Revenir
Revenir

Mais si faut-il mourir, Jean de Sponde

L’orthographe a été modernisée.

Sommaire

Mais si faut-il mourir - TexteMais si faut-il mourir - QuestionsMais si faut-il mourir - Questions
Vers l'explication linéaire - ActivitéRéécrire et enrichir un texte - ActivitéUn poème baroque - Coup de pouce
Si l’amour… - Texte échoSi l’amour… - ActivitésPierre de Ronsard et Jean de Sponde, les échos - Activité

Si l’amour… - Texte écho

L’orthographe a été modernisée.
Si l’amour ne paraît à mes désirs constant,
Il n’en faut s’étonner. Le monde est variable,
Toute chose ici-bas est mouvante et muable,
Tout se change et rechange en un même instant.
5Il n’est rien qui ne soit gouverné par le vent.
Le seul vent nous dispose, et au lit nous accable ;
Du vent nous recevons le beau temps désirable,
Et la fâcheuse pluie encore plus souvent.
Si doncques le vent prompt nous régit à toute heure,
10Si l’on a toujours l’oeil sur sa frêle demeure,
Comme ayant biens et maux par sa légèreté
(Qui ne vient aux humains comme elle est demandée),
C’est donc folie, amis, d’espérer fermeté,
Puisque notre espérance est sur un vent fondée.
Papillon de Lasphrise, Les Amours de Théophile, 1597.

Si l’amour… - Activités

Lecture
Retrouvez dans le sonnet « Si l’amour… » les éléments en écho au poème « Mais si faut-il mourir » de Jean de Sponde.
Écriture d'intervention
À votre tour, vous allez réécrire le sonnet en recopiant la première strophe puis vous modifierez le texte à partir du vers 5 en le remplaçant par : « Il n’est rien qui ne soit gouverné par les eaux ».Vous suivrez ensuite la structure proposée ci-dessous :

Mais si faut-il mourir - Texte

L’orthographe a été modernisée.
Mais si1 faut-il mourir, et la vie orgueilleuse,
Qui brave de2la mort, sentira ses fureurs ; 
Les Soleils hâleront3ces journalières fleurs,
Et le temps crèvera cette ampoule venteuse4.
5 Ce beau flambeau qui lance une flamme fumeuse,
Sur le vert de la cire5éteindra ses ardeurs ; 
L’huile de ce Tableau ternira ses couleurs,
Et les flots se rompront à la rive écumeuse.
J’ai vu ces clairs éclairs passer devant mes yeux,
10 Et le tonnerre encor qui gronde dans les Cieux,
Où d’une ou d’autre part éclatera l’orage.
J’ai vu fondre la neige et ses torrents tarir6,
Ces lions rugissants je les ai vu sans rage.
Vivez, hommes, vivez, mais si faut-il mourir.
 Jean de Sponde, Essai de quelques poèmes chrétiens, sonnet II, 1588.
1.Mais si : pourtant.
2.Brave de :braver, défier.
3.Hâleront :bruniront.
4.Cette ampoule venteuse :auXVIe siècle, l’ampoule pouvait désigner un vase ou une fiole, de forme bombée et rempli d’eau ou d’huile. On notera également la connotation religieuse du mot dans la mesure où il existait des ampoules de pèlerinage, servant à recueillir l’eau bénite. L’expression imagée peut désigner le poète comme la vie elle-même, ou bien encore le temps.
5.Le vert de la cire :la cire verte de la chandelle éteinte.
6.Tarir :s’épuiser, disparaître.

