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Qu'imite l'art quand il imite la nature ?

Peinture murale funéraire en terre cuite 

Sommaire

L'art échappe-t-il à la nature ?L'origine de la peinture, Pline l'Ancien - Extrait et questionsCe que nous apprend l'attention aux mots - ExercicesCausalité naturelle et causalité technique - ExercicesLes quatre causes, Rodin - Extraits et questions
L'art surpasse-t-il la nature ?L'exemple du rossignol : siffle-t-il mieux que la flûte traversière - Extrait vidéo et questions
L'imitation n'est-elle qu'une copie ?Phidias - Biographie
La peinture : une invitation à voir au-delà de l'apparence première. Exemples pour t'aider à le comprendreUn tableau a plusieurs niveaux d'interprétation. La Diseuse de bonne aventure, George de La Tour - Questions
Le Tricheur à l'As de Carreau : tout tableau ouvre une enquête - Podcast et questions

L'art échappe-t-il à la nature ?

L'origine de la peinture, Pline l'Ancien - Extrait et questions

Peinture murale funéraire en terre cuite 
Texte
Voici le récit légendaire que donne Pline l'Ancien de l'origine de la peinture : 
"Le soir avant d'aller rejoindre son régiment, un jeune soldat rend une dernière fois visite à sa fiancée. La lampe projette l'ombre du jeune homme sur le mur et la jeune fille trace cette silhouette sur la paroi pour conserver l'image de celui qui demain sera loin d'elle."
Pline l'Ancien,Histoire naturelle, XXXV 43 
Questions
1. Que cherche à retenir la jeune fille ? 
2. Pourquoi trace-t-elle un trait autour d'une ombre et pas directement autour du jeune homme ?
3. Explique comment l'artiste crée un autre temps que celui du quotidien.
4. Quelle différence y a-t-il entre le modèle et sa reproduction ? 

Ce que nous apprend l'attention aux mots - Exercices

Zeuxis choisissant pour modèle les plus belles filles de Crotone
Exercices
1. Recherche dans le dictionnaire le sens des termes : imitation, image, ressembler,  modèle, copie.
2. Le réel est éloigné de sa copie. Que manque-t-il à cette dernière ?
3. a) Lis l'anecdote ci-dessous, qui relate le concours entre deux peintres grecs, Zeuxis et Parrhasios, rapportée par Pline l'Ancien (dans Histoire naturelle) :
Le premier se vante d'avoir peint des raisins si parfaits que les oiseaux ont essayé de les picorer. Parrhasios, profitant de l'absence de son compagnon, ajoute un rideau peint par-dessus sa composition. À son retour, Zeuxis, abusé par l'illusion, tente d'ouvrir le rideau et reconnaît la supériorité de son adversaire.
b) Que propose de comprendre cette anecdote ?
4. L'imitation est trompe-l'œil. Que signifie ce mot ?
5. Le but de l'art est-il seulement de "copier" ?
6. Comment comprends-tu le rajout du rideau peint ?
7. Que cherche à dissimuler l'artiste ?

Causalité naturelle et causalité technique - Exercices

Exercices
1. Explique comment chacune des quatre causes procède pour produire un bateau de croisière, en complétant par des images ce schéma.
2. Réalise un autre graphique pour la nature : dire quelles sont les quatre causes à l'œuvre dans la production d'un arbre.
3. Pourquoi la nature est-elle un modèle pour l'artiste ? Qu'est-ce qu'il imite ?

