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Je rends des documents accessibles

Chaque type de document présente des caractéristiques spécifiques et des risques cognitifs qu’il faut...

Sommaire

Identifier les aménagements possiblesQuels types de documents les élèves de CAP rencontrent-ils ?Ce que cela implique pour un enseignement accessible à tous
Propositions pour rendre accessible par documentTexteTableau d’informationsTableau de chiffresIconographie (peinture, photo, carte, schéma)Frise chronologiquePyramide des âgesGraphique

Propositions pour rendre accessible par document

Texte

Le professeur doit lire le texte à voix haute. La lecture par l’enseignant soutient la compréhension orale. Cela soulage la charge cognitive. Lire 3 fois minimum :
  • 1refois : pour découvrir (le professeur lit) ;
  • 2efois : pour expliquer les mots ;
  • 3efois : pour reformuler et faire participer.
Pas de calligraphie fantaisie ni d’empattement :
  • utiliser des polices sans empattement : arial, Verdana, Opendyslexic ;
  • bannir les textes en écriture manuscrite, cursive ou gothique ;
  • choisir une taille minimum 14, interligne 1,5 à 2 pour faciliter le déchiffrage.
Ne pas demander de justifier un texte :
  • le texte ne doit pas être justifié (aligné à droite et à gauche) ;
  • préférer un alignement à gauche, qui permet un retour à la ligne clair et naturel pour l’œil ;
  • cela évite les espacements irréguliers qui gênent la lecture fluide.
Découper le texte :
  • une idée = un paragraphe ;
  • aérer visuellement, avec des sauts de ligne fréquents ;
  • limiter à 5 lignes max par bloc de texte.
Mettre en évidence les éléments importants :
  • utiliser le gras pour les mots-clés ;
  • colorer les titres (couleurs sobres) ou encadrer les notions à retenir ;
  • ne pas surcharger de couleurs : 1 à 2 codes max.

Identifier les aménagements possibles

Quels types de documents les élèves de CAP rencontrent-ils ?

Chaque type de document présente des caractéristiques spécifiques et des risques cognitifs qu’il faut anticiper pour éviter les situations d’échec ou de retrait.
Les consignes de travail
  • Caractéristiques : ce sont souvent des textes courts, mais formulés de manière implicite ou trop condensée.
  • Risque : les élèves peuvent ne pas comprendre la tâche à faire, ou être dépassés par la double tâche (lire + faire).
Les graphiques, tableaux et schémas
  • Caractéristiques : ils prennent la forme de courbes, camemberts, diagrammes, schémas techniques (ex : circuits, plans d’installation).
  • Risque : surcharge visuelle, confusion dans la lecture, difficulté à faire le lien entre les données et leur signification.
Les textes informatifs
  • Caractéristiques : ce sont des extraits de manuels ou des documents professionnels. Ils sont souvent denses, avec un vocabulaire technique et une syntaxe complexe.
  • Risque : difficulté de décodage, manque de compréhension globale ou perte de repère dans la structure du texte.
Les fiches techniques ou procédures
  • Caractéristiques : ces documents décrivent les étapes à suivre dans une tâche professionnelle (atelier, cuisine, électricité, etc.).
  • Risque : surcharge de la mémoire de travail, oubli ou confusion dans l’ordre des actions, incompréhension des termes spécifiques.
Les images, plans, croquis et pictogrammes
  • Caractéristiques : ils peuvent représenter des machines, des circuits, des produits ou des situations (parfois sans texte).
  • Risque : interprétation erronée, lecture partielle, difficulté à comprendre ce que représente l’image ou à l’associer à une consigne.
Les documents administratifs
  • Caractéristiques : ce sont des fiches de stage, CERFA, bulletins de paie, règlements intérieurs, etc.
  • Risque : difficulté à repérer les informations clés dans une mise en page dense, méconnaissance du vocabulaire administratif.
Les récits ou textes argumentatifs
  • Caractéristiques : rencontrés notamment en français et en histoire-géographie, ce sont des narrations, témoignages, lettres, lois, articles.
  • Risque : inférences complexes, compréhension de l’implicite, difficulté à suivre la chronologie ou à saisir l’intention de l’auteur.
Les dialogues et mises en situation
  • Caractéristiques : utilisés surtout en anglais, communication ou vie professionnelle, ils simulent des conversations, des appels ou des interactions.
  • Risque : difficulté à décoder le non-verbal, les implicites culturels, ou à faire correspondre le dialogue au bon registre.