Mais si faut-il mourir - Questions

Premières impressions
1. Quelle atmosphère se dégage du poème de Jean de Sponde ? Vous tâcherez de la qualifier en utilisant trois adjectifs distincts. Vous associerez chacun de ces adjectifs à une expression précise du texte. Vous n’oublierez pas d’expliquer le lien entre votre citation et l’adjectif auquel vous l’avez associée. 
2. Relevez une expression qui, selon vous, illustre particulièrement le thème de ce poème. Justifiez votre choix en vous appuyant sur des éléments précis du texte.  
3. Étudiez la composition du poème. Pour cela : 
a. Donnez un titre aux deux quatrains ainsi qu’aux deux tercets. Appuyez-vous par exemple sur le jeu des pronoms ou l’utilisation des temps verbaux. 
b. Comparez le premier et le dernier vers. Repérez les répétitions et les variations. Comment le poète joue-t-il avec l’écho ? 
4. Quels messages l’auteur cherche-t-il à transmettre à ses lecteurs à travers ce poème selon vous ? 

Mais si faut-il mourir - Questions

Pas à pas
1. Vers 1 : 
a. Quelles sonorités sont particulièrement récurrentes au vers 1 ? Quelle atmosphère permettent-elles de créer ?
b. Quelle opposition pouvez-vous relever ? Comment ce système d’opposition est-il repris dans la suite du texte ? 
2. Quels sont les deux temps majoritairement employés dans les deux quatrains ? En vous aidant de l’analyse sur leur valeur, pouvez-vous déterminer sur quels aspects de cette « vie orgueilleuse » ils insistent ?
3. Observez les sujets et les verbes dans les deux quatrains. Quelle remarque pouvez-vous faire ? 
4. « Les Soleils hâleront ces journalières fleurs » : commentez ce vers en relevant une étrangeté grammaticale. Insistez sur l’effet produit sur le lecteur. Cette étrangeté est-elle ensuite reprise au fil du texte ? 
5. Vers 7, « ce Tableau » : à quoi Jean de Sponde fait-il référence ? Pourquoi utilise-t-il une majuscule ? Avec quels autres termes ou expressions du texte ce tableau peut-il être mis en relation ? Justifiez vos propos en insistant sur les éléments qui vous ont amené à associer ces termes. 
6. Quelle orientation nouvelle le poème prend-il au vers 9 ? Par quel élément grammatical cette évolution est-elle marquée ? 
7. Quelles répétitions (ou anaphores) le poète développe -t-il dans les deux tercets ? Dans quel but ? 
8. Par quels procédés le poète rend-il sensible son rapport au temps qui passe et à l’impermanence de la vie ? Vous pouvez par exemple analyser les temps verbaux, les réseaux lexicaux, le jeu des oppositions, les procédés d’universalisation et d’amplification. 
9. Quelle vision nous est alors donnée de la condition humaine ?
10. Le dernier vers : en quoi constitue-t-il une pointe finale ? Observez par exemple le choix du mode verbal et le système énonciatif. À quel autre poème de votre connaissance fait-il écho ? Comment le thème/topos est-il revisité par Jean de Sponde ? 
11. Associez le texte au titre du recueil. En quoi le poème s’inscrit-il dans un propos chrétien ? Appuyez-vous sur vos réponses précédentes.

