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Quels sont les effets des interventions de la banque centrale sur l’activité économique ?

Nous avons vu comment la banque centrale détermine le taux d’intérêt directeur et les conséquences de...

Sommaire

De l'action sur les prix à l'action sur l'activité économiqueLa politique monétaire influe les dépenses des ménages et des entreprises
Quel est l’impact de la politique monétaire sur les dépenses de consommation et d’investissement ?Effet sur les dépenses de consommationExercice 5.22 - Effet sur les dépenses de consommationEffet sur les dépenses d'investissementExercice 5.23 - Effet sur les dépenses d'investissementIllustration 5.6 - L’influence de la politique monétaire sur l’activité économiqueExercice 5.24 - L’influence de la politique monétaire sur l’activité économique
Pour aller plus loin
La crise financière de 2007
Exercice 5.25 - La crise financière de 2007
SynthèseSynthèse - La politique monétaireQuestion 5.11 - Schéma de synthèse d'une politique de relanceQuestion 5.12 - Schéma de synthèse d'une politique restrictive

De l'action sur les prix à l'action sur l'activité économique

Nous avons vu comment la banque centrale détermine le taux d’intérêt directeur et les conséquences de ses variations sur le taux d’intérêt des prêts bancaires. Nous avons compris que la banque centrale pouvait ainsi avoir une influence sur le taux d’inflation. Nous allons chercher à comprendre désormais comment les interventions de la banque centrale peuvent avoir un impact sur l’activité économique, autrement dit sur la croissance économique et sur l’emploi.
L'objectif principal de la BCE est, selon l’article 127 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, de « maintenir la stabilité des prix ». Toutefois, l’article 127 du traité de l’UE stipule également que la BCE a comme objectif secondaire la poursuite des objectifs de l’Union, notamment une croissance équilibrée et la poursuite du plein emploi.

La politique monétaire influe les dépenses des ménages et des entreprises

Les banques centrales utilisent les variations du taux d’intérêt directeur comme instrument principal de leur politique monétaire pour stabiliser l’activité économique. La politique monétaire repose sur la capacité de la banque centrale à influencer, avec son taux d’intérêt directeur, les taux d’intérêt des prêts offerts par les banques commerciales, et ainsi les dépenses des ménages et des entreprises (demande sur le marché des biens et des services).
Les dépenses telles que la consommation des ménages ou les achats de biens d’équipement par les entreprises ont un effet direct sur l’activité économique. Si la demande de biens et de services auprès des entreprises est importante, celles-ci sont incitées à produire davantage pour y répondre, et l’emploi augmente, ce qui permet de lutter contre le chômage.
Pour comprendre ce mécanisme de transmission, nous allons étudier comment la baisse du taux d’intérêt directeur permet de stimuler l’activité économique à travers la mise en place d’une politique monétaire de relance ou expansionniste.

Quel est l’impact de la politique monétaire sur les dépenses de consommation et d’investissement ?

Effet sur les dépenses de consommation

Dans beaucoup de pays développés, lorsque les ménages empruntent, c’est la plupart du temps pour consommer un bien durable et coûteux (achat d’une voiture, par exemple). Pour cette raison, la variation du taux d’intérêt directeur a un effet sur les dépenses de consommation par le canal du taux d’intérêt.
Si le taux d’intérêt directeur baisse, le coût du crédit baisse pour les ménages : il s’ensuit une hausse du nombre de ménages qui peuvent emprunter et une hausse des capacités d’emprunt de chaque ménage. Dès lors les dépenses de consommation peuvent s’accroître.

Exercice 5.22 - Effet sur les dépenses de consommation

Site webstat de la Banque de France.
Le graphique ci-dessus montre le taux d’intérêt en pourcentage et crédits nouveaux à la consommation des particuliers en milliards d’euros de janvier 2003 à novembre 2019.
Montrez à l’aide du graphique qu’à partir de janvier 2015, lorsque le taux d’intérêt diminue, les crédits nouveaux à la consommation augmentent.

Effet sur les dépenses d'investissement

Les ménages et les entreprises empruntent aussi de la monnaie pour investir. Par exemple, les ménages demandent des crédits pour acquérir un logement (appartement ou maison). Tout comme les ménages, les entreprises sont aussi fortement influencées par le niveau des taux d’intérêt des prêts dans leurs décisions d’investissements (achat de machines, de locaux…).
Souvenez-vous des chapitres précédents : les entreprises Super Jets (Chapitre 2) ou Médica+ (Chapitre 3), comme des millions d’autres, peuvent à un moment donné de leur existence prendre la décision d’investir. Pour ce faire, soit elles disposent d’une épargne préalable et peuvent autofinancer leurs investissements, soit elles sont en totalité ou en partie en besoin de financement.
Dans ce cas, nous l’avons vu, elles peuvent recourir à un emprunt bancaire et, donc, s’adresser à une banque commerciale. Plus le taux d’intérêt sur les prêts proposé par les banques est élevé, plus cet emprunt sera coûteux, et moins Super Jets ou Médica+ pourront emprunter et investir.
Finalement, si le coût du crédit est élevé, seules les entreprises dont le projet d’investissement est très rentable pourront se permettre d’emprunter. Une hausse du taux d’intérêt fait baisser le nombre d’entreprises qui décident d’investir et le montant de chaque investissement.
Par ailleurs, on peut noter que même dans le cas où une entreprise bénéficierait de capacité de financement, si les taux d’intérêt sont élevés, cette entreprise pourrait être tentée de placer son argent sur le marché financier plutôt que de réaliser un investissement productif.