Ce que cela implique pour un enseignement accessible à tous

Simplifier sans appauvrir : garder la finalité, mais rendre lisible.
  • Anticiper le type de lecture demandé (recherche d’information ? interprétation ? production ?).
  • Adapter la forme du document (visuel, repérable, segmenté).
  • Prévoir une pré-lecture guidée (je surligne, je questionne, je verbalise).
  • Réduire la double tâche (ex : lire + chercher + écrire).

Accompagner le texte d’un lexique ou de pictogrammes :
  • anticiper les mots difficiles ;
  • donner un petit glossaire sur la feuille (à droite ou en bas) ;
  • utiliser des images ou symboles simples si possible.
Autres aménagements possibles :
  • fond noir et écriture blanche ;
  • tracé des lignes ;
  • numéroter les lignes ;
  • espacer les lettres parfois ;
  • utiliser l’outil lire couleur ;
  • découpage syllabique ;
  • pas de recto verso ;
  • utiliser la méthode Falc (facile à lire et à comprendre) ;
  • associer une icone ;
  • version audio ou avec pictogrammes ;
  • texte morcelé avec questions à chaque paragraphe ;
  • surlignage des mots-clés et définitions dans la marge ;
  • utilisation d’un « bâton lecteur » ou suivi ligne à ligne ;
  • texte à trous guidé pour recentrer l’attention.
Astuce : le mouvement répétitif de balancier du corps crée une forme de rythme automatique aidant à se mettre dans une bulle de concentration, un peu comme certains élèves qui lisent mieux en marchant ou en jouant avec un objet sensoriel.

Tableau d’informations

Le professeur lit à voix haute le tableau :
  • cela soutient la compréhension orale et allège la charge cognitive ;
  • lire ligne par ligne, colonne par colonne ;
  • nommer les titres, expliquer les symboles ou abréviations ;
  • reformuler à l’oral : « Ici, ce sont les jours. Là, ce sont les températures. »
Je guide le regard
  • Je surligne la ligne que je lis.
  • Je trace une ligne avec mon doigt ou une règle.
  • J’utilise une feuille-cache pour ne montrer qu’une ligne ou colonne à la fois.
Je structure le tableau
  • Grilles bien tracées avec lignes visibles.
  • Titres des colonnes en gras ou fond coloré doux (bleu pâle, gris clair).
  • Numéroter les lignes à gauche pour mieux se repérer.
  • Ajouter des pictogrammes en haut des colonnes.
Je facilite la lecture
  • Utiliser une police sans empattement (Arial, OpenDyslexic), taille 14 minimum.
  • Éviter les sigles ou abréviations sans explication.
  • Aérer les cellules, éviter les colonnes trop serrées.
  • Un mot ou une information par case, pas de texte long.
Je simplifie visuellement
  • Colorier ou encadrer les données importantes.
  • Supprimer les colonnes inutiles ou faire une version réduite.
  • Découper le tableau en parties plus petites (1 tableau = 1 objectif clair).
Je clarifie l’objectif du tableau
  • Poser une question simple pour guider : « Que veut-on savoir ? »
  • Aider à reformuler : « Je dois trouver… dans la colonne des prix… à la ligne des pommes. »
Je donne des aides à la manipulation
  • Proposer un tableau à compléter avec éléments déjà remplis.
  • Fournir une fiche-support pour aider à lire.
1/ Ce que je cherche : Le prix des pommes
2/ Dans quelle colonne : prix (€)
3/ Dans quelle ligne : pommes
Je travaille en plusieurs étapes
  • Je regarde le tableau en entier avec le professeur.
  • Je repère les titres (colonnes et lignes).
  • Je cherche une ligne précise.
  • Je lis la bonne case, avec de l’aide si besoin.
Astuces
  • Entourer les mots-clés du tableau.
  • Colorier les colonnes (une couleur par type d’info).
  • Tracer une ligne au crayon pour suivre plus facilement.
  • Découper et coller des parties du tableau dans le cahier.
  • Dire à l’oral ce que je vois avant de l’écrire.
Je mets en ligne le tableau avec les éléments pour faciliter la lecture
  • Je publie une version numérique du tableau lisible à l’écran.
  • Je peux masquer ou afficher des lignes pour guider progressivement.
  • Je fournis une version avec les titres bien visibles et des pictogrammes.
  • Cela permet à l’élève de zoomer, lire à son rythme et se concentrer sur une partie.