Vers l'explication linéaire - Activité

Vous allez composer votre explication linéaire sur le poème de Jean de Sponde « Si faut-il mourir » en gardant à l’esprit que vous devez ensuite la restituer à la classe, mais sans lire votre travail... Auparavant, il vous faudra vous exercer à l’aide des ateliers qui vous sont proposés. 
Activité 1 : Création de vos outils d'écriture
Voici le texte proposé par ChatGPT à partir de la consigne suivante : faire l'explication de texte du poème de Jean de Sponde « Mais si faut-il mourir ». À l’aide de cette base de travail, vous allez composer votre explication linéaire.
« Ce poème intitulé "Mais si faut-il mourir" de Jean de Sponde exprime une méditation profonde sur la nature éphémère de la vie et la certitude inévitable de la mort. Voici une explication linéaire du texte.
Le thème de la mort
Le poème commence par une affirmation catégorique, soulignant inévitablement la réalité de la mort. La vie est décrite comme "orgueilleuse" car elle ose défier la mort, mais le poète affirme que même cette vie fière et audacieuse sera finalement confrontée à la fureur de la mort.
L’image de la dégradation du temps
Les vers suivants décrivent la dégradation inévitable de tout ce qui est lié à la vie. Les Soleils, symboles du temps qui passe, feront faner les fleurs éphémères de la vie. Le poète utilise une métaphore en comparant la vie à des fleurs journalières qui se flétrissent avec le temps. L'expression "ampoule venteuse" évoque l'idée d'une bulle d'orgueil qui éclatera sous la pression du temps.
La fragilité des relations humaines
Le poète évoque des images visuelles de la fragilité des réalisations humaines. Le « flambeau » de la vie, qui émet une "flamme fumeuse", représente les accomplissements humains qui, malgré leur éclat initial, finiront par s'éteindre. La cire qui supporte la flamme symbolise la fragilité de la vie et de ses réalisations.
La temporalité des œuvres humaines
L'huile d'un tableau est sujette à la décoloration avec le temps, et les flots symbolisent la vie qui se brise finalement contre la rive écumeuse de la mort. Ces images renforcent l'idée que tout ce qui est créé par l'homme est soumis à la dégradation inévitable du temps.
Expérience personnelle du poète
Le poète partage son expérience personnelle en décrivant avoir vu les éclairs, le tonnerre et les phénomènes naturels. Ces éléments météorologiques peuvent être interprétés comme des métaphores des événements et des épreuves de la vie, soulignant la fugacité de ces moments dans le grand ordre cosmique.
Conseil de vivre malgré tout
Le poète conclut en encourageant les hommes à vivre malgré la certitude de la mort. Il reconnaît la réalité inévitable de la fin, mais suggère que la vie doit être vécue pleinement, même en connaissance de cette destinée finale.
En résumé, ce poème explore la dualité entre la vie et la mort, mettant en lumière la fragilité de la vie humaine et la transitoire nature de ses réalisations face à la puissance inexorable du temps et de la mort. »
1. Quels sont les éléments communs aux mots soulignés ? Quels sont les éléments communs aux mots en gras ?
2. Pour chacun des mots utilisés, proposez un synonyme. Pour vous aider, vous pouvez par exemple visiter le site Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL).

Réécrire et enrichir un texte - Activité

Voici une deuxième analyse, plus linéaire et plus détaillée, du sonnet de Jean de Sponde proposée par ChatGPT :
 « La première ligne annonce le thème central du poème : la mort inévitable malgré la fierté apparente de la vie. Le poète suggère que même la vie la plus audacieuse et orgueilleuse ne pourra échapper à la colère de la mort. Les "Soleils" représentent le passage du temps, et "journalières fleurs" évoque la brièveté de la vie, comparée à des fleurs qui s'épanouissent et se fanent chaque jour. Le temps est dépeint, comme une force destructrice, prêt à percer la "bulle d’orgueil" de la vie, symboliser par "l’ampoule venteuse". Le "flambeau" représente la vie, et la "flamme fumeuse" suggère une existence éphémère et imparfaite.  La cire, souvent utilisée pour supporter la flamme, symbolise la fragilité de la vie qui s'éteindra inévitablement. L'huile d'un tableau est un élément pictural qui va perdre ses couleurs avec le temps, métaphore de la dégradation de la vie et de ses accomplissements. Les "flots" représentent la vie qui finira par se briser contre la "rive écumeuse" de la mort, soulignant la fin inévitable de toute existence. Le poète partage son expérience personnelle, ayant vu des éclairs, peut-être des moments de clarté ou de compréhension dans sa propre vie. Le tonnerre peut symboliser les difficultés et les obstacles de la vie, soulignant la puissance de ces forces naturelles. Le poète anticipe un orage, une métaphore des événements tragiques ou difficiles qui surviendront dans la vie. La neige qui fond peut représenter la dissolution des choses, et les torrents tarissant suggèrent la fin des flux naturels de la vie. Les lions rugissants peuvent symboliser les dangers de la vie, mais le poète les a vus sans éprouver de peur ou de rage, indiquant peut-être une acceptation tranquille. La conclusion du poème renforce le message principal : malgré la certitude de la mort, le poète encourage les hommes à vivre pleinement. »
Atelier d'écriture : travail du brouillon 
À partir de cette matrice générée par Chat GPT dont vous pourrez vous inspirer, vous proposerez une analyse linéaire des deux quatrains ou des deux tercets. Si certaines interprétations proposées par l'IA ne vous convainquent pas, vous privilégiez votre analyse personnelle. 
Pour cela, pour chacun des vers analysés par l’IA, il vous faudra associer trois éléments :citation du texte/analyse du procédé/effet produit.
 Voici un exemple légendé pour le vers 1 :
Le poème s’ouvre sur une antithèseassociant le verbe « mourir » à la « vie »afin de mettre en valeur la fragilité de l’existence ainsi que celle de la condition humaine.