Les quatre causes, Rodin - Extraits et questions

Rodin dans son atelier, photographié par Dornac, 1898
Dans L’Art, Rodin écrit : "C’est là tout le secret des gestes que l’art interprète. Le statuaire contraint, pour ainsi dire, le spectateur à suivre le développement d’un acte à travers un personnage. Dans l’exemple que nous avons choisi, les yeux remontent forcément des jambes au bras levé, et comme, durant le chemin qu’ils font, ils trouvent les différentes parties de la statue représentées à des moments successifs, ils ont l’illusion de voir le mouvement s’accomplir."
Texte
Pourquoi sculpter ? La réponse de Rodin.
"Ce qui manque le plus à nos contemporains, c’est, il me semble, l’amour de leur profession. Ils n’accomplissent leur tâche qu’avec répugnance. Ils la sabotent volontiers. Il en est ainsi du haut en bas de l’échelle sociale. Les hommes politiques n’envisagent dans leurs fonctions que les avantages matériels qu’ils peuvent en tirer, et ils paraissent ignorer la satisfaction qu’éprouvaient les grands hommes d’État d’autrefois à traiter habilement les affaires de leur pays. Les industriels, au lieu de soutenir l’honneur de leur marque, ne cherchent qu’à gagner le plus d’argent qu’ils peuvent en falsifiant leurs produits ; les ouvriers, animés contre leurs patrons d’une hostilité plus ou moins légitime, bâclent leur besogne. Presque tous les hommes d’aujourd’hui semblent considérer le travail comme une affreuse nécessité, comme une corvée maudite, tandis qu’il devrait être regardé comme notre raison d’être et notre bonheur. Il ne faut pas croire d’ailleurs qu’il en ait toujours été ainsi. La plupart des objets qui nous restent de l’ancien régime, meubles, ustensiles, étoffes, dénotent une grande conscience chez ceux qui les fabriquèrent. L’homme aime autant travailler bien que travailler mal ; je crois même que la première manière lui sourit davantage, comme plus conforme à sa nature. Mais il écoute tantôt les bons, tantôt les mauvais conseils ; et c’est actuellement aux mauvais qu’il accorde la préférence. Et, pourtant, combien l’humanité serait plus heureuse, si le travail, au lieu d’être pour elle la rançon de l’existence, en était le but ! Pour que ce merveilleux changement s’opérât, il suffirait que tous les hommes suivissent l’exemple des artistes, ou mieux qu’ils devinssent tous des artistes eux-mêmes : car le mot dans son acception la plus large signifie pour moi ceux qui prennent plaisir à ce qu’ils font. Il serait à désirer qu’il y eût ainsi des artistes dans tous les métiers : des artistes charpentiers, heureux d’ajuster habilement tenons et mortaises ; des artistes maçons, gâchant le plâtre avec amour ; des artistes charretiers, fiers de bien traiter leurs chevaux et de ne pas écraser les passants. Cela formerait une admirable société, n’est-il pas vrai ? Vous voyez donc que la leçon donnée par les artistes aux autres hommes pourrait être merveilleusement féconde."
Rodin,L'Art
Questions
1. Quel est le but de l'art selon Rodin ?
2. En quoi cette idée rectifie-t-elle l'opinion que l'on se fait du travail de l'artiste?
3. Quelles causalités Rodin met-il en œuvre ?
4. D'où semble surgir la force créatrice de l'œuvre ?

L'art surpasse-t-il la nature ?

L'exemple du rossignol : siffle-t-il mieux que la flûte traversière - Extrait vidéo et questions

Extrait du morceau « Le Rossignol » de Louis Jullien (1812-1860)
Exercice
1. Écoute le chant d'un rossignol et le comparer avec le son de la flûte traversière. Que constate-tu ?
2. Que manque-t-il à la flûte traversière ?
3. Explique les propos de Darriulat ci-dessous :
"Chant du Rossignol
Il existe donc deux rossignols : l’oiseau vivant qui n’est qu’un automate, incapable de progrès et qui n’attrape que la nature ; et l’oiseau de l’art qui attrape la perfection et fait preuve d’esprit, capable d’un raffinement toujours croissant selon le degré de la virtuosité et le génie de l’artiste. Philbert était sans doute l’un de ces flûtistes virtuoses que Lully avait fait venir à la cour, lui qui fut le premier à composer un morceau conçu spécifiquement pour la flûte traversière dans le ballet Le Triomphe de l’amour, en 1681. Le jeu du flûtiste n’imite pas le chant du rossignol : il le transfigure en le transportant dans le domaine de l’art."
J. Darriulat, Le Rossignol et la diva

L'imitation n'est-elle qu'une copie ?

