Émission diffusée sur France Culture en 1995.
Karl Marx (1818-1883) - Podcasts
Karl Marx : philosophe, économiste, militant révolutionnaire.
Film Le Jeune Karl Marx : itinéraire d’une révolte - Article Philosophie magazine
Le Jeune Karl Marx, Peck, 2017 - bande annonce
« Les classes dominantes peuvent bien trembler devant une révolution communiste. Les prolétaires n’ont rien d’autre à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » Si les dernières lignes du Manifeste du Parti communiste, publié en 1848, sont passées à la postérité, c’est que pour Marx et Engels, ses deux signataires, le communisme n’a rien d’une utopie. Au contraire, il se confond avec un « mouvement réel », appelé à renverser « l’état actuel des choses ».
Après le succès deI Am Not Your Negro, un film sur la lutte de James Baldwin contre les discriminations raciales, Raoul Peck poursuit son exploration critique des inégalités économiques et sociales en réalisantLe Jeune Karl Marx, en salles le 27 septembre.
Le réalisateur confie dans un entretien avoir « découvert l’œuvre de Karl Marx à 17 ans » comme une « révélation ». Il en retient un enseignement fondamental, écrit noir sur blanc dans les Thèses sur Feuerbach : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de diverses manières, ce qui importe, c’est de le transformer ».
Raoul Peck en tire les conséquences avecLe Jeune Karl Marx, retraçant le parcours qui mène cet enfant de bourgeois, né à Trèves en 1818, à la rédaction du Manifeste du Parti communiste, trente ans plus tard. Pour le cinéaste, il n’est pas uniquement question de théorie ! « DansLe Jeune Karl Marx, j’ai voulu contextualiser, découvrir les êtres humains derrière les concepts de communisme ou de lutte des classes, affirme-t-il. Il n’y avait pas de différence entre ce que ces jeunes gens écrivaient et ce qu’ils vivaient. » De fait, Marx, son épouse Jenny et son ami Engels ont « vécu la précarité dans leur chair, les soucis matériels n’avaient rien d’un simple objet d’étude détaché de leur réalité ».
Aventure intellectuelle internationale
Après avoir rompu avec leurs classes respectives – bourgeoisie de Karl et aristocratie de Jenny –, le couple renonce à un avenir bien tracé pour défendre leurs convictions. Marx affirme sa passion pour la philosophie – il soutient une thèse sur la Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure – et le journalisme – il devient rédacteur en chef de la Rheinische Zeitung (« La Gazette rhénane »), un organe d’opposition que le pouvoir prussien censure. Émigré à Paris, pour y échapper, il rencontre l’anarchiste russe Bakounine et le socialiste français Proudhon, ainsi qu’Engels, qui devient rapidement son complice. Par son soutien financier, ce fils d’industriel allemand permettra au héraut de l’idée communiste de consacrer sa vie à l’écriture. Forcé à émigrer à nouveau en 1844, Marx, apatride, quitte Paris pour Bruxelles – où il crée avec son acolyte « La Ligue des communistes », faisant paraître dans la foulée Le Manifeste –, puis Bruxelles pour Londres.
Raoul Peck ravive autant une histoire de passions et d’amitiés qu’un mouvement de dimension européenne. En recherchant les prémices et les ressorts de cette aventure intellectuelle internationale, il donne du corps à la pensée. Se méfiant « de toute théorie qui se réclamait de [Marx] sans se soucier de son incarnation », l'ex-ministre de la Culture de la République d'Haïti brosse la trajectoire d’une révolte, une fresque plus qu’historique, entre documentaire et fiction, non sans longueurs. Après I Am Not Your Negro, il incite, une fois de plus par l’exemple, non seulement à interpréter le monde, mais à le changer. Pas peu !
Anna O, le cas qui a inspiré la création de la psychanalyse
Sigmund Freud était un médecin vif d’esprit qui était fasciné par les mystères de l’esprit humain. Il fut le créateur de la psychanalyse, laquelle changea complètement ce qui était jusque-là connu sur la raison et de la déraison. Cependant, le patient qui est entra dans l’histoire sous le nom d’Anna O. eut d’une importance fondamentale dans son travail.
Freud était particulièrement attiré par les cas que la médecine de l’époque appelait “inexplicables”. Il se trouvait plusieurs patients de cette nature dans le célèbre Hôpital de la Salpêtrière. Des personnes qui étaient aveugles ou paralysées sans que ces handicaps aient une origine physique identifiée ou qu’existe des cas similaires.
“Le traitement cathartique de l’hystérie, précurseur de la psychanalyse, fut la découverte commune d’un excellent patient et d’un médecin large d’esprit”, Sandor Ferenczi.
