Une politique de dépenses publiques peut avoir des effets positifs sur l’activité économique
L’État et plus largement les administrations publiques peuvent intervenir délibérément dans les situations de crise économique, lorsque la production chute brutalement, en utilisant la politique budgétaire.
Il s’agit alors pour l’État de relancer l'activité économique en stimulant/augmentant la demande globale. La demande globale désigne tous les biens et services que l’ensemble des agents demandent dans une économie. En économie fermée (sans échange entre le pays et le reste du monde), la demande globale se compose de la consommation effective des ménages (définie ultérieurement dans les paragraphes suivants), de l’investissement de l’ensemble des agents économiques, mais aussi de l'ensemble des dépenses des administrations publiques. On parle alors de demande globale nationale.
En économie ouverte, il convient d’ajouter les exportations, c’est-à-dire l’acquisition par des unités étrangères, par exemple les consommateurs étrangers, de biens ou de services produits par les unités résidant sur le territoire national, en particulier les entreprises qui résident en France.L’objectif d’une politique de dépenses publiques expansive est que l’accroissement de la demande globale nationale doit inciter les entreprises à produire davantage et donc les conduire à embaucher et investir.
1 L’économiste britannique John Maynard Keynes a mis en évidence en 1936 un phénomène appelé le multiplicateur : un montant initial de dépenses publiques est à l’origine d’une vague successive de revenus d’autant plus importante que les ménages ont une tendance (propension) à consommer importante.
Les différents leviers pour relancer l'activité économique avec les dépenses publiques
Compte tenu des trois grandes composantes de la demande globale nationale, les pouvoirs publics disposent de trois leviers pour stimuler la demande globale et favoriser l’activité économique.
1. L’État peut choisir de relancer la consommation effective des ménages:
Celle-ci se compose principalement de la demande finale des ménages à savoir l’ensemble des dépenses faites par les ménages pour acquérir des biens et des services marchands auprès des entreprises (ainsi que des services non marchands quasi gratuits auprès des administrations comme l'éducation).
L’État et plus largement les pouvoirs publics cherchent à accroître le niveau de la consommation finale des ménages, afin d’inciter les entreprises à produire davantage. Pour ce faire, les pouvoirs publics doivent prendre des mesures pour que le pouvoir d’achat des ménages augmente. Dans cette optique, ils peuvent diminuer certains prélèvements obligatoires, comme l’impôt sur le revenu ou encore la TVA, ou accroître certaines prestations sociales, comme les allocations chômage, les pensions de retraite ou encore le RSA. S’agissant des services non marchands gratuits exclusivement consommés par les ménages, l’État peut chercher à accroître ses dépenses dans la production des services d’éducation ou encore la santé. Dans cette optique, il peut notamment embaucher de nouveaux salariés et investir.
2. L’État peut également accroître la production de services non marchands
Il s’agit notamment des dépenses de sécurité intérieure, celles liées à la défense nationale, ou encore les dépenses liées à la justice. On parle de consommation collective des administrations. Dans ce cas, et là encore pour accroître le niveau de production, les pouvoirs publics peuvent embaucher davantage de salariés, ou encore accroître leurs dépenses de consommations intermédiaires (dépenses d’énergie ou d’entretien, par exemple) ou d’investissement.
3. Enfin, les pouvoirs publics peuvent favoriser l’investissement des ménages1ou des entreprises (investissement privé), mais également accroître leurs propres investissements (investissement public).
Ainsi, l’accroissement du pouvoir d’achat des ménages peut certes permettre à ces derniers de consommer plus, mais également d’investir en faisant l’acquisition de logements, ce qui relance l’activité dans le secteur du bâtiment. L’État peut réduire la fiscalité pesant sur les entreprises afin de favoriser la hausse de leur épargne brute et leur permettre ainsi d’investir. Or, les acquisitions de capital fixe par une entreprise incitent les entreprises qui produisent les biens et services de production comme les machines-outils, les véhicules, les ordinateurs ou encore les logiciels à produire plus.
Enfin, rappelez-vous, une partie des dépenses de l’État se concentre sur des programmes d’investissement : constructions de routes, d’hôpitaux, d’universités, etc. En mettant en œuvre une politique d’investissement public, parfois appelée politique de grands travaux, l’État va stimuler la demande auprès des entreprises privées qui reçoivent les commandes de l’État pour construire ces infrastructures publiques. Cela incite ces entreprises à produire plus, lesquelles sont alors conduites à embaucher de nouveaux salariés ce qui accroît les revenus perçus par les ménages et, donc, à terme, leurs dépenses de consommation.