Tableau de chiffres

Les difficultés possibles sont une surcharge visuelle, l’absence de repères, la non-compréhension des intitulés, une fatigue cognitive.
Je rends accessible :
  • utiliser un code couleurs (une ligne = une couleur, une colonne = une autre) ;
  • entourer / surligner / encadrer les éléments à observer ;
  • ajouter des pictogrammes ou des icônes pour accompagner les entêtes ;
  • réduire le tableau à ses colonnes essentielles ;
  • faire apparaître ligne par ligne (sur diapo ou en version papier progressive) ;
  • traduire le tableau en phrases simples : « En 1939, il y avait 40 millions d’habitants » ;
  • manipulation concrète possible : reconstituer un tableau à partir d’étiquettes.

Iconographie (peinture, photo, carte, schéma)

Objectifs généraux
  • Comprendre et décrire un document visuel (paysage, affiche, caricature, dessin de presse).
  • Utiliser un vocabulaire simple et précis pour observer, décrire et analyser.
  • Travailler en autonomie ou avec guidage à l’oral ou à l’écrit.
  • Formuler une interprétation.
Difficultés possibles : surcharge visuelle, lecture implicite, peu de repères.
Rendre accessible
  • Encadrer les zones importantes à observer (zoom ou surlignage).
  • Utiliser des flèches ou des bulles explicatives.
  • Légender ensemble ou proposer des légendes à associer.
  • Découper l’image en étapes de lecture (haut / bas / gauche / droite).
  • Associer l’image à un son ou un mot-clé (ex : « c’est une scène de guerre »).
  • Version imagée à compléter par les élèves avec des pictogrammes ou gommettes.
Outils possibles
  • Proposer des fiches à trous ou à choix multiples.
  • Travailler à l’oral en petit groupe ou en binôme.
  • Utiliser des images agrandies avec des pictogrammes.
  • Distinguer description (ce que je vois) et interprétation (ce que je comprends).
  • Faire verbaliser ou mimer avant d’écrire.

Frise chronologique

Les difficultés possibles sont le repérage dans le temps, la surcharge visuelle, l’abstraction.
Je rends accessible
  • Colorier les périodes (Moyen Âge = violet, Antiquité = jaune...).
  • Version vierge à compléter en collectif ou avec des étiquettes.
  • Associer événements + images clés + dates.
  • Faire manipuler une frise en ficelle ou en ligne au sol.
  • Frise simplifiée avec repères personnels (« ta naissance », « celle de ton grand-père... »).

Pyramide des âges

Objectifs
  • Je dois savoir lire et interpréter une pyramide des âges.
  • Je comprends qui vit dans un pays (par âge et sexe).
Une pyramide des âges montre combien il y a d’hommes et de femmes à chaque âge, dans un pays, à un moment donné.
Les étapes pour comprendre
1. Je dois repérer les infos du graphique
  • Je lis le titre (pays + date).
  • Je regarde les âges (à gauche).
  • Je regarde le nombre de personnes (en bas).
  • Côté gauche = hommes / Côté droit = femmes.
2. Je dois regarder la forme générale
  • Est-ce large en bas ? étroit ?
  • Est-ce arrondi ou pointu en haut ?
  • Est-ce pareil des deux côtés ?
3. Je dois chercher ce que cela veut dire
  • Base large = beaucoup de jeunes.
  • Base étroite = peu de naissances.
  • Sommet large = les gens vivent longtemps.
4. Je dois faire une hypothèse
  • Est-ce un pays jeune ou vieux ?
  • Est-ce un pays riche ou pauvre ?
  • Est-ce qu’il y a eu une guerre ou un baby-boom ?
Je peux dire ce que je pense à l’oral ou écrire 2 phrases simples.
Les 3 grandes formes de pyramides des âges :
  • parasol : base très large → beaucoup de jeunes ;
  • pagode : base moyenne, sommet large → moins de bébés, meilleure santé ;
  • pique : base étroite, sommet fin → peu de naissances, population âgée.
Aides possibles
  • Une fiche avec des cases à cocher.
  • Une pyramide en papier à construire.
  • Des couleurs ou des pictogrammes pour aider.
  • Un camarade ou l’enseignant peut aider à lire à voix haute.
Sources et inspirations
  • Galiana, D., & Morvan, S.,5 langages graphiques décodés : Dessin de presse, publicité, infographie, bande dessinée, caricature, Éducagri éditions, 2020.
  • Méthode Falc (facile à lire et à comprendre) : phrases simples, formulations en « je dois… », structure guidée
  • Utilisation de la coopération, oralisation, hypothèses collectives
  • Utilisation de la manipulation concrète
  • Utilisation de la simplification graduée, visualisation

