Dans le chapitre XXV, Thérèse et Laurent font face à la paralysie de madame Raquin, qu'ils considèrent ainsi : « Ils comprirent alors qu'ils n'avaient plus qu'un cadavre devant eux, un cadavre vivant à moitié. »Cette caractérisation ne s'applique-t-elle qu'à madame Raquin ?
Dans le chapitre XVI, le romancier écrit que les deux meurtriers sont désormais « lié[s] […] par un lien de sang et d'horreur ». Si le meurtre apparaît bien comme un pacte tacite, ce dernier ne permet pas le repos des âmes. Dès lors, qui hante qui dans le roman ? Vous vous intéresserez particulièrement aux chapitres XII, XIII, XVI, XVII, XVIII, XXI à XXXII.
Les représentations du corps dans Thérèse Raquin
Émile Zola entend "exposer les vérités du corps humain" comme il le note dans "Les paysagistes".
Réfléchissez aux différentes représentations du corps dans le roman, selon trois dimensions : physiologique, plastique et symbolique. À partir de relevés précis, montrez que Zola adopte le regard d'un scientifique,d'un artiste et d'un romancier naturaliste.
Pour vous aider, vous pouvez utiliser le questionnement suivant :
- Regard scientifique, dimension physiologique : quels sont les tempéraments (sanguin, nerveux et lymphatique) des personnages ? Associez chaque personnage à son tempérament.
- Regard de l'artiste, dimension plastique : relevez des descriptions de chairs, de leur texture, de leur carnation, et montrez l'importance des variations de couleurs.
- Regard du romancier naturaliste, dimension symbolique : montrez comment les personnages sont animalisés. Relevez les mentions du rire, des grimaces, des rictus dans le roman. Quel effet cela produit-il ?
La bête dans l'homme, écho des thèses de Darwin
Le roman de Zola s'appuie sur les thèses de Darwin, notamment en ce qui concerne la caractérisation des personnages.
Mais au-delà cette première filiation, nous pouvons relever que les personnages sont décrits tels des prédateurs, régis par leurs pulsions animales (il est fait référence à la chair et au sang) : « [Laurent] vécut dans une douce quiétude, attendant l'heure. À la première occasion, il était décidé à agir carrément. […] Tous les Raquin travailleraient à ses jouissances […] » (chapitre VI).
N'est-ce pas là le principe de sélection naturelle mis en récit?