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Les auteurs qui ont refusé des prix

En 1951, Julien Gracq refuse le prix Goncourt qui lui a été attribué alors que, informé des rumeurs qui...

Sommaire

J. Gracq refuse le prix Goncourt 1951Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes, 1951 - ExtraitJulien Gracq, Le Rivage des Syrtes - QuestionsJulien Gracq, « Réflexions sur un drôle de prix », 1951 - ArticleJulien Gracq, « Réflexions sur un drôle de prix » - Questions
J.-P. Sartre refuse le prix Nobel 1964 : deux extraits de son œuvreJean-Paul Sartre, Le Mur, 1934 - ExtraitJean-Paul Sartre, Le Mur - QuestionsJean-Paul Sartre, Le Mur - ActivitéJean-Paul Sartre, Les Mains sales, 1948 (7e tableau) - ExtraitJean-Paul Sartre, Les Mains sales, 1948 (7e tableau) - Questions

J. Gracq refuse le prix Goncourt 1951

Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes, 1951 - Extrait

En 1951, Julien Gracq refuse le prix Goncourt qui lui a été attribué alors que, informé des rumeurs qui le donnaient lauréat, il avait par avance annoncé sa « non candidature » conforme à ses écrits antérieurs. En effet, J. Gracq avait dénoncé dansLa Littérature à l'estomac(1949)l’influence des académies littéraires qui, selon lui, contribuaient, à éloigner les livres du public.
Le jury ayant rappelé qu’il n’y a pas de candidature au prix (…) et donc pas non plus de « non-candidature » couronne le livre « selon les prescriptions du testament d’Edmond de Goncourt et sans autre considération » (communiqué extrait duFigaro littéraire).
Le récit se passe dans des lieux imaginaires. Il évoque l'existence d'Aldo, un jeune aristocrate résolu à changer de vie, qui accepte un poste d'observateur (espion) dans une forteresse située en bordure de la mer des Syrtes ; la cité d'Orsenna est en effet depuis trois cents ans en guerre « assoupie » et sans combats contre le Farghestan. 
Ces pages se situent au début du roman ; Aldo vient de quitter la ville d'Orsenna pour s'installer à l'Amirauté, la forteresse en avant-poste, où vivent ses futurs compagnons et notamment le capitaine Marino.
Lisez l'extrait de l'ouvrageLe Rivage des Syrtes, 1951, publié aux éditions Corti.
Début du passage :« Ainsi surgie des brumes fantomatiques de ce désert d'herbes, au bord d'une mer vide, c'était un lieu singulier que cetteAmirauté. »
Fin du passage :«L'aboiement d'un chien, un remue-ménage et un piaillement de basse-cour m'arrivèrent distinctement à travers le silence. Presque aussitôt je m'endormis. »

Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes - Questions

Après avoir lu cet extrait duRivage des Syrtesde J. Gracq, répondez aux questions qui suivent.
  • À quoi Aldo est-il sensible lorsqu'il découvre son nouvel environnement ?
  • Ce passage suscite-t-il votre curiosité ? Pourquoi ?
Éclairages critiques 
Ces citations de critiques littéraires peuvent accompagner votre lecture de ce passage. Correspondent-elles à vos impressions ? 
  • Ce livre est un « imprécis d’histoire et de géographie à l’usage des civilisations rêveuses. » (A. Blondin)
  • « Ce qui frappe le plus (…) c’est l’extraordinaire abondance des termes qui traduisent une sensation physique ou désignent le corps (…) C’est l’intensité de la présence matérielle du monde et du corps, l’activité, la jouissance des sens qu’on découvre ainsi. » (B. Boie, notice de l’édition de la Pléiade, Gallimard)

Julien Gracq, « Réflexions sur un drôle de prix », 1951 - Article

Julien Gracq propose, dans le numéro 336 de la revueArtsparu le 7 décembre 1951, une réflexion suite à l'attribution du prix Goncourt 1951 pour son ouvrageLe Rivage des Syrtes.
Lisez l'extrait de « Réflexions sur un drôle de prix », revueARTSn° 336, le 7 décembre 1951, BnF
Début du passage :« Je vais être gênant, insistant et monotone. Je m'obstine tout de même, et je préfère risquer le mauvais goût. »
Fin du passage :« Je tiens tout de même à redire au jury, sans plus d’acrimonie qu’il ne faut – je se sais ; on ne me croirait pas — qu’il y a des écrivains pour qui la manne publicitaire n’excuse et ne couvre pas tout, qu’un écrivain après tout a le droit de choisir sa voie vers le public, et qu’en ne voulant pas tenir compte d’un refus fermement exprimé, ils commettent, tout de même, un abus de pouvoir.»

