Il existe un biais dans la représentation qu'on se fait trop communément du principe français de laïcité, qui consiste à l'interpréter comme la manifestation institutionnelle d'un rejet du sentiment religieux et des cultes. Or rien, dans la législation française, n'autorise une telle dérive de l'interprétation du principe de laïcité.
Le principe de laïcité pose simplement qu'il y a un ordre des institutions et qu'il y a un ordre de la croyance ; que le premier est et doit rester neutre eu égard aux croyances, lesquelles ont vocation à se déployer librement dans le cadre légal qui est le leur ; et que, dans l'ordre de la croyance, aucune religion ne dispose du moindre privilège, toutes les opinions, religieuses ou non, bénéficiant d'une même liberté d'expression et, le cas échéant, de culte, au nom de la liberté de conscience.
Ainsi, le principe de laïcité est essentiellement un principe pluraliste qui, d'une part, n'exclut aucune croyance et, d'autre part, n'en privilégie aucune. Le texte de la Constitution de la Ve République affirme une entière liberté de croire ou de ne pas croire et, en même temps, il offre une stricte garantie de la pluralité des choix d'existence que souhaitent opérer, sans distinction entre eux, tous les citoyens.
Vérifier ses connaissances
Répondez aux questions suivantes pour vérifier vos connaissances acquises au collège.
- Une Convention internationale des droits de l'enfant a été adoptée en novembre 1989 par l'Assemblée générale des Nations unies et ratifiée par la France le 26 janvier 1990. Que dit son article 2 et pourquoi est-il important au regard de la liberté de croire ou de ne pas croire ?
- Que signifie que « l'autorité politique est indépendante des autorités religieuses » ?