À cette époque, un grand nombre de ces cas étaient traités à travers l’hypnose. Freud faisait de même. Il apprit les techniques nécessaires pour la mettre en œuvre et la pratiqua en consultation. Cependant, il remarqua que si ses patients guérissaient, ils réexpérimentaient plus tard le symptôme. Ou qu’ils développaient d’autres symptômes de substitution. Il lui semblait, ainsi qu’à Josef Breuer , son professeur, qu’ils se trouvaient dans une impasse, jusqu’à ce qu’ils croisent la route du cas d’Anna O.
Anna O, Breuer et Freud
Josef Breuer était expert dans le domaine de l’hystérie. Il était également le personnage le plus en vue dans le domaine de l’ hypnose clinique à cette époque. Freud, qui devint son disciple, l’admirait profondément. Ils écrivirent ensemble les premières lignes de ce qui serait l’histoire de la psychanalyse. Anna O fut un cas décisif afin que tous deux puissent progresser dans la compréhension de l’esprit humain.
À cette époque, l’hystérie était considérée comme une maladie de femmes. Il était considéré qu’elles simulaient des problèmes physiques juste pour attirer l’attention. Breuer et Freud étaient convaincus qu’elles ne mentaient pas. Autrement dit, aucun d’eux ne pensait qu’il s’agissait d’une simulation.
Anna O était une Autrichienne de 21 ans issue d’une famille aisée. Il s’agissait d’une fille particulièrement intelligente et cultivée. Cependant, elle en vain à présenter de nombreux symptômes extravagants. Elle entrait dans une sorte de “transes” qu’elle appelait “nuages”. Elle souffrait d’hallucinations dans lesquelles elle voyait des serpents et des crânes. Elle restait silencieuse. Elle se paralysait. Elle ne pouvait boire aucun liquides. Elle oubliait parfois sa langue maternelle, l’allemand, et ne pouvait parler que l’anglais ou le français.
Breuer commença à la traiter lorsqu’elle eu une toux persistante qui l’épuisait énormément. Elle présentait également une paralysie du visage, d’un bras et d’une jambe. Son père souffrait d’un abcès tuberculeux et ce fut elle qui le soigna pendant la maladie. Cependant, elle commença à tomber elle-même malade.
Anna O et la guérison par les mots
Joseph Breuer l’hypnotisa, mais remarqua qu’il n’obtenait que des histoires très chaotiques. La deuxième fois qu’il l’hypnotisa, il lui demanda si quelque chose la dérangeait. Anna O répondit avec cette phrase : “ajamáis acht nobody bella mió please lieboehn nuit”. C’était quelque chose de fou. Une prière dite en cinq langues. Breuer décida, intuitivement, qu’il traiterait Anna O sans hypnose .
Dès lors, Breuer concentra le traitement en utilisant l’écoute comme outil principal. Il encouragea Anna O à parler et à dire tout ce qui lui venait à l’esprit. Les symptômes s’améliorèrent et apparurent les bases de ce qui serait la méthode de la libre association ou de l’association libre.
Elle commença à appeler ces séances “nettoyage de cheminée” ou “guérison par les mots”. C’est sous cette dernière acception que fut identifiée la psychanalyse dans l’histoire. Breuer, quant à lui, appela cette procédure “méthode cathartique”.
La guérison d’Anna O ou le début de la psychanalyse
Le processus thérapeutique d’Anna O. connut de nombreux hauts et bas. Elle tomba finalement amoureuse de Breuer et développa une forte dépendance à son égard. Il était également attiré par elle. Etant marié, il décida de mettre fin au traitement. Quelque temps après, Freud découvrit dans ces événements le phénomène du “transfert” et du désir sexuel qui se trouvait en l’arrière-plan de l’hystérie.
Anna O fut hospitalisée deux fois et connue plusieurs rechutes. Malgré tout, il fut une période où elle parvint à maîtriser tous les symptômes qui l’affligeaient. Elle se convertit en une activiste pour les droits des femmes et des enfants. Elle fut également une écrivaine et traductrice reconnue. Sa vie prit un cours qui pourrait être qualifié de “normal”.
Onze ans plus tard, Joseph Breuer et Sigmund Freud publièrent l’un des ouvrages où la psychanalyse apparaissait déjà comme une approche différenciée. Il s’agit du livre intitulé “Etudes sur l’hystérie”. L’affaire Anna O est, en fin de compte, la plus illustrative de ce travail. De nombreuses personnes vont même jusqu’à dire, de façon symbolique, évidemment, que ce fut l’hystérie et Anna O qui inventèrent la psychanalyse.
Salaire - Étymologie
Animation retraçant l'étymologie du mot "salaire".
Voix d'Henri Bergson - Archive INA
Seul enregistrement de la voix du philosophe Henri Bergson, réalisé par Roger Devigne pour le Musée de la Parole et du Geste le 3 juin 1936, chez le philosophe alors âgé qui ne pouvait plus se déplacer.
Après une brève présentation des circonstances de l'enregistrement, le journaliste procède à deux essais dans lesquels Bergson lit un extrait de son ouvrageLe Rire.