Mondialisation et maritimisation des économies
Mondialisation:la mondialisation est un processus continu d'intensification et de fluidification des échanges mettant en relation d'interdépendance les différentes parties de la planète. Elle produit une hiérarchisation des espaces mondiaux à toutes les échelles. La mondialisation s'est accélérée depuis les années 1970, avec une explosion des flux de toute nature. Elle s'est intensifiée par l'essor des mobilités, des moyens d'échange et de communication, principalement par les espaces maritimes. Ses causes en sont à la fois techniques, économiques et politiques (révolution des transports maritimes, libéralisation des échanges et division internationale du travail). Elle touche l'ensemble des continents, avec des degrés d'intégration divers. Elle provoque une mise en concurrence et une recomposition des territoires à différentes échelles. La mondialisation est au cœur de la notion de développement à l'échelle mondiale. Elle génère également une réflexion sur la gouvernance mondiale.
Maritimisation des économies:la maritimisation désigne à la fois le processus d'accroissement des échanges internationaux par voie maritime, en accélération depuis les années 1970, et le rôle croissant joué par les mers et océans dans l'organisation du monde. Les transports et l'extraction de ressources tiennent une place prépondérante dans l'économie maritime et d'autres activités économique dépendent largement des chaînes logistiques mondialisées. Or, c'est aux acteurs agissant à travers mers et océans d'assurer leur fluidité. Comme la mondialisation, cette maritimisation n'est pas sans effet sociopolitiques : mers et océans sont de plus en plus territorialisés. Cette notion ne doit pas être confondue avec la littoralisation qui correspond au processus de concentration des populations et des activités sur les littoraux. La maritimisation accroît la littoralisation.
Routes maritimes, canaux et détroits internationaux
Routes maritimes:aujourd'hui, près de 90 % des échanges mondiaux transitent par les mers et océans. Ces marchandises empruntent des couloirs de navigation maritime appelés routes et autoroutes maritimes, selon leur fréquentation. L'objectif des armateurs (ceux qui font naviguer les cargos) est de diminuer les coûts de transports, en empruntant les routes les plus courtes et les ports les plus efficaces (ceux qui chargent et déchargent le plus rapidement). Leurs trajectoires et leurs escales dessinent la carte des routes maritimes les plus fréquentées du globe. Ainsi, celle passant par le détroit de Malacca représente près de 30 % des marchandises échangées dans le monde. Au-delà, les routes reliant l'Asie à l'Europe et à l'Amérique du Nord ainsi que la liaison Europe-Amérique du Nord sont les plus fréquentées.
Canaux et détroits internationaux:dans la cartographie des routes maritimes, les détroits internationaux (des couloirs naturels permettant de connecter deux mers ou océans) et les canaux (des couloirs artificiels creusés par l'homme pour connecter deux mers) jouent un rôle majeur. Ils permettent d'éviter de fastidieux détours. Ce sont des passages stratégiques, essentiels pour les échanges mondiaux. Ces espaces à risque (pollution, collision, piraterie) sont, dès lors, très contrôlés et disputés, par les pays riverains et par les puissances internationales dont les économies sont dépendantes de la fluidité de passage.