Un poème baroque - Coup de pouce

1. Les styles/outils d’écriture (le texte ou le procédé) : vers le formel, les techniques d'écriture.
 - Phrase clef : « L'auteur utilise ».
 - Usage abondant de tropes (images) :
  • Figures d’association : comparaison, métaphore, métonymie, personnification. 
  • Figure d’opposition : oxymore, paradoxe, antithèse, dissonance.
  • Figures de l’amplification : anaphore, assonance, allitération, hyperbole, énumération. 
2. Effet produit  (rapport texte/lecteur) : vers l’émotionnel, le sensible.
- Phrase clef : «Cela produit …».
  • Théâtralisation
  • Exagération 
  • Agitation 
3. Les motifs/thèmes (rapport style/effet) : vers le sens et l'intention du poète.
-Phrase clef  «L’auteurveutmontrer/mettre en valeur/souligner/rendre sensible… ».
a. Motifs de l'instabilité universelle :
  • Impermanence,  changement, métamorphose.
  • Mouvement : les éléments et l’eau en particulier, le feu, le vent.
b. Aspects physiques et métaphysiques des thèmes abordés ou sentiments terrestres et célestes  : la mort,  la fortune, la précarité, la décomposition.
c. Triomphe des apparences : métamorphose et illusion.
d. Primauté à la sensibilité, à l'émotion. 
e. Goût manifeste pour le contraste/l'ambivalence/le paradoxe (les personnages mythologiques au sort tragique par exemple).

Si l’amour ne paraît à mes désirs constant,
Il n’en faut s’étonner. Le monde est variable,
Toute chose ici-bas est mouvante et muable,
Tout se change et rechange en un même instant.
Il n’est rien qui ne soit gouverné par les eaux, 
Vers 6
Vers 7
Vers 8
Si doncques les eaux promptes nous régissent à toute heure
Vers 10
Vers 11
Vers 12
C’est donc folie, amis, d’espérer fermeté,
Puisque notre espérance est sur les eaux fondée.

Pierre de Ronsard et Jean de Sponde, les échos - Activité

Relisez les trois poèmes  « Je vous envoie un bouquet de ma main » et « Je n'ai plus que les os » de Ronsard ainsi que « Mais si faut-il mourir » de Jean de Sponde. 
1. Quels sont les éléments communs aux trois poèmes ? Vous pouvez vous appuyer sur : 
  • la forme: le  lexique,  le rythme des vers, la construction générale, les sonorités, les figures de style, la syntaxe, etc.
  • le paratexte: année, auteur, titre du recueil.
  • le tondu texte.
  • l'intentionde l'auteur : que cherche-t-il à montrer ?
2. Pour chacun des trois poèmes, exposez ce qui pour vous le différencie des autres en suivant le schéma proposé ci-dessous. Pour chacun des poèmes, il vous faudra utiliser les trois modèles. 
  • Phrase 1: « L'auteur utilise ..... (procédé stylistique et forme). »
    Ici l'analyse se situe du côté de la technique. 
  • Phrase 2: « Le procédé utilisé met en valeur ..... (intention et sens). »
    Ici, l'analyse se situe de la portée du texte.
  • Phrase 3: « Le texte provoque ..... (tonalité et effet chez le lecteur). »
    Ici l'analyse prend appui sur l'émotion provoquée chez le lecteur.