Phidias - Biographie

Phidias, en grec ancien : Φειδίας / Pheidias (Athènes, v. 490 av. J.-C. – Olympie, av. 430), est un des plus célèbres sculpteurs, orfèvres et peintres du premier classicisme grec. Selon le mot d’André Malraux, Phidias « invente les formes qui expriment le divin. Sa Parthénos est pour Athènes entière l’apparition d’Athéna. » Par l’harmonie de ses compositions, la majesté des figures et l’équilibre qu’il sut atteindre entre le réel et l’abstrait, il acquit une influence considérable sur l’art de son époque.
Biographie
Formation
On dispose de peu de détails sur la vie de Phidias. Fils de Charmidès, il naît à Athènes dans une famille d'artistes, peu après la bataille de Marathon ; il devient l'élève d'Hégias (en) et d’Agéladas et apprend la technique du bronze à l'école d'Argos, en même temps que Myron et Polyclète. Il est d'abord peintre. Son neveu, le peintre Panainos, est aussi son collaborateur. Il semble avoir véritablement commencé son activité de sculpteur en 479 et l'avoir terminée en 432 av. J.-C. Comme Périclès, il a suivi les entretiens d’Anaxagore.
Acmé artistique
Sa première grande œuvre est une statue colossale d'Athéna Promachos pour l'Acropole, en 460 av. J.-C. Ensuite, vers 450-449, au témoignage de Plutarque, il est choisi par Périclès pour exécuter des statues pour aménager le « Grand Temple » de la déesse[Note 1], et aussi pour diriger et surveiller l'ensemble des travaux entrepris sur l’Acropole d'Athènes : il va inspirer « une des plus grandioses créations collectives de l'histoire ». Il groupe autour de lui des personnalités artistiques aussi remarquables que les architectes Ictinos, Callicratès, Coroïbos et Mnésiclès, ou les sculpteurs Alcamène, Crésilas, et Polyclète, ainsi que le disciple préféré de Phidias, Agoracritos. Nombre d'artisans anonymes participent aux travaux sous sa direction. L’habileté technique d'Ictinos, l'architecte du Parthénon, est ainsi mise au service des exigences de Phidias qui souhaite mettre en valeur la monumentale statue d'Athéna qu'il a conçue (15 m de haut avec la base), et pour laquelle s'impose un espace intérieur suffisamment vaste. Pour l’obtenir, l'architecte dut donner à la façade du Parthénon un élargissement exceptionnel, entraînant celui de la cella. Phidias réalise lui-même cette statue chryséléphantine colossale d'Athéna Parthénos, dédiée le 28 hécatombéon 438, lors des Grandes Panathénées ; il aurait réalisé aussi des maquettes pour les deux frontons, les 92 métopes et la frise, mais cette attribution, de nature sentimentale, n'est corroborée par aucun texte. Il surveille étroitement leur exécution par son atelier. Phidias achève ainsi le Parthénon et sa décoration sculptée en dix ans à peine, de 447 à 438 av. J.-C.
Il part, en 437, à Élis et Olympie, où il réalise son Zeus chryséléphantin, l'une des Sept Merveilles du monde, avec l’aide de Colotès, son disciple et collaborateur[Note 2]. Ce Zeus chryséléphantin a disparu dans un incendie à Constantinople en 475 après J.-C..
À une date qui fait débat selon les sources archéologiques, littéraires ou historiques sur lesquelles on se fonde, mais qui doit être placée très vraisemblablement vers 438 / 437 (date qui concorde parfaitement avec le résultat des fouilles de l'atelier de Phidias à Olympie), au lendemain de l'inauguration de l’Athéna chryséléphantine, Phidias est victime d'une manœuvre destinée à discréditer, à travers lui, son protecteur Périclès[Note 3]. Chargé de tous les projets de construction, Phidias est d'abord accusé, par certains de ses collaborateurs, du détournement de l'or destiné à la statue d'Athéna ; Périclès était ainsi visé indirectement, en tant que membre du collège des épistates chargés de tenir la comptabilité de l'ouvrage. La dénonciation est accueillie favorablement par l'Ecclésia, et Phidias est jeté en prison. Périclès lui-même, en tant qu'épistate, est alors accusé de vol de biens sacrés[Note 4], et fut contraint de soumettre sa comptabilité financière aux Prytanes, dans une procédure exceptionnelle présentée par Dracontidès. Sur le motif exact de l'accusation et sur le sort réservé à Phidias après son emprisonnement, nos sources divergent : selon Plutarque, Phidias aurait été disculpé par une pesée des éléments en or, mais ce récit est peu vraisemblable. Selon la version la plus plausible donnée par Philochore, « Phidias fut inculpé d'avoir falsifié les comptes de l'ivoire destiné aux plaques de revêtement [de la statue] », et il fut condamné pour détournement. La manœuvre orchestrée par l’opposition avait donc été soigneusement préparée. À en croire Plutarque, Phidias aurait été accusé d'impiété parce que, dans la bataille des Amazones représentée sur le bouclier d'Athéna, il aurait sculpté le personnage d'un vieillard chauve lui ressemblant et introduit un autre personnage ressemblant très fortement à Périclès se battant contre une Amazone. Mais selon toute probabilité, il s'agit d'une légende : l'imagination populaire a sans doute prêté à tort à Phidias cette intention, et les ennemis politiques de l'artiste et de Périclès ont dû saisir ce prétexte pour en faire un des éléments du procès. D'ailleurs, l'honneur d'avoir son effigie représentée sur bouclier ne pouvait être pris par un particulier de sa propre initiative, mais devait être officiellement conféré par la communauté. Phidias aurait ensuite été exilé à Olympie où il serait mort.
Œuvres
Phidias a certainement connu le décor sculptural du temple de Zeus à Olympie, qui lui a été attribué, mais sans raisons suffisantes.
Apollon de Cassel
La première œuvre qui traduit sa maîtrise, selon toute vraisemblance, est l'Apollon de Cassel dont seules plusieurs copies d'époque romaine sont conservées dans divers musées en Europe. Selon Jean Charbonneaux, « c'est l'image la plus dominatrice du dieu juvénile dans tout l'art grec. » Par la gravité et l'ampleur de la forme, les inflexions du modelé sur le visage d'une tranquille noblesse, cette œuvre appartient au style sévère et traduit une profonde autorité religieuse. La forme va ensuite passer « du réel surhumanisé à l'humain harmonisé c'est-à-dire au classique pur », et la tendance apollinienne garde sa pureté dans l’œuvre de Phidias. Le style de Phidias, le meilleur représentant du premier classicisme, se caractérise par une représentation réaliste de l'anatomie humaine, mais idéaliste par son idéal de majesté et de sérénité. Selon l'expression d'Edmond Lévy, il réalise ainsi « une synthèse subtile de la puissance archaïque et de l'harmonie classique ».
