comme une moyenne si l'on répète un grand nombre de fois une expérience aléatoire. Ainsi, si on lance 180 fois un dé, on s'attend en moyenne àobtenir30 fois le numéro 1.
Seulement, tout ceci n'est qu'une moyenne, et il est rare de tomber exactement 30 fois sur la face numéro 6. Ce que l'on peut affirmer toutefois, c'est qu'il y a une grande probabilité que le nombre de fois que nous obtenons ce numéro 1 soit proche de 30, et l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev peut nous fournir une minoration de cette probabilité.
On souhaite par exemple minorer la probabilité que
soit compris entre 21 et 39.
Or,
.
Puisque la variable aléatoire
prend uniquement des valeurs entières, ceci est équivalent à
.
D'après l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, on a
.
Ainsi, puisque
, on a que
et donc
.
Si l'on lance 180 dés, la probabilité d'obtenir entre 21 et 39 fois le numéro1 est supérieure à 0,75.
Remarque
Cette borne n'est pas optimale. En l'occurrence, en réalisant les calculs avec un tableau par exemple, on s'aperçoit que
.
Inégalité de concentration
PropriétéInégalité de concentration
Soit
un échantillon de
variables aléatoires indépendantes et
la variable aléatoire moyenne de cette échantillon.
Alors, pour tout réel
strictement positif,
.
Démonstration
On applique l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev à la variable aléatoire
.
Pour tout réel strictement positif
, on a alors
.
Or,
et
.
On a donc bien
Exemple
Soit
une variable aléatoire d'espérance 3 et de variance 100.
Soit
un entier naturel non nul.
On considère un échantillon
de variables aléatoires indépendantes de même loi que
et on note
.
Pour tout réel
strictement positif, on a alors
.
C'est-à-dire,
.
En particulier, pour
et \(\delta=0,1\), on a
c'est-à-dire
.
En passant par le complémentaire, on obtient :
.
Bien que la variable aléatoire
ait une grande variance, si l'on répète un grand nombre de fois l'expérience aléatoire, la moyenne des résultats est très proche de l'espérance de
: avec une probabilité supérieure à 0,9, la moyenne se situe entre 2,9 et 3,1.
Loi faible des grands nombres
ThéorèmeLoi faible des grands nombres
Soit
un échantillon de
variables aléatoires indépendantes et
la variable aléatoire moyenne de cet échantillon.
Pour tout réel
strictement positif, on a
.
Démonstration
On applique l'inégalité de concentration à cet échantillon :
.
Or,
. De plus,
.D'après le théorème des gendarmes, on a donc
.