Pour découvrir la notion d’excédent brut d’exploitation, prenons l’exemple d’une entreprise qui fabrique des voitures Beautiful Cars. Pour produire, cette entreprise exploite des ressources, c’est-à-dire qu’elle les utilise, qu’elle les met en valeur en les transformant. Les comptes de l’entreprise mesurent le résultat de cette exploitation.
Beautiful Carsa vendu, au cours d’une année, 32 voitures à 54 400 euros chacune. Elle a donc réalisé un chiffre d’affaires de 1 740 800 euros (32 × 54 400).
Pour produire, notre constructeur a aussi effectué des achats que l’on appelleconsommations intermédiaires : achat de matières premières et de composants (acier pour la carrosserie et caoutchouc pour les pneus, par exemple) et utilisation d’énergie.
La somme de ces consommations intermédiaires représente 1 160 530 euros.
En retranchant cette somme au chiffre d’affaires, on obtient lavaleur ajoutée, soit 580 270 euros. Elle correspond à la valeur que Beautiful Cars a ajoutée à ces consommations intermédiaires par son travail de transformation dans le processus de production. Prenez l’exemple des roues de la voiture : l’entreprise a transformé le caoutchouc et a fixé les roues, c’est sa valeur ajoutée. En revanche, le caoutchouc a été produit par une autre entreprise et n’est donc pas intégré dans la valeur ajoutée.
ééé
Lorsque l’on parle de la définition de la valeur ajoutée sans apporter de précision, il s’agit de la valeur ajoutée brute.
La valeur ajoutée est brute lorsque l’amortissement (usure du capital : par exemple, les machines ont une durée de vie de cinq ans) n’est pas déduit du chiffre d’affaires. Par conséquent, la valeur ajoutée est nette lorsque l’on retranche l’amortissement. Ainsi, pour le moulage, le forgeage, le montage et le soudage des carrosseries, Beautiful Cars a acheté 32 350 euros une machine dont la durée de vie est de cinq ans. Elle dépense donc chaque année 6 470 euros de cet investissement : on parle d’amortissement. La valeur ajoutée nette est donc égale à 580 270 − 6 470 = 573 800 euros.
Excédent brut d'exploitation
Nous avons défini la valeur ajoutée de l'entreprise Beautiful Cars.
Ensuite, l’entreprise doit rémunérer les salariés qui font fonctionner les équipements. Elle a aussi besoin de main-d’œuvre pour gérer les processus d’achat – de consommations intermédiaires, par exemple –, mais également pour produire et pour vendre les voitures. En retranchant de la valeur ajoutée brute la rémunération des salariés correspondante (salaires, traitements bruts et cotisations sociales à la charge des employeurs), soit 328 160 euros, ainsi que les impôts sur la production (la taxe foncière liée au local ou des versements liés aux transports en commun, par exemple), puis en l’augmentant des subventions sur la production (lorsque l’entreprise réalise un investissement protégeant l’environnement, par exemple) soit 58 020 euros, on obtient l’excédent brut d’exploitation(EBE = 194 090 euros).
Si le résultat est négatif, on parle d’insuffisance brute d’exploitation.
C’est une situation très inquiétante pour l’entreprise, car elle signifie que les recettes tirées des ventes ne permettent même pas de payer les fournisseurs et les salariés (c’est souvent le cas des entreprises qui débutent leur activité).
Tableau 4.3 - Excédent brut d’exploitation de l’entreprise Beautiful Cars
Usage de l'excédent brut d'exploitation
L'excédent brut d’exploitation va être utilisé par Beautiful Cars de trois manières.
- Pour payer des intérêts sur les emprunts que l’entreprise Beautiful Cars a contractés soit auprès de sa banque, soit sur le marché des capitaux sous forme d’émissions d’obligations, pour un total de 12 940 euros. C’est une rémunération versée à ceux qui ont financé une partie du capital de l’entreprise.
- Pour payer l’impôt sur les sociétés de 22 640 euros.
- Pour distribuer des dividendes à ses actionnaires pour un total de 50 500 euros. C’est une rémunération versée à ceux qui sont propriétaires du capital de cette entreprise.
Le solde restant, 108 010 euros (194 090 – 12 940 – 50 500 – 22 640), s’appelle l’épargne brute. L’entreprise l’utilise pour financer le renouvellement ou l’augmentation de son capital : l’investissement.