Athéna Parthénos
La disparition des deux statues chryséléphantines de Phidias, l’Athéna Parthénos et le Zeus olympien, nous empêche d'apprécier véritablement son style personnel. Mais il est sûr que l'emploi de l’or, de l’ivoire et peut-être aussi du verre pour ces deux statues visait à en faire des statues de lumière. L’Athéna Parthénos n’était d'ailleurs pas une statue de culte mais une offrande à la divinité, de même que le bâtiment que nous appelons le « Parthénon » — et qui ne porte jamais ce nom dans les documents publics — n’était pas un lieu de culte. Les descriptions détaillées de Pausanias révèlent l’extrême richesse et la signification de l’imagerie mythologique mise en œuvre pour le décor de ces deux statues colossales. Sur les copies du bouclier de la Parthénos, les figures de l’Amazonomachie tourbillonnent autour du gorgoneion central, encadré par deux serpents ; dans ce combat entre les Athéniens et les Amazones, Phidias avait choisi une composition en éventail et placé les groupes des combattants avec un souci d’équilibre et de symétrie, en mettant l’accent sur la déroute des Amazones et la victoire des Grecs ; au-dessous du gorgoneion, Phidias s’était audacieusement représenté lui-même en Dédale à côté de Périclès en Thésée. La figure de cette Athéna armée, dans la sérénité d’après la bataille, offrant la Victoire à son peuple sur sa main droite étendue, personnifie, en 438, l’Athènes de Périclès et son empire.
Décor sculptural du Parthénon
Quant au décor sculptural du Parthénon, aucune source antique ne l'attribue expressément à Phidias, mais les thèmes mythologiques propres à Phidias de la naissance d'Athéna en présence des dieux, éclairée par les divinités d’Hélios et de Séléné, incitent à y voir l’œuvre du maître, comme le pensent les archéologues : « Qui d’autre que Phidias pouvait interpréter la pensée de Périclès dont il était le confident, et mettre en scène le passé et le présent d’Athènes, autour de la déesse, à la fois humaine par la douceur du visage et chargée de la magie ou du mystère des puissances souterraines et célestes, celles du serpent Érichthonios et des monstres ailés ? ». Phidias et les meilleurs artistes d’Athènes qui ont collaboré à cette frise du Parthénon ont ainsi réalisé une grande œuvre politique à la gloire de l'impérialisme athénien. Phidias, Crésilas et Polyclète ont confronté leur talent dans l'interprétation du thème de l'Amazone blessée ; une copie antique en marbre de celle de Phidias se trouve au Musée du Capitole à Rome.
Athéna Lemnia et Athéna Promachos
Phidias est également l'auteur de deux statues d'Athéna en bronze, placées sur l'Acropole. Une réplique en marbre de la statue d'Athéna Lemnia est conservée au musée de Dresde. L'Athéna Promachos, exécutée en bronze dans des proportions colossales, représentait la déesse protectrice et guerrière : elle portait le casque attique à la triple aigrette, couverte de toute son armure et gardienne de la forteresse ; elle tenait une lance et un bouclier de la main gauche, et sur sa main droite portait une chouette, l'oiseau qui lui était consacré, symbole de vigilance. Cet aspect de la déesse guerrière devait exalter symboliquement la nouvelle puissance d’Athènes. Son bouclier était orné d'une Centauromachie de Mys d'après les dessins du peintre Parrhasios. Sur le côté nord de l'Acropole, devant la voie sacrée passant entre les Propylées et l'Erechthéion, subsistent les vestiges du grand socle en tuf de la statue dont la base carrée mesurait 5,30 m. La statue, dont le regard tourné vers l'ouest tombait sur ceux qui montaient à l'Acropole, était l'emblème caractéristique du sanctuaire. Elle se trouvait près de l'olivier sacré qui avait poussé dans le Pandroséion voisin. Exécutée vers 440 av. J.-C., elle était l'offrande de la cité en commémoration des guerres médiques, grâce à l'argent versé par les Grecs aux Athéniens, en gage de reconnaissance.
On prête à Phidias une légende : il participait à un concours de sculpture d'une statue d'Athéna qui serait disposée à Athènes, à quatre mètres du sol. Tous les artistes présentèrent leurs œuvres, et Phidias, déjà très célèbre, la découvrit en dernier. Ce fut un tollé, les Athéniens trouvant difforme et laide la statue proposée par Phidias. Il leur demanda alors de hisser cette statue sur le réceptacle prévu à cet effet. Une fois disposée, les déformations de la statue disparurent pour laisser l'illusion d'une Athéna aux formes parfaitement respectées.
Phidias dans l’histoire de la statuaire grecque
Que l’évolution plastique et l’évolution morale aient grandi d’un même mouvement dans Athènes au temps de Phidias, on peut le constater dans l’art de la sculpture qui va de Myron, à Polyclète pour s’épanouir avec Phidias. Selon Élie Faure, « Polyclète et Myron ont déjà pris à la forme du lutteur, du coureur, du cocher, du lanceur de disque, l’idée de ces proportions harmonieuses qui définiront le corps masculin le mieux fait pour sa fonction de force, d’adresse, d’agilité, de grâce nerveuse, de calme moral réunis. Au dorien Polyclète la puissance rude et ramassée, l’harmonie virile au repos. À l’Athénien Myron l’harmonie virile en mouvement. […] Phidias n’aura plus qu’à faire pénétrer la statistique de Polyclète et la dynamique de Myron en des masses plus rondes, plus pleines, définies par des plans plus larges et plus mêlés à la lumière pour faire rayonner le marbre d’une vie supérieure et donner un sens héroïque à cette forme et à cette action. En quelques années l’anthropomorphisme mûrit. » C’est un écho à cette divinisation humaine qui s’exprime même chez le poète comique : dans La Paix, représentée en 421 av. J.-C., Aristophane analysant les conséquences de l’exil de Phidias, attribue à Périclès les causes de la guerre : « L’exil de Phidias provoqua la guerre. Périclès qui craignait le même sort et se défiait du mauvais caractère des Athéniens, chassa la Paix ». Aristophane ajoute aussitôt ce mot émouvant sur l’idéalisme anthropomorphique de l’art de Phidias : « Par Apollon, j’ignorais que Phidias fût parent de cette déesse. Maintenant, je sais pourquoi elle est si belle. » Élie Faure commente en ces termes ce passage : « Le Grec fait ses dieux à l’image de l’homme et le dieu est d’autant plus beau que l’homme est plus haut par l’esprit. »

