Poète majeur de la fin du XVIesiècle, Mage de Fiefmelin commente dans ses poèmes l'actualité de son temps, et notamment les tragiques et sanglantes guerre de religion.
Voici venir la guerre aime-cris, brûle-hôtels,
Verse-sang, gâte-tout, fléau de l'ire1divine.
L'une des Dires sœurs2, serves3de Proserpine4,
Comme d'avant-courrière5en assaut6les mortels.
Elle vole vers l'homme, et abat ses autels
Pour en chasser son Dieu, même de sa poitrine.
Pour leur causer, athée, une double ruine,
Elle ose bien se prendre aux esprits immortels.
Devant son ost7ailé marche de place en place
L'horreur, la cruauté, le sac, le deuil, l'audace,
Le désordre, la fuite et l'indigence aussi.
Son œil, son bras, sa voix brûle, canonne et tonne.
Il n'y a nul salut en la main de Bellone8:
Qui donc échappera de ce fléau sans merci ?
1.Ire : colère.
2.Dires sœurs : autres noms des Furies, déesses de la vengeance.
3.Serves : servantes.
4.Proserpine : épouse de Hadès, Dieu des morts.
5.Avant-courrière : annonciatrice.
6.Assaut : attaque avec violence.
7.Ost : Armée.
8.Bellone : déesse de la guerre.
Marc Papillon de Lasphrise, Diverses poésies, « Sonnet en langue inconnue », 1597 - Texte
SONNET EN LANGUE INCONNUE
Cerdis zerom deronty toulpinye,
Pursis harlins linor orifieux,
Tictic falo mien estolieux,
Leulfiditous lafar relonglotye.
Gerefeluz tourdom redassinye ;
Ervidion tecar doludrieux,
Gesdoliou nerset bacincieux,
Arlas destol osart lurafinie.
Tast derurly tast qu'ent derontrian,
Tast deportul tast fal minadian,
Tast tast causus renula dulpissoistre,
Ladimirail reledra furvioux,
C'est mon secret ma Mignonne aux yeux doux,
Qu'autre que toi ne saurait reconnaître.