Exercice 5.23 - Effet sur les dépenses d'investissement

Site webstat de la Banque de France. Note : Selon l’Insee, les sociétés non financières désignent l’ensemble des unités institutionnelles qui sont des producteurs marchands dont la fonction principale consiste à produire des biens et des services non financiers.
Le graphique ci-dessus montre le taux d’intérêt en pourcentage et crédits nouveaux de plus d’un million d’euros aux sociétés non financières (SNF), en milliards d’euros de janvier 2003 à avril 2019.
Montrez à l’aide du graphique que lorsque le taux d’intérêt diminue, les crédits nouveaux à destination des SNF augmentent.

Illustration 5.6 - L’influence de la politique monétaire sur l’activité économique

L'Illustration 5.6 montre les canaux de transmission attendus de la politique monétaire des banques centrales. Il résume les différentes étapes :
1. Taux d’intérêt directeur. 
2. Taux d’intérêt du marché monétaire pour les banques commerciales et donc taux d’intérêt des crédits qu’elles proposent aux ménages et aux entreprises.
3. Demande globale de consommation et d’investissement (par les ménages) et d’investissement (achats de biens d’équipements par les entreprises).
4. Production et emploi des entreprises pour répondre à la demande.

Exercice 5.24 - L’influence de la politique monétaire sur l’activité économique

Le tableau ci-dessus montre le taux de croissance du PIB réel de la zone euro en pourcentage et le taux directeur de la BCE au mois de juin en pourcentage.
Le PIB réel, ou PIB à prix constants ou PIB en volume, est le PIB nominal, ou en valeur, qui a été déflaté de manière à mesurer uniquement la variation des quantités produites (on enlève l’effet des variations de prix). En effet, si l’on observe uniquement la variation du PIB nominal, ou en valeur, on ne peut pas savoir si la variation du PIB est due à la variation des prix et/ou des quantités produites.
Montrez le lien entre le taux de croissance du PIB réel et le taux directeur de la BCE.

Pour aller plus loin

La crise financière de 2007

La Grande Récession désigne la période de crise économique engendrée par un effondrement des prix de l’immobilier aux États-Unis à partir de 2007 et une crise financière au niveau mondial. À la suite de la crise des subprimes, les banques commerciales décidèrent de réduire fortement les crédits octroyés aux ménages et aux entreprises, et certaines banques firent même faillite.
Dès lors, les ménages investirent moins en logements et consommèrent moins de biens durables. Cette baisse dans les dépenses en nouveaux logements et biens durables fut principalement le fait des ménages les plus pauvres qui avaient contracté des crédits à risque (subprimes). Il y eut également une chute de l’investissement des entreprises. Les commandes de nouveaux équipements furent annulées et certaines entreprises durent fermer leurs portes, entraînant des licenciements massifs de travailleurs. La production et l’emploi s’effondrèrent aux États-Unis et en Europe.
Par conséquent, les banques centrales décidèrent de baisser drastiquement le niveau de leur taux d’intérêt directeur pour stimuler les dépenses de consommation et d’investissement et relancer l’activité économique et l’emploi. Le graphique de l’Exercice 5.25 vous montre l’évolution des taux d’intérêt directeurs de la Fed et de la BCE avant et après la crise.

Exercice 5.25 - La crise financière de 2007

Site de la Banque de France et site de la Réserve fédérale américaine.
Le graphique ci-dessus montre le taux d’intérêt directeur de la Réserve fédérale américaine et de la Banque centrale européenne (janvier 2006 – décembre 2010).
Décrivez l’évolution des taux directeurs de la FED et de la BCE juste après la crise.

Synthèse

Synthèse - La politique monétaire

Les banques centrales agissent sur le niveau général des prix et sur l’activité économique par la fixation du taux d’intérêt directeur qui détermine le type de politique monétaire mis en place.
On parle de politique monétaire expansive (ou expansionniste ou de relance) lorsque la banque centrale réduit son taux d’intérêt directeur et augmente la quantité de monnaie en circulation dans l’économie. Cette politique va permettre de stimuler l’activité économique, mais au risque de générer de l’inflation.
On parle de politique monétaire restrictive ou de rigueur lorsque la banque centrale augmente son taux d’intérêt directeur et réduit la quantité de monnaie en circulation dans l’économie. Cette politique vise la stabilité des prix, mais peut entraîner un ralentissement de l’activité économique.

Question 5.11 - Schéma de synthèse d'une politique de relance

Question 5.12 - Schéma de synthèse d'une politique restrictive