La peinture : une invitation à voir au-delà de l'apparence première. Exemples pour t'aider à le comprendre

Un tableau a plusieurs niveaux d'interprétation. La Diseuse de bonne aventure, George de La Tour - Questions

La Diseuse de bonne aventure, Georges de La Tour
Le peintre : un moraliste
Dans ce tableau, Georges de La Tour représente un jeune homme naïf et stupide qui se fait voler ses biens.
Il y a plusieurs niveaux d'interprétation d'une œuvre.
- Elle peut être un témoignage historique : que nous apprennent les vêtements ?
- Mais aussi une réflexion morale : que se passe-t-il sur ce tableau ? 
Questions
1. Que faut-il penser des jeux de regard, ici ? Le spectateur du tableau n'est-il pas complice ?
2. Le jeune homme n'est-il pas une allégorie morale ?
Cependant : 
3. Que penser de la femme au visage ovale (regarder sur d'autres tableaux des visages de Madeleine) ? N'introduirait-elle pas une énigme au cœur du tableau ?

Le Tricheur à l'As de Carreau : tout tableau ouvre une enquête - Podcast et questions

Le peintre peint-il vraiment ce qui se trouve face à lui ?
Questions
Écoute l'analyse et explique :
1. Pourquoi le tableau propose-t-il au spectateur une énigme ? Une énigme a-t-elle vocation à être dissipée ?
2. Quelles "piperies" sont à l'œuvre dans ce tableau ?
3. Que dénonce le peintre à propos du travail de l'artiste ?