Graphique

Les difficultés possibles sont la compréhension de l’échelle, des axes, des valeurs.
Je rends accessible
  • Ajouter un pas-à-pas visuel pour lire le graphique : « 1. Je regarde le titre. 2. Je lis les axes... »
  • Colorier les barres avec un code (rouge = baisse, vert = hausse).
  • Faire construire le graphique à partir d’un tableau pour renforcer le lien.
  • Lire oralement chaque donnée en la montrant en temps réel.
  • Simplifier l’échelle ou proposer une version avec échelle guidée.
Comment lire un graphique qui change avec le temps ?
Il existe plusieurs types de graphiques qui montrent comment une chose change avec le temps ou comment une chose est partagée (ex : nombre d’habitants, pourcentages, température, dépenses…).
1. Courbes ou lignes
  • Élément à observer : ligne qui monte, descend ou stagne.
  • Adaptation pédagogique : relier les points à la règle ou au doigt.
2. Barres
  • Élément à observer : hauteur des colonnes.
  • Adaptation pédagogique : utiliser des briques Lego ou bandes papier.
3. Camembert
  • Élément à observer : taille des parts, légendes.
  • Adaptation pédagogique : découper un rond en parts colorées à manipuler.
4. Chronologie
  • Élément à observer : ordre des dates.
  • Adaptation pédagogique : frise avec étiquettes ou post-it.
Je procède par étapes pour comprendre un graphique
1. Je regarde bien le graphique
2. Les questions que je peux me poser pour m’aider à comprendre
  • Quel est le titre ?
  • Que veut-on montrer ? (ex : la population, l’argent, les emplois…)
  • Est-ce un graphique à barres, à lignes ou un camembert ?
  • Quelles sont les dates ou périodes ?
  • Est-ce en %, en euros, en nombre de personnes ?
3. J’observe plus encore : je lis ce que le graphique montre
  • Est-ce que ça monte ? Oui/Non.
  • Est-ce que ça descend ? Oui/Non.
  • Est-ce que ça reste pareil ? Oui/Non.
  • Est-ce que ça va vite ou lentement ? Oui/Non.
  • Est-ce que ça change d’un coup ou doucement ? Oui/Non.
  • Est-ce qu’il y a des trous ou des pics ? Oui/Non.
Et si c’est un camembert ?
  • Combien y a-t-il de parts ?
  • Quelle part est la plus grande ? La plus petite ?
  • Que montre chaque couleur ou légende ?
  • Dire ce que je comprends : « Le nombre de... a augmenté » ; « La part des jeunes est plus grande ». Par exemple : « En 2010, c’était plus bas qu’en 2020. »
4. L’oral est parfois plus simple que l’écrit, donc je peux le dire à l’oral ou écrire 3 phrases simples
Une manipulation concrète : construire un graphique en vrai (avec briques, ficelles, parts en carton…)
  • Je peux utiliser le vocabulaire actif : cartes images (« monte », « descend », « stagne », « augmente », « diminue »…).
  • Je peux faire binôme en co-interprétation : créer des binômes oraux (« Que vois-tu ? Que comprends-tu ? »).
  • Je peux utiliser des pictogrammes pendant la lecture guidée : utiliser des couleurs et flèches pour guider ma lecture.