Julien Gracq, « Réflexions sur un drôle de prix » - Questions

Lisez l'article de Julien Gracq « Réflexions sur un drôle de prix » et répondez aux questions qui suivent.
  • Quepeut, en réalité,refuserJulien Gracq  ?
  • Quene peut-il pas, selon lui,refuser? Est-il totalement libre dans son refus ?
  • Quelle est son opinion sur : les membres du jury Goncourt ? les livres primés ?
  • Comment qualifieriez-vous la tonalité de cet article ?

J.-P. Sartre refuse le prix Nobel 1964 : deux extraits de son œuvre

Jean-Paul Sartre, Le Mur, 1934 - Extrait

En 1964, Jean Paul Sartre refuse le prix Nobel de littérature et déclare ne pas vouloir devenir « une institution ».
Son œuvre et sa pensée sont nourries d'une réflexion sur la liberté de nos choix et de nos engagements. Selon J.-P. Sartre, et dans le courant existentialiste qu'il définit, l'être humain est ce qu'il fait : c'est la somme de ses actes en toute responsabilité qui le définit, ce que résume la célèbre formule « L'existence précède l'essence ».
En 1939, il publie un recueil de nouvelles, intitulé Le Mur, qui invite à réfléchir sur nos libertés de choix et sur les « murs » auxquels nous nous heurtons.
La première nouvelle porte également le titre du recueil. L'histoire se passe pendant la Guerre d'Espagne qui a opposé les Républicains et les Nationalistes, partisans du général Franco. Le narrateur, Républicain, a été fait prisonnier par les nationalistes et condamné à mort.
Lisez l'extrait de l'ouvrageLe Mur, 1934, publié aux éditions Gallimard.
Début du passage :« – Où est Ramon Gris ?
– Je ne sais pas. »
Fin du passage :« Je ne comprenais toujours pas. Je lui dis :
– Mais pourquoi ?»

Jean-Paul Sartre, Le Mur - Questions

Après lecture de l'extrait duMurde J.-P. Sartre, vous répondrez aux questions suivantes.
  • Quelle proposition est faite au narrateur ? Quel choix a-t-il ?
  • Selon vous, quelles sont les raisons de son hésitation ?

Jean-Paul Sartre, Le Mur - Activité

Suite à la lecture de l'extrait duMurde J.-P. Sartre, vous est proposée une activité.
Imaginez la suite du texte (vous pouvez insérer des moments de dialogue dans votre narration), qui constituera la fin de la nouvelle. Cette suite permettra possiblement au lecteur de comprendre la décision prise par les gardiens.

Jean-Paul Sartre, Les Mains sales, 1948 (7e tableau) - Extrait

En 1964, Jean-Paul Sartre a refusé le prix Nobel de littérature et refuse d'être « transformé en institution ». L'ensemble de son œuvre est portée par sa réflexion sur la liberté et la responsabilité de nos engagements. L'existentialisme, courant philosophique qu'il définit, affirme la prééminence de nos actes et de nos choix pour définir ce que nous sommes. Les extraits proposés illustrent cette idée.
La pièceLes Mains salesa été écrite et jouée pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l'Occupation allemande. L'intrigue se déroule dans un pays imaginaire, l'Illyrie. Un jeune homme, Hugo, est chargé par son parti politique de tuer Hoederer, qui est l'un des chefs. Il se fait engager comme secrétaire et noue une relation d'amitié avec lui, ce qui le fait hésiter à commettre son acte. Mais il surprend Hoederer dans les bras de la femme qu'il aime, Jessica, et le tue.
La scène proposée se déroule deux ans après, en 1945. Hugo s'entretient avec Olga qui lui avait donné l'ordre de tuer Hoederer.
Lisez l'extrait de l'ouvrageLes Mains sales, 1948 (extraits – 7etableau), publié aux éditions Gallimard.
Début du passage :«On entend d’abord leurs voix dans la nuit et puis la lumière se fait peu à peu.
Olga – Est-ce que c’était vrai ? Est-ce que tu l’as vraiment tué à cause de Jessica ? »
Fin du passage :« Olga – Tu vas rentrer au Parti.» 

Jean-Paul Sartre, Les Mains sales, 1948 (7e tableau) - Questions

Après lecture de l'extrait desMains salesde J.-P. Sartre, vous répondrez aux questions suivantes.
  • Pour quelles raisons Hugo a-t-il tué Hoederer ?
  • Selon vous, était-ce un acte libre ?
  • Quelles conséquences cet